14/05/2009

Tramway et théorie du complot

Aujourd'hui, on va s'aventurer dans la politique fiction, pour ne pas dire dans le délire. Ca nous changera un peu des analyses techniques arides, pourvu toutefois qu'on le prenne avec circonspection.

Le tramway, projet quasi-unanimement impopulaire à la base, et pourtant rassemblant les élites les plus opposées, grand projet industriel aux motivations obscures et aux prétextes écolo-libéralo-institutionnalo-européo-bobo-frico-bougistes, impératif "de progrès de l'humanité" qui menace de faire couler l'économie, documents manquants, silence inexplicable de ceux qui seraient censés protester... : tout y est pour embraser une bonne théorie du complot bien costaud.

Voilà donc Brest devenue tête de pont du Bilderberg, des Rose-Croix, des Jésuites et des extra-terrestres. Et voilà Alain Masson promu comme grand cerveau de toute l'affaire, génie macchiavélique, grande Penfeld de la pensée. Car Alain Masson, en se rasant le matin, pense inlassablement "Aujourd'hui, un pas de plus pour CONQUERIR LE MONDE". Il paraît même que dans son bureau de BMO, il a un chat blanc, qu'il caresse en ricanant sous cape. D'ailleurs, voici une archive secrète d'une réunion de BMO, traitant précisément du tramway :



Alors j'ai encore travaillé pour vous, chers lecteurs, je me suis renseigné sur le web, et j'ai trouvé pour vous une théorie du complot américaine qui inclut le tramway parmi les dangers qui menacent "le monde libre", pas moins. Plutôt que de vous donner les liens directement, je préfère vous proposer ma grille de lecture, pour que vous puissiez mieux décoder les documents que vous trouverez ensuite.

D'abord, il s'agit de théories du complot dans une ambiance de "libertarisme" américain. Ce qui est sacré pour eux, c'est la Constitution des Etats-Unis, à laquelle ils font référence constamment et à tout propos, et pour eux l'Etat américain moderne qui s'est développé au 20ème siècle n'est pas légitime, il est même proche d'une organisation criminelle, il est en tout cas une menace pesant sur les Américains.

Ensuite, il s'agit d'organisations plutôt à droite, pour lesquelles tout ce qui est à la gauche de George W Bush, c'est-à-dire déjà l'aile gauche du Parti Républicain, est constitué de dangereux révolutionnaires bolchéviques, qui veulent étriper les enfants des "familles américaines", etc. Tout ce qui concerne de près ou de loin le moindre impôt est un péril "communiste".

Il s'agit enfin de la défense du mode de vie consumériste américain, de ce monde d'interminables banlieues "suburban", profondément hostile à l'écologie dans le but de préserver les grosses voitures, les maisons avec piscines, etc. Et si le tiers-monde en crève, si des scientifiques protestent, eh bien il est très commode de les taxer d' "anti-américains".

Voilà le décor. Et maintenant le rapport avec le tramway. Leur agressivité contre le tramway fait référence à l'Agenda 21. C'est l'Agenda 21 qu'ils visent en priorité, et à travers le tramway (qu'ils appellent "lightrail" ou "light rail").

L'Agenda 21 est, pour résumer, le programme des Nations-Unies pour l'environnement. Il comporte un certain nombre de mesures proposées, non obligatoires, et distribuées aux gouvernements et collectivités locales dans le monde entier. Un certain nombre de réformes que l'ont pourrait croire européennes ou nationales, ou même municipales, émanent en fait en dernière instance de l'Agenda 21 de l'ONU.

Pour beaucoup d'entre nous, l'Agenda 21 est un espoir. Pour les conspirationnistes américains, l'Agenda 21 est un complot bolchévique, prétendument écolo mais en fait crypto-marxiste, et visant à prendre le contrôle de l'humanité. Les conspirationnistes américains prétendent que les plans d'urbanisme contenu dans l'Agenda 21 visent, non à mieux gérer le territoire, mais à concentrer la population pour mieux la contrôler. L'éparpillement "suburban", celui de la banlieue américaine, ne plairait pas aux comploteurs car il est générateur de libertés et d'autonomie. Ils voudraient désertifier la campagne, soi-disant pour protéger la nature, mais en vérité pour rassembler les gens dans des "écocités", où la vie privée et familiale sera entièrement contrôlée par des "experts" et des "médiateurs".

Voilà pour résumer très vite l'essence de cette idéologie hostile à l'écologie politique, et à l'expertise urbanistique. On pourrait la rejeter en haussant les épaules en tant que sous-culture américaine, et l'une des innombrables versions de la théorie du complot mondial qui fleurit sur Internet, lieu de tous les excès. Cependant, quand on l'applique au cas de Brest, des détails troublants émergent.

J'ai déjà démontré dans ce blog que le choix du tracé du tramway n'est pas fondé. Choisir ce tracé parce qu'il s'y trouve un maximum d'habitations et d'emploi, ne prouve en rien que les gens qui y habitent travaillent le long de la ligne, ou que les gens qui y travaillent habitent le long de la ligne. Evidemment, puisqu'il y a les agglomérations de la Communauté, et le périurbain dispersé. Un tel choix ne deviendrait valide que si la population du Pays de Brest était rapatriée et concentrée dans la ville-centre. Donc dans Brest, même pas dans la Communauté. Précisément le long de la ligne de tram.

De même, le tram étant un moyen de transport plus volumineux que le bus, il n'est évidemment pas du tout adapté pour une population qui diminue. Un tel choix ne deviendrait valide que si la population était rapatriée du périurbain et des communes périphériques, concentrée dans Brest, et forcée à ne pas utiliser de véhicules privés.

