08/08/2008
Revival
Aujourd'hui, cinquième jour sans électricité pour Trollibus, du moins jusqu'à 15h00.
Je suis allé au bureau d'EDF rue d'Aiguillon, pour protester comme je l'avais fait lundi, jour de la coupure. Là, ils ont constaté que le paiement était visible sur leurs ordinateurs depuis lundi. Ils ont alors accepté de rétablir le courant, mais la coupure aurait duré éternellement si je n'étais pas venu protester.
Je commence à comprendre l' "erreur" que j'ai faite. J'ai payé le vendredi précédent, par carte bancaire selon leur système téléphonique. J'aurais du venir physiquement payer à leur guichet, comme si on se trouvait encore dans les années 70, du temps où l'informatique n'existait pas à EDF.
En plus, leur système de paiement par téléphone m'a demandé le vendredi de payer un supplément de 45,45 euros, pour les frais de l'intervention qui aurait lieu le lundi suivant, alors même que j'étais en train de payer la somme initialement due, donc de rendre l'intervention injustifiée... Au bureau rue d'Aiguillon, pas un mot d'excuses. Ils n'ont même pas évoqué la possibilité d'un remboursement pour les jours sans fourniture.
Tout cela est fatiguant. Traumatisant à la limite. Plusieurs problèmes personnels sont apparus suite à l'absence d'électricité, problèmes qui sortiraient du cadre de ce blog.
Des comparaisons sont-elles possibles avec le choix du tramway par la municipalité brestoise ? Oui, le tramway est une technologie obsolète, choisie par des gens qui ne se sentent pas obligés à l'adoption des technologies actuelles.
Le tramway est doublement obsolète. D'abord, il s'agit d'une mode de "revival" dans les années 80-90 d'un type de transport daté d'avant-guerre. D'avant les voitures, d'avant les bus, d'avant l'expansion urbaine. Ensuite de nouvelles technologies apparaissent, plus écologiques et moins chères, qui rendront le tramway aberrant en 2012, date prévue pour son inauguration à Brest. Et le tramway brestois, par son coût et son infrastructure, empêchera les innovations pertinentes pendant 30 ans.
J'avais proposé sur ce blog la solution biogaz. Les élus du Parti socialiste sont contre, confondant comme je l'avais signalé biogaz et bioéthanol. Rappelons donc la différence essentielle : Le bioéthanol provient d'une production agricole dédiée à l'énergie; le biogaz provient de déchets de productions déjà effectuées pour autre chose. Si le bioéthanol est effectivement désastreux, le biogaz lui est singulièrement vertueux.
Plusieurs mois après que j'aie signalé la confusion, la page concernée du site des élus socialistes BMO n'a toujours pas été corrigée. Vu le nombre d'enseignants que compte le PS, c'est bien triste.
Le nouveau Conseil communautaire issu des élections compte à présent M. Fabrice Huret comme vice-président chargé de l'économie. M. Huret est l'ex-doyen de la fac de sciences, ayant démissionné de ce poste honorifique pour occuper ses nouvelles fonctions d'élu. Chercheur en technologie de haut niveau, ex-doyen de la fac, vice-président chargé de l'économie, cela me semble-t-il entraîne une certaine responsabilité dans les choix de grands chantiers de l'agglomération brestoise.
Eh bien figurez-vous que M. Huret semble bien parti pour passer tout son mandat sans commander une étude sur les technologies alternatives au tramway. Rien non plus sur un éventuel bilan carbone. Pas d'intérêt pour une solution de recyclage des déchets biologiques des ménages brestois pour servir aux transports. En fait rien, simplement rien. A part bien sûr un emploi à vie et un second emploi fort bien rémunéré en tant qu'élu.
Mais en 2012, le tramway sera devenu ridicule, la ville de Brest sera économiquement diminuée, et le budget municipal sera critique. M. Huret, quand à lui, continuera à bénéficier de son emploi à vie et de son second emploi fort bien rémunéré en tant qu'élu.
16:30 Publié dans Services publics | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Biogaz, EDF, PS, Brest
04/02/2008
Sel soluble
Ce soir aura lieu une réunion publique sur le service de l'eau, à 20h30 salle des syndicats, organisée par la liste Gauche Debout, avec la participation de MM. Christophe Mongermont, syndicaliste à Véolia, et Gérard Borvon, président de S-eau-S.
Organiser une réunion sur l'eau avec Gérard Borvon, c'est toujours un risque, car on ne sait pas trop si on se concentre sur l'eau ou sur Gérard Borvon. On n'est jamais tout-à-fait sûrs que ne sont pas omis certains arguments qui abonderaient dans le sens des positions de Gérard Borvon, mais qui ne sont pas directement liés à la promotion de Gérard Borvon lui-même. C'est pourquoi, à l'abri de mon ordinateur et dans la confidentialité qu'offre Internet, je me permets par avance de compléter ses propos, sans encourir pour autant les foudres de l'ogre de Landerneau.
