01/08/2008

Proposition pour Carhaix

Dans la langue courante, ce qu'on appelle métropole, c'est une agglomération qui ajoute des services à un territoire déjà prospère, qui rend service à ce territoire sans le léser. Dans la novlangue du PS brestois, "métropole" signifie concentrer des services en voie de disparition dans ce territoire.

Comme vous le savez peut-être, l'hôpital de Carhaix a été menacé de suppression, la décision gouvernementale a été bloquée par la justice, mais ce n'est qu'un sursis, ce n'est que provisoire. En fait, les conditions sont maintenant en place pour que cet hôpital démontre son incapacité à délivrer des soins complets et de qualité, ce qui permettra l'application de la décision de suppression.

La raison principale en est que les médecins en place ont bien évidemment veillé à leur carrière, ce qui est fort légitime, et ils ont commencé à partir. De même il est difficile d'en faire venir pour un établissement dont l'avenir à court terme n'est pas assuré. En particulier, le service des urgences, coeur de la justification du maintien de cet hôpital, n'est pas suffisamment doté.

Les responsables locaux sont donc à la recherche de solutions. Je souhaite profiter de l'audience de ce blog pour proposer le développement à Carhaix d'un grand centre de culture sportive. Je pense que cela serait utile à l'ensemble de la Bretagne occidentale, et pourrait devenir un pôle attractif au niveau national.

Chaque année, quantité de sportifs se présentent au Brevet d'état, un examen régi par le Ministère de la jeunesse et des sports, selon lequel vous devez avoir atteint un certain niveau dans votre discipline, plus montrer des compétences généralistes (physiologie, droit du sport...). Cet examen est d'une importance structurante dans le tissu associatif territorial. Ces préparations sont souvent assurées par le CREPS de Dinard, mais nous n'avons pas d'équivalent en Bretagne occidentale. Cela constituerait pourtant un afflux de visiteurs réguliers à Carhaix, tout en facilitant la vie des candidats locaux. Les bâtiments pourraient aussi servir de lieux de réunion ou d'autres formations pour les différentes fédérations sportives.

L'UBO déconcentre déjà certaines de ses formations à Quimper (lettres, droit...). Il serait de la même manière possible de déplacer les STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) à Carhaix. Cela y amènerait une population étudiante, mais aussi pourrait donner lieu à la création d'équipements meilleurs qu'à Brest, et qui seraient subventionnés. Ces équipements pourraient à leur tour être également utilisés pour des compétitions et autres évènements d'envergure nationale.

Enfin, il y a la médecine sportive. Si celle-ci ne s'occupait que de la réparation, ce serait déjà une activité considérable, et valorisante. Mais il y a aussi la partie science, c'est-à-dire l'étude de la physiologie des sportifs, de la biomécanique des différents sports, etc. Cela est en plein essor, avec notamment le développement conséquent non seulement de l'étude de l'effort sain, mais aussi de la recherche du dopage et de ses effets. Une mobilisation unanime des élus des trois départements de l'Ouest (Finistère, Morbihan, Côtes d'Armor) permettrait probablement de décider l'Etat à établir à Carhaix quelque chose de très bien.

Ce pôle universitaire pourrait à son tour agglomérer autour de lui nombre de PME liées (paramédical, équipements...) dans un technopôle adapté.

Et puis, d'une manière générale, l'économie carhaisienne a besoin d'une activité régulière, et de ne pas dépendre entièrement d'un festival éphémère (les Vieilles Charrues). L'éphémère n'est pas une solution pour conserver des équipements.

Voilà. Dès que l'on comprend l'inutilité du tramway brestois, et son rôle symbolique dans la désertification du territoire, on se rend compte que la priorité est de s'unir pour conserver des ressources à la pointe de Bretagne, et si possible d'en créer de nouvelles, innovantes, dynamiques, attractives, modernes.

Une autre solution, pour les élus socialistes, serait de jouer un jeu politicien, de multiplier les manifestations publiques tout en se réjouissant secrètement de la disparition des équipements en Bretagne occidentale, parce que comme ça ils pourront dire que le gouvernement est méchant, et conforter leurs places aux prochaines élections.

Une autre solution, qui serait peut-être plus prisée dans les milieux spécifiquement brestois, serait de ne rien faire et de tout bloquer tant qu'on n'est pas assurés que tous les nouveaux arrivants seront inféodés au PS.

A eux de choisir... En tout cas, la création d'un CELIBO (Comité d'étude et de Liaison des Interêts de la Bretagne Occidentale) apparaît de plus en plus urgente.