Avouez que c'est troublant. Le choix du tramway est tellement absurde, que la seule explication qui apporte un début de cohérence à ce choix, c'est une théorie du complot mondial. Ou, pour le dire autrement, une théorie du complot mondial écrite par des neuneus sur Internet explique mieux le choix du tramway que les explications des profs d'université du PS brestois. Quelle incompétence retentissante!

Même chose pour ce concept fumeux de "métropole". On sait bien qu'on ne peut rivaliser avec Rennes et Nantes, donc on ne peut devenir une métropole régionale. Au niveau national, on voit bien que Paris nous lâche, nous considère maintenant comme une ville moyenne comme Quimper, donc pas de métropole nationale non plus. Au niveau européen? Rivaliser avec Lisbonne et Dublin? Soyons sérieux...

Par contre, si on se place au niveau mondial, on s'aperçoit que beaucoup de villes qui ont réalisé un tramway moderne, en Amérique du Nord, en Australie, on prétexté qu'elles voulaient devenir des "métropoles". Ainsi le concept du Maire de Brest est tellement insensé au niveau local, que la seule explication plausible qu'on puisse lui trouver, c'est un complot visant à parquer la population mondiale dans des "écocités", où leur vie sera totalement contrôlée.

Tout cela est troublant. On aimerait bien rejeter la théorie du complot, mais alors on ne peut plus expliquer l'absurdité et l'invraisemblance du choix brestois. C'est d'ailleurs ce que confirment les historiens et sociologues qui étudient les théories du complot : face à un monde chaotique, inexplicable, une théorie du complot offre une explication plausible, une grille de lecture intelligible.

En conclusion, je dirais qu'il appartient au PS brestois de faire cesser ce genre de soupçons, en prenant des décisions normales et intelligibles, par exemple en choisissant un moyen de transports publics proportionné à la démographie et à l'économie brestoises.




16/09/2008

L'état de l'opposition - l'UMP brestoise

Je republie aujourd'hui cet article de juillet. On ne sait jamais, des fois qu'il y aurait encore quelqu'un à l'ump...




Si le Parti socialiste est si fort à Brest et règne en maître dans les réseaux, c'est aussi parce que l'opposition est inexistante. Je commence donc aujourd'hui un tour d'horizon des différentes oppositions, en commençant par la droite.

N'étant pas militant UMP, je ne peux donner que l'expérience acquise dans le cadre du présent blog.

Avant la campagne pour les élections municipales, j'ai rencontré plusieurs dirigeants d'opposition susceptibles de s'opposer au projet de tramway. A l'UMP, j'ai rencontré une volonté normale de gagner. Le tramway était refusé en raison de son coût et de son inutilité, des solutions moins chères et plus modernes étaient envisagées, ce qui m'a paru tout-à-fait normal.

Et puis soudain... plus rien. Mes contacts n'ont plus souhaité me recevoir, et le dynamisme général de l'UMP s'est éteint, pour les transports comme pour d'autres sujets. Je n'ai pas d'explication. Tout ce que je peux dire, c'est que le marasme a coïncidé avec la désignation de Laurent Prunier comme tête de liste. Je ne sais si cela en est la cause, ou l'une des conséquences. Je peux seulement dire que par contraste des militants plus âgés m'ont paru phénoménalement plus dynamiques.

Vous me direz que les militants ont eux accompli une campagne intensive. Oui, à la base, oui. Mais d'autres vous diront qu'ils ont rencontré au sommet une mauvaise volonté anormale, à tel point qu'ils ont été tentés de voter pour la liste adverse, tant ils craignaient de promouvoir des incapables. Au niveau intermédiaire, des militants très aptes ont du galérer pour faire accepter quelques éléments de campagne normaux.

Cela est vrai par exemple pour le site de campagne, qui a été imposé par des militants en fin de campagne (!) et en insistant beaucoup, et même quand ce site a été installé Laurent Prunier n'y a pas contribué, préférant continuer à écrire sur son blog perso. Il n'y a d'ailleurs rien écrit depuis le lendemain des élections.

Par ailleurs le site habituel de l'UMP brestoise hors campagnes est resté d'une indigence à couper le souffle, tant dans la forme que dans la qualité rédactionnelle. Une vraie démonstration d'infériorité culturelle. Ce site n'a pas non plus participé à la campagne électorale. Désolé si je me concentre sur l'Internet, mais comme au moment de la campagne je n'ai plus perçu les choses que de l'extérieur...

J'ai appris d'autres détails troublants par la presse, comme par exemple la rébellion d'Yves Du Buit à Plouzane contre le maire UDF Yves Pages. Ce changement serait resté individuel et anecdotique s'il n'avait pas été agréé par l'UMP finistérienne, alors que cela rendait la défaite certaine. Oui, en entérinant la rébellion d'Yves Du Buit, il y a bien eu décision de perdre la mairie de Plouzane. Cela est encore plus clair si vous vous vous souvenez de la création du Modem à l'époque, et de l'impératif pour l'UMP de conserver les candidats UDF qui voulaient bien se rallier, dont Yves Pages faisait partie.

Une campagne désastreuse donc, et beaucoup de talents gâchés, voire trahis. Et on ne sait toujours pas pourquoi, parce que franchement c'était difficile de faire aussi mal avec autant de militants motivés à la base, et autant de craintes de la population quand aux projets du PS.

Et encore, tout cela ce n'est que ce que j'ai vu de l'extérieur. Ce serait peut-être intéressant pour les adhérents de l'UMP de se réunir en interne, et de faire l'histoire complète de ce qui s'est réellement passé. Je suis sûr qu'ils en apprendraient des vertes et des pas mures dans d'autres domaines, et seraient très surpris.