Le débat sur la gestion de l'eau en public ou en privé est en partie inspiré par des jugements de valeur marxistes sur la propriété du capital. Je ne nie pas que dans le cas de l'eau, la propriété des équipements par rapport à la population locale qui en a un besoin essentiel pose problème. Je dis simplement qu'il n'y a pas que cela, et que quand on envisage la renégociation d'un contrat, il y a d'autres paramètres à prendre en compte, qui relèvent plus de l'intention technique.
La gestion d'un équipement en régie publique, en-dehors des considérations sur les flux financiers, vous offre évidemment plus de contrôle sur les choix techniques. D'abord, vous avez un accès direct aux informations, du genre statistiques d'usage, comptabilité en détail, etc. Vous êtes aussi souverains sur les achats, le personnel... Et vous établissez le calendrier des travaux, interventions de maintenance, remplacements de pièces... à votre guise. A l'inverse, pour des secteurs beaucoup moins classiques que l'eau et de technologies beaucoup moins connues, vous pouvez estimer que seule une entreprise privée possédera les compétences nécessaires pour gérer avec efficacité cette technologie que vous ne connaissez pas.
De ce point de vue de l'intention technique, le choix de la régie publique apparaît plus indiqué lorsque vous avez l'intention de faire un choix qui s'éloignera des intérêts du marché. Et c'est le cas à chaque fois que vous avez l'intention de mettre en oeuvre des technologies à vocation environnementale, qui ne correspondront pas immédiatement au critère de meilleure rentabilité sur le marché, mais que vous estimez préférable pour l'intérêt général et sur le long terme.
Dans le domaine des transports, nous aurions la possibilité de mettre notre flotte de bus à la disposition de plusieurs programmes européens, avec deux intentions différentes :
1) Une intention d'exploitation, c'est le cas avec des technologies déjà abouties telles que Biogasmax, dont nous avons déjà parlé
2) Une intention d'expérimentation, c'est le cas des essais de prototypes par exemple dans le domaine de l'hydrogène ou autres
Dans les deux cas, on rend service à l'humanité future, on obtient des subventions européennes, et on soulage Brest grâce à des technologies plus légères, plus novatrices, moins chères et moins polluantes que le tramway.
La présence de M. Borvon à la conférence de ce soir a aussi le mérite d'indiquer, une fois de plus, que le rôle de l'écologie politique est de se démarquer de la gestion du Parti socialiste, dans la gestion de l'eau comme des autres équipements, dans les affaires sociales comme dans les orientations européennes.
Le site des Verts lui-même indiquait récemment sa préférence pour la gestion en régie publique. L'un de leurs candidats M. Michel Joanny s'exprimait samedi dernier contre l'influence du lobby nucléaire et pour une politique plus audacieuse en faveur des énergies renouvelables.
Jusqu'à présent la solidarité des Verts avec le PS ne tenait qu'à deux personnes, Mme Marif Loussouarn et M. Michel Briand.
Mme Loussouarn a choisi de ne pas renouveler son mandat, au moment où il s'avère que le sujet du tram ne sera pas universellement consensuel, et qu'il faudra entrer dans des considérations techniques non superficielles.
M. Briand est donc le seul qui reste, mais il est communément admis, y compris chez les Verts, qu'il ne fait plus d'écologie depuis longtemps, se concentrant sur l'Internet que d'aucuns jugent "non prioritaire face aux enjeux de la planète". On observera cependant que M. Briand, assez fortement indemnisé en tant qu'adjoint au maire, continue son soutien indéfectible au PS et à son choix de société d'économie mixte pour le tram, malgré les positions des Verts brestois en faveur de la régie publique.
On observera aussi que M. Briand, malgré son "règne" supposément démocratique sur l'Internet brestois, n'a pas insisté pour que la composition exacte de la Semtram soit publiée sur l'un des sites sous la responsabilité de la mairie. Les Brestois sont certes invités à "participer" sur des sites subalternes où leur subjectivité et leur enfermement sur leur quartier sont encouragés, mais pour informer objectivement les citoyens des enjeux financiers des choix publics, il n'y a plus personne.
Peut-on qualifier cela d'échec spectaculaire de la carrière politique de M. Briand, la question se pose. A l'opposé, on ne peut que constater que M. Borvon, malgré la démesure du personnage, vous informera ce soir des enjeux financiers, de la propriété des capitaux, et des interventions de l'Etat, avec la transparence qui sied à un débat démocratique.
12:30 Publié dans Services publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Municipales, Borvon, Verts, Brest