Pour ma part, après la campagne, j'ai été scandalisé de lire dans la presse la déclaration suivante de Laurent Prunier : "Le problème du tramway est réglé par l'élection de François Cuillandre". Quel désastre, mais quel désastre !!!

En tant que juriste, il devrait savoir qu'aucune élection généraliste de représentants ne remplace un référendum populaire spécifique. L'élection de François Cuillandre signifie l'élection de François Cuillandre, le référendum négatif sur le tramway signifie un Non au tramway. Mais comment peut-on être aussi mauvais, en apportant un soutien à son adversaire précisément sur son point le plus faible ?

Alors, comment interpréter un tel comportement ? Je ne suis pas le seul sur Brest à formuler les hypothèses suivantes, pas forcément contradictoires entre elles :

1) Une décision de Laurent Prunier de sacrifier l'UMP municipale afin d'évincer ses concurrents internes, et rester le seul en place

2) Une décision de Laurent Prunier de détourner les élections municipales afin de se faire un nom pour les prochaines élections législatives

3) Une décision de Laurent Prunier de sacrifier l'économie brestoise, afin de gagner facilement aux prochaines élections municipales, le désastre accompli

Mais moi l'avenir de Laurent Prunier je m'en fous. Je veux un moyen de transport adéquat pour ma ville, et la préservation de ses capacités budgétaires pour les dépenses essentielles.

Soyons clairs : tout élu d'opposition qui agrée le tramway aujourd'hui choisit en connaissance de cause la faillite de sa ville. Laurent Prunier était intéressant du temps où il s'opposait au tramway. Il a quitté aujourd'hui le registre de l'intérêt général, pour entrer dans celui des carrières personnelles de la mouvance Sarkozy, qui ne semble pas non plus promise à un brillant avenir.

Ou alors... on entre dans le registre de la conspiration, et de l'existence éventuelle d'obscurs réseaux locaux, qui rassembleraient droite et gauche dans un échange de services bien compris. Il est intriguant c'est vrai de constater que Laurent Prunier est devenu agent immobilier au moment où il effectuait une mauvaise campagne, et qu'il agrée aujourd'hui à l'encontre de ses militants un projet de tramway qui entrainera une forte spéculation immobilière.

Mais je ne désespère pas des militants de droite, surtout de ceux qui ont une fibre sociale, une certaine intégrité personnelle et un sens de la responsabilité budgétaire. Alors voici ce que je peux faire :

J'ai enlevé du présent blog ma pétition pour un nouveau référendum sur le tramway. Je renonce à ma pétition. En ce jour, Trollibus charge officiellement les militants de la droite brestoise de faire circuler une pétition à eux, demandant un nouveau référendum sur le tramway.

Evidemment, cette pétition devra être rédigée de façon à plaire à tout le monde, pas seulement à ceux qui soutiennent Sarkozy au niveau national. La priorité est au rassemblement municipal de toutes les bonnes volontés. Le texte devra donc se concentrer exclusivement sur le tramway.

Pas besoin de vous faire un dessin, le succès d'une pétition au moment de l'enquête publique sera d'une importance cruciale pour l'avenir de Brest. Miser sur un désastre économique pour reprendre la ville à la cuiller après, ce n'est pas une stratégie saine. La population est majoritairement contre, et n'attend qu'un texte suffisamment neutre et succinct pour s'exprimer.

Militants de droite, à vous de jouer. Vous savez que la mouvance sarkozyste est condamnée, mettez Laurent Prunier de côté. Ne l'agressez pas, simplement passez outre. Réunissez-vous, bougez-vous, et faîtes circuler votre pétition. Le peuple vous attend. Vous vous êtes engagés en politique, alors prenez vos responsabilités. Maintenant.

Et, accessoirement, faites un site de qualité normale quand vous aurez le temps...

03/09/2008

Retrouver l'espace public

Un article récent sur les incivilités à Brest m'a valu quelques commentaires de lecteurs, me reprochant un rapport selon eux difficile à établir avec le tramway.

J'ai de mon côté passé quelques jours à me demander pourquoi le rapport n'était pas évident à tout le monde. J'ai quand-même écrit qu'il y avait un type qui menaçait les filles aux arrêts de bus, si on ne voit pas le rapport avec l'attractivité des transports publics je ne sais plus trop quoi faire.

Mais bon, à supposer que ceux qui ne voient pas le rapport soient sincères, voici quelques évidences et quelques interprétations.

Une grande partie de la justification du projet brestois de tramway, c'est d'attirer grâce à un équipement plus luxueux des gens qui d'habitude prennent leur voiture. Dans le cas du bus actuel, on n'a comme utilisateurs que les gens qui ne peuvent pas faire autrement, la marge des utilisateurs volontaires étant statistiquement insignifiante. Du point de vue de la rapidité et de la commodité des déplacements, la voiture reste un meilleur choix dans la plupart des cas. Nous sommes une ville moyenne, non engorgée et non polluée.

Mais s'en tenir à ces aspects techniques des déplacements, c'est trop propre, c'est politiquement correct. La réalité vécue par les Brestois, c'est que les transports en commun sont une partie de l'espace public, et que cet espace public à Brest est à éviter. L'espace public brestois est le lieu où vous vous exposez à des incivilités.

Juste une anecdote, quelque chose qui m'est arrivé la semaine dernière. J'attendais tout seul à un arrêt de bus, voilà deux "jeunes" qui arrivent avec un mp3 sans écouteurs qui balançait du rap assez fort. Ils rouspètent contre l'obligation d'attendre le bus, ils se mettent à rayer l'arrêt avec leurs clés. Ensuite ils s'éloignent un peu et jouent à lancer des branchages. Je ne fais plus attention. Je reçois une petite branche sur l'épaule et leur demande lequel a fait çà. Ils adoptent aussitôt une posture de faux-jetons : "Wo c'est pas nous m'sieur... wo c'est toujours nous qu'on accuse..." Ils nient l'évidence, une stratégie assez efficace puisqu'ils m'obligent à tenir le rôle ingrat de l'accusateur isolé qui devient agressif, avec eux comme victimes solidaires et modérées. Ils connaissent leur affaire, ils n'en sont pas à leur premier coup. Je n'insiste pas. Puis vient le bus. En montant je signale au chauffeur que les deux "jeunes" ont dégradé l'arrêt. Le chauffeur me répond sans hésitation "Ah ouais... boh c'est même pas la peine que j'appelle, y se déplaceront pas pour ça. On peut rien faire." Pendant le reste du voyage, les deux "jeunes" me regarderont avec des yeux de loups, prêts à attaquer si j'étais faible, prêt à fuir si j'étais fort. Comme je suis descendu avant eux ils m'ont regardé longuement pour savoir où j'allais.

Donc pour résumer ce n'était pas une agression, c'était une situation d'incivilité, assez courante à Brest. C'est la réalité de ces situations où le droit n'existe pas, où le délinquant décide à tout moment s'il y aura crime ou pas, et décrète tout seul que ceux qui lui résistent sont des agresseurs injustes. Bref, une situation où le délinquant fait la loi, devient le shérif et le juge de l'espace public, le caïd. On peut choisir de continuer la pensée magique sur le tramway et prévoir qu'aux arrêts du tram l'incivilité disparaîtra par un enchantement gracieux; on peut au contraire estimer qu'il faut commencer par lutter contre l'incivilité avant d'espérer voir les gens quitter leur voiture pour un transport en commun, quel qu'il soit.

L'espace public à Brest, c'est l'endroit où en tant qu'adulte dans son droit vous êtes traité comme un délinquant potentiel par des délinquants, sans protection de la police, et sans confirmation de votre bon droit par les autorités politiques. C'est l'endroit où la civilisation bascule. La voiture, c'est l'espace où vous n'avez pas à subir ce genre de situation.

Alors maintenant, pourquoi est-ce que cela n'est pas unanimement reconnu ? J'y vois deux causes, que je vais ranger par origine historique :

1) Depuis les années 70, depuis Pompidou et Giscard, les Français ont choisi de se replier sur leur espace privé (la maison secondaire, le magnétoscope, etc.). On constate bien qu'il y a des incivilités, et on réagit par "alors j'évite". Si les plus pauvres sont obligés de rester exposés dans l'espace public, alors on les oublie. C'est un peu comme le chômage, tant qu'on est pas touché on ne comprend pas, on espère juste que ça ne tombera pas sur soi.

Mais cela n'est pas une solution sur le long terme. Si le citoyen se retire de l'espace public, d'autres feront la loi. Le citoyen français est faible et non solidaire comme l'Europe médiévale face aux vikings. Dès que des armées régulières ont été constituées, les raids vikings ont cessé. Là où les gens ne se sont pas organisés, les vikings sont devenus rois.

2) Depuis les années 80, depuis Mitterand en fait, on assimile tout ce qui est ordre public à "extrême droite". Les Français ont ainsi intériorisé un interdit, une alarme résonne dans leur tête dès qu'il est question d'insécurité et ils se disent "Ouh la la je sens bien qu'il y a de l'insécurité mais je ne vais pas en parler parce qu'on va dire que je suis FN".

En fait de FN, on s'aperçoit aujourd'hui qu'il s'agissait d'une guerre culturelle du PS contre les travailleurs du secteur privé, d'un choix conscient de la mondialisation par délégitimation délibérée des victimes. Il s'agissait aussi d'un petit jeu malsain de la part des élites culturelles françaises, d'un petit jeu sadique où l'on expose les personnes à des incivilités répétées, on attend qu'elles craquent puis on les montre du doigt en disant : "Ha ha ha t'as perdu t'es facho".

Cela est toujours le cas aujourd'hui en France. Toute personne qui propose la protection des droits civiques par la force publique dans l'espace public brise deux tabous :

1) Elle rappelle la nécessité historique d'investir politiquement l'espace public, donc l'insuffisance existentielle du repli dans l'espace privé. Elle fait obscène en quelque sorte. Elle affirme une existence physique.

2) Elle rappelle que la protection des droits civiques par la force publique est indispensable au modèle républicain, et par conséquent elle expose la consubstantialité du PS et du FN. Il est donc vital pour les élites culturelles que leur invocation de l'extrême droite ne soit pas comprise, et que les citoyens en restent à une soumission psychanalytique.

Plus que tout autre parti politique, se sont les Verts aujourd'hui qui sont plombés par cette mentalité. D'un côté, en tant qu'écologistes ils sont bien obligés de prôner le retour des citoyens vers la ville-centre et la qualité des espaces publics; d'un autre côté, pour préserver les avantages de carrière dus au PS ils sont contraints d'affirmer que tout ce qui est protection des droits des usagers dans cet espace public est "facho".

Et bien sûr en tant que personnes ils se protègent eux-mêmes sans solidarité avec leurs concitoyens plus démunis. Verra-t-on un jour un élu vert rentrer d'une réunion politique par le bus de nuit ? J'en doute fort.

Tout cela pour vous dire que des dépenses supplémentaires pour la sécurité à Brest seraient bien plus utiles que la baguette magique du tramway. Ce blog n'hésitera donc pas à parler ouvertement de la dégradation préoccupante de la civilité à Brest.

Je ne sais pas encore s'il faut une police municipale ou pas, je n'en suis pas sûr. Mais ce dont je suis certain c'est qu'il faut partir du principe politique fondamental que la liberté d'aller et venir des citoyens, la primauté du droit sur l'arbitraire des délinquants, l'exigence pour tous de respirer tranquillement dans l'espace public doivent être explicitement approuvées par l'autorité politique. L'autorité politique doit donner le ton, et clairement affirmer l'inégalité, la supériorité de l'usager sur le délinquant.

C'est une solidarité civique essentielle que nous devons à nos concitoyens obligés de prendre les transports en commun, mais c'est aussi le cas par exemple pour les personnes du Pays de Brest qui choisiront de venir faire leurs courses en ville alors que tout est disponible dans les supermarchés de l'extérieur : elles viendront en ville parce que ça fait ville, parce que ça fait civilisé.

21/08/2008

L'état de l'opposition - le MODEM brestois

Après l'UMP, je continue mon tour d'horizon de l'opposition municipale, de droite à gauche en passant aujourd'hui par le Modem.

Il y a beaucoup de conjectures au niveau national sur l'avenir du Modem, mais cela sortirait du cadre de ce blog donc je n'en parlerai pas. Sur le plan local je me contenterai de noter que l'occasion de doter la tête de liste Mikael Cabon d'une visibilité d'élu, plus d'un local et d'un secrétariat d'élu a été refusée au second tour des municipales par les militants. Il y a des idées, et il y a des occasions... Il y a des jeunes gens qu'on promeut, et des jeunes gens qu'on refuse de promouvoir.

Toutefois je reconnais au Modem une activité sur Internet et une ouverture au débat qui contraste singulièrement avec l'UMP brestoise. C'est même le jour et la nuit.

Que puis-je donc dire sur le MODEM qui ait un rapport avec le tramway brestois ?

Premièrement, le MODEM m'apparaît dans le spectre politique le parti le plus à même de porter les intérêts spécifiques des collectivités locales, le plus girondin si l'on veut. Je suggère au MODEM de se charger de la création d'un CELIBO (Centre d'étude et de liaison des intérêts de Bretagne occidentale), c'est-à-dire d'un centre de réflexion et de propositions sur l'avenir de notre région.

Je suis persuadé qu'une grande partie des erreurs stratégiques que nous connaissons à Brest vient en amont de la volonté du PS de faire "métropole" dans le cadre d'une mondialisation idéalisée, et du gouvernement sarkozien de tailler à coups de serpe dans l'aménagement du territoire. Mais, PS ou UMP, tout cela se traduit par de forts appauvrissements. A l'heure où les budgets de l'Etat disparaissent, il nous faut une réflexion sur la place que nous voulons pour Brest à la pointe de Bretagne.

S'il faut que Brest descende d'un cran, devienne une ville moyenne, alors ce ne sera pas un drame, pourvu que nous réduisions la voilure en conséquence. Désertifier le tissu breton pour doter Brest dans la panique ne me paraît pas une solution positive non plus. Ce tissu breton c'est notre avenir.

Deuxièmement, le MODEM m'apparaît dans le spectre politique le parti le plus soucieux de l'intégrité budgétaire des collectivités locales. Je suggère donc au MODEM d'organiser un Grenelle de l'économie brestoise. Personnellement, je suis scandalisé que l'UMP ne l'organise pas, et que le PS s'en tienne à des conciliabules entre syndicats.

Franchement, la plupart des Brestois demande un grand débat public et transparent sur ce que nous allons devenir. Combien d'emplois en tout allons nous perdre au juste ? Quelles économies budgétaires deviennent nécessaires pour rester dans les clous ? Quels services sont à sauvegarder en priorité ? Quel sera le traitement social des salariés du privé, des commerçants, des PME ? Qui leur accordera une dignité dans le débat politique, sinon le MODEM ?

La rentrée arrive, et pour le MODEM la tentation sera grande de se concentrer exclusivement sur les élections européennes. Mais comme vous le savez ces élections servent avant tout à placer deux ou trois personnes dans des postes privilégiés. Cependant ici à Brest on ne sera pas sauvés par un débat sur le logiciel libre au Parlement européen. Oui l'Europe est importante, d'accord, mais ici à Brest on a une urgence.

Voilà, je sais qu'on m'a proposé d'adhérer au Modem, j'ai bien noté, eh bien ma réponse est que j'attends de voir un débat sur l'avenir de notre ville et de notre région. Après un débat complet et un consensus populaire, l'importance à accorder au tramway deviendra limpide.

Il ne suffit pas de se préparer à brandir son drapeau orange à soi pour porter quelques personnes au Parlement européen. Je vais même vous dire un secret : François Bayrou et Marielle de Sarnez ne viendront pas vous aider pour résoudre les problèmes brestois. Parce que dans tous les partis, de l'extrême gauche à l'extrême droite, tous les dirigeants nationaux, tous tous tous, ont oublié le fin fonds de la Bretagne. Personne ne viendra nous aider.

J'irais même jusqu'à soupçonner que vos députés européens vous oublieront vite aussi, comme les députés européens des autres partis le font.

Comme pour les autres partis, il faut s'organiser, se remuer, et s'attaquer aux problèmes structurels locaux. Ce sera même plus pertinent de militer au niveau européen si on arrive avec une idée forte de ce qu'on veut au niveau local.

29/05/2008

La fascination de l'Orient

La presse se fait l'écho ces jours-ci d'un voyage de notre bon maire au Maroc, avec mention des projets de tramway locaux.

Disons-le tout de suite, s'il s'agit d'établir un rapport avec le chantier du tram de Brest, ce voyage ne semble pas techniquement justifié. On nous avait déjà fait le coup l'an dernier d'un déplacement à Nantes, agglomération beaucoup plus grande, mais alors là pour le coup les conditions d'urbanisme n'ont plus rien à voir, que ce soit en termes de population, de topologie, d'environnement...

Pourquoi alors un tel effort qui a mobilisé dans les 70 personnes, et pendant au moins une semaine, d'où j'imagine des coûts très importants ?

Le mystère s'épaissit quand on constate la présence d'un vice-président de la CCI. Pourrait-on savoir quelles entreprises brestoises vont vendre quelque chose au Maroc, et le cas échéant, en quoi elles auraient besoin d'un représentant de leur CCI pour cela ? Aux dernières nouvelles, la CCI est plutôt chargée des infrastructures locales, pas de signer des contrats à l'étranger.

En cherchant un peu sur le web, ce voyage a été organisé par une "Mission Economique et Scientifique de la Jeanne d'Arc", dont j'apprends à cette occasion l'existence. Quels sont exactement ses financements, et quelles ont été jusqu'ici les retombées concrètes pour l'économie brestoise, cela aussi reste mystérieux. Par contre il est probable que les voyages sont gratuits pour ses membres.

Puisque la Jeanne d'Arc est impliquée, et qu'il n'existe aucune raison précise pour laquelle le pays accueillant souhaiterait voir le maire de Brest en même temps que la Jeanne, il s'agit donc de l'une de ces manifestations diplomatiques en "synergie" visant à promouvoir l'industrie française à l'étranger. Cela est assez courant et pas forcément condamnable, mais cela ne nous explique toujours pas pourquoi le maire de Brest y participe, ou le vice-président de la CCI brestoise, s'il n'y a que des enjeux d'Etat et pas d'enjeux locaux. Bref, qu'est-ce qu'ils foutaient là ?

D'après ce qu'on me dit il y a même eu parmi les 70 participants des personnages locaux dont l'importance est encore moindre, et la compétence professionnelle fort éloignée du sujet. On pourrait comparer le prix de leur voyage et de leurs gueuletons aux besoins en crèche de la ville, ou aux besoins de remboursement des équipements de la CCI, qui seraient plutôt une priorité pour les divers contribuables.

Cependant je reconnais que la France en général a effectivement besoin de telles représentations à l'étranger, vu sa dépendance de la vente de grandes infrastructures : nucléaire, transports, armement... Mais il ne faut pas se cacher la fragilité que cela entraîne :

- Ces contrats sont éminemment dépendants du prestige diplomatique de la France, et la moindre disgrâce temporaire peut entraîner de graves pertes. Cela devient plus évident si l'on compare avec la vente de matériel allemand, beaucoup plus basée sur des besoins techniques.

- Ces contrats prennent une importance disproportionnée dans l'économie nationale. En comparant toujours avec l'Allemagne, si une PME vendant des casseroles y perd un marché, l'entreprise d'à côté qui vend des cafetières n'en souffrira pas et continuera de soutenir l'économie locale. Ici nous n'avons pas de véritables PME, mais des sous-traitant des grandes industries nationales.

L'économie française est donc grandiose mais fragile, périlleusement fragile. Le moindre faux pas médiatique et hop, des milliers d'emplois en moins.

Cela se complique si on réalise que les dites grandes entreprises sont entrées en bourse, et sont maintenant contrôlées par un actionnariat étranger. Les comptes de la Nation comme le CAC 40 sont d'ailleurs de moins en moins représentatifs, puisqu'ils comprennent des entreprises vendant à l'étranger et gagnant à l'étranger.

Mais ces grandes entreprises, anciennement nationalisées et gardant la culture de la période "gaulliste", conservent quand-même une forte influence dans l'Etat français. Cela pose donc un problème de confusion historico-éthique, qu'il faudra bien résoudre un jour.

Dans ces conditions, ventes à l'étranger et actionnariat à l'étranger, la tentation est grande d'exploiter les villes françaises comme vitrine de ces industries, parfois même au détriment de leurs besoins propres et de l'intégrité de leur budget. Le journaliste du Télégramme indiquait hier l'incongruité d'une subvention de l'Etat français de 40 millions d'euros pour le tramway de Bouregreg entre Rabat et Salé, alors que le jour précédent le même Télégramme annonçait que la subvention pour Brest ne serait que de 28 millions. Et dans les deux cas Alstom, notre fournisseur de tramway national, ne versera pas de subventions bien sûr, mais empochera plutôt les bénéfices.

Le problème éthique devient plus épineux lorsque l'on apprend qu'Alstom fait l'objet de poursuites judiciaires pour corruption à l'étranger, notamment pour des présumés versements de pots de vin dans divers pays d'Asie et d'Amérique du Sud. S'agissant du Maroc j'ai toute confiance dans le Roi, dont le prestige est indéniable, mais enfin cela ne m'empêche pas de rappeler qu'au niveau des administrations locales le bakchich est généralisé.

Apparemment François Cuillandre n'a pas eu de commentaires à ce sujet, tout en trônant sur place comme un chef, avec ses belles lunettes de soleil. Mais bon, comme on ne peut pas attendre la municipalité de Brest pour parler des sujets actuels, on peut se demander en quoi la Marine nationale, l'Ifremer et d'autres grandes écoles locales devraient favoriser les bénéfices d'Alstom.

Grands contrats à l'étranger avec influence de l'Etat, existence au niveau local d'un réseau de messieurs très importants bénéficiant de voyages gratuits sans vraiment justifier leur présence, chantier de tramway brestois dont le besoin et le financement ne sont pas assurés... il serait facile de crier au "complot maçonnique", et certains militants politiques - de gauche et de droite - ne se sont pas gênés pour me déclarer "Tu sais là-dedans ils sont tous franc-maçons". Je pense que c'est très exagéré, car à ma connaissance la plupart des obédiences se veulent avant tout des sociétés de recherche philosophique, et font la chasse à la corruption dans leurs propres rangs.

On ne peut toutefois pas oublier non plus que la confidentialité de la liste des actionnaires de la Semtram ressemble un peu à la confidentialité de la franc-maçonnerie. Si cette liste était connue du public, alors on pourrait par exemple vérifier s'il y a des actionnaires de la Semtram qui ont fait des investissements dans l'immobilier à Brest en prévision du tramway, où s'il y a des actionnaires de la Semtram qui ont également pris des actions dans Alstom.

Voire, s'il y a des actionnaires de la Semtram qui ont investi dans l'immobilier au Maroc, et ont participé à ce voyage...

Mais il ne faut peut-être pas chercher si loin, et considérer tout simplement qu'en France, les médiocrités locales qui ont un petit titre on droit de toute façon à un voyage gratuit, plus un bon gueuleton. Et un colloque avec les autres médiocrités locales, pour se donner bonne conscience, et se congratuler mutuellement.

En tout cas, pour François Cuillandre personnellement, toucher plusieurs salaires avec plusieurs retraites à la clé, se payer des voyages injustifiés aux frais de la princesse tout en ruinant sa ville, j'estime que c'est déjà pas mal, et qu'il aura bien profité de la vie.

J'espère qu'il aura eu bon appétit.

27/04/2008

Pour un Grenelle de l'économie brestoise

Ainsi donc c'est la CGT qui a révélé cette semaine à la presse les détails concrets brestois du plan gouvernemental de réduction budgétaire: foyer du marin, approvisionnement, habillement de la Marine, base de Lanvéoc...

Cette annonce arrive, vous pourrez le remarquer, après les élections. D'aucuns soupçonnent que quelques candidats connaissaient parfaitement ce programme, mais ont choisi de nous le dissimuler et de continuer à nous embobiner avec leur régénerescence magique de la ville grâce à un tramway devenu véritable fontaine de jouvence et panacée mystique.

Pourrons-nous payer ce tramway merveilleux ? La question se pose désormais avec une acuité certaine, et on ne peut plus dire que c'est Trollibus qui déconne, tout seul devant son ordinateur.

De manière plus générale, je pense que nous avons désormais besoin d'un grand débat public sur l'avenir de Brest, et ses perspectives économiques. Un débat long, démocratique, ouvert, documenté.

Premièrement, nous en avons besoin car il faut établir l'étendue des pertes qui s'annoncent. Prenons par exemple le Gesma : s'il disparaît, ce sont de nombreuse petites entreprises qui disparaissent aussi, et avec elles une grande partie de l'attractivité de Brest dans les nouvelles technologies. Que devient le Technopole sans les commandes de la Marine ? Un îlot de grandes écoles, sans retombées technologiques dans des PME novatrices, écoles dont les étudiants quittent Brest sitôt leur diplôme obtenu ?

Et puis, comme on pourrait le dire pour toute agglomération, les activités principales entraînent autour d'elles toutes sortes d'emplois dans les services aux personnes : infirmières, enseignants, commerçants...

C'est donc le problème de la base fiscale dans son ensemble qui se pose maintenant, et pas seulement des emplois du secteur public. Il faut établir une prévision plausible de manière urgente, et on n'a pas le temps d'attendre l'éveil intellectuel ou le sens des responsabilités des quelques profs de l'UBO qui sont sympathisants du PS, même pas des soi-disant spécialistes en droit fiscal.

Il faut aussi que ce débat soit large et ouvert et transgresse les limites du seul secteur public, pour ne pas répéter l'immoralité qui a sévit dans les années 90, lors des premières réductions budgétaires.

On y a vu par exemple des ouvriers de l'Arsenal toucher un véritable pactole pour quitter leur poste, et en plus bénéficier d'un reclassement dans des emplois publics de l'agglomération où ils n'étaient pas utiles. Et grâce à ce petit capital et ce nouvel emploi pas trop contraignant, ils ont pu acheter des appartements et les retaper, et ils y exploitent maintenant les locataires de la sous-traitance qui n'ont pas bénéficié des mêmes privilèges.

Combien de statutaires brestois sont devenus petits propriétaires et exploitent aujourd'hui les précaires, c'est une question à laquelle il faudra bien répondre publiquement un jour.

Je vais jusqu'à demander la création d'une véritable "Commission de réconciliation", et j'emploie ce terme sud-africain à dessein, car nous vivons à Brest depuis des décennies dans une situation d'appartheid non pas racial, mais social. Non seulement les comportements injurieux des statutaires envers les précaires sur le lieu de travail se sont banalisés, mais de véritables délits ont été commis, qui hanteront la mémoire brestoise s'ils ne sont pas tous établis en pleine lumière.

A l'heure où j'écris, j'entends par exemple parler de disparition de matériaux dans un grand établissement public, et d'enquêtes qui ont été systématiquement dirigées vers la sous-traitance, alors que les statutaires y sont de façon notoire autorisés à amener des matériaux chez eux, et même à utiliser le matériel sur place pour leur usage personnel, pendant leur temps de travail.

Aujourd'hui, tous les éléments se mettent en place pour répéter les mêmes erreurs, à la différence toutefois que la municipalité n'avait pas alors de projets d'investissements aussi démesurés, ce qui rend encore plus criante l'impunité sociale des responsables du PS, assurés de percevoir plusieurs revenus jusqu'au bout, même en cas de faillite totale.

Je crois entendre d'ici les tractations discrètes entre les responsables syndicalistes et nos chers élus : "Tu donnes ça pour les ouvriers sous statuts, tu nous payes en plus un nouveau local, et on arrête de gueuler pour les précaires". Si vous relisez le communiqué de la CGT, vous vous apercevrez que seuls les dangers sur l'emploi publics sont précisés, sont quantifiés. Le reste, c'est vague. Le GESMA c'est précis, les PME qui tournent autour ce n'est pas nommé, ce n'est pas quantifié. Les buralistes, les plombiers, les caissières de supermarché, les assistantes maternelles, tout ça ce n'est pas précisé, ce n'est pas quantifié, ce n'est pas nommé. Les drames personnels peuvent se dérouler dans l'anonymat.

Il nous faut enfin, un débat ouvert, complet, parce que la manie du contrôle par le réseau PS a atteint ses limites. Retirer une invitation à un expert qui peut émettre des critiques lors d'un débat, dissimuler des documents jusqu'au moment opportun, trouver tel ou tel artiste pour s'exprimer de telle manière, c'est habile, mais ce n'est pas intelligent.

Le concept de métropole, notamment, n'est pas intelligent. Une métropole, normalement, c'est quelque chose qui ajoute des ressources à un arrière-pays, à un réseau de petites villes. La vérité, ici, c'est qu'on est en train de troquer une ville de Brest riche dans une Bretagne riche, contre une ville de Brest appauvrie qui enlève dans la panique des ressources à des villes moyennes appauvries, dans une grande zone Bretagne-Pays-de-la-Loire-Poitou-Charentes sans âme, expressément prévue pour une mondialisation dans laquelle même Rennes, Nantes et Angers seront appauvries.

Mais peut-on attendre une critique de la mondialisation du parti de Dominique Strauss-Kahn ? Où sont les profs de l'UBO de centre-gauche qui militaient pour le développement économique de la Bretagne ? Où est l'établissement des faits les plus évidents ? Où est la géographie ?

Il faut que les Brestois se réveillent, qu'ils s'organisent, qu'ils se parlent. Qui aura le droit à quoi ? Que veut-on faire de Brest en vérité ? Peut-on voir plus loin que l'octroi de privilèges aux privilégiés, et discuter de l'intérêt général de l'agglomération ?

Arriver au niveau de Quimper et Lorient n'aurait rien d'humiliant... à la condition qu'on n'insiste pas pour se payer les équipements de Rennes, Nantes et Angers. On est les dindons de la farce ici. Et c'est bientôt Noël.

18/04/2008

Du débauchage et des référendums

En préparant mon dernier article sur la pléthore de vice-présidents dans le nouveau Conseil de la Communauté urbaine, je me suis aperçu que figurent dans la liste :

- M. Dominique Cap, maire de Plougastel

- M. Pierre Ogor, maire de Guilers

Juste après l'élection présidentielle de 2007, le PS avait vivement critiqué le "débauchage" pratiqué par le gouvernement Sarkozy.

La doctrine était la suivante : pratiquer des alliances entre partis en négociant un programme commun, c'est acceptable; suivre une évolution personnelle lente faite de rencontres, de lectures, de découvertes, pour finalement changer d'opinion, c'est honorable. Mais changer d'équipe du jour au lendemain selon les possibilités de carrière, c'était malsain pour la démocratie.

Et voilà-t-y pas que le PS brestois recrute maintenant dans son équipe rémunérée MM. Cap et Ogor, qui quelques jours auparavant faisaient campagne contre les candidats PS dans leur propre commune. Et ils sont recrutés pour le poste fortement rémunéré de vice-président dans la même cérémonie ou François Cuillandre est élu au poste fortement rémunéré de président, sans aucune voix contre de la part des communes périphériques.

Dès lors, je me pose quelques questions de bon sens :

- Vont-il continuer à jouer le rôle de chef de la majorité dans leur commune, contre l'opposition PS, tout en obéissant au PS au niveau communautaire ?

- Le poste de maire étant réputé comme pratiquement un plein temps, comment pourront-ils remplir authentiquement leur fonction rémunérée de vice-président communautaire, elle aussi réputée comme pratiquement un plein-temps, avec en plus leur vie professionnelle et privée ? Les citoyens contribuables pourront-ils vérifier leur assiduité ?

- Des sanctions accrues pour les chômeurs, et d'un autre côté la possibilité d'accumuler trois revenus (personnel, maire, vice-président), quelle est la doctrine politique qui soutient cela ?

- Vont-ils continuer à représenter au niveau communautaire les intérêts spécifiques de leur commune, jusqu'à risquer de perdre la rémunération que les élus brestois leur ont personnellement octroyée ?

- Vont-ils à présent accepter que leurs électeurs payent pour un tramway qui ne desservira pas leur commune périphérique, si cela fait partie des conditions de leur rémunération à eux ?

Tout cela pose le problème bien connu du manque de légitimité de toutes ces instances secondaires qui se multiplient en France. Je sais que François Cuillandre est d'accord d'ailleurs, lui qui s'est déclaré pour une élection au suffrage direct du Conseil communautaire, pour la transparence et le respect du citoyen, lui dont la section finistérienne du PS dénonçait récemment à-propos du président "un gouvernement de manoeuvres".

A un niveau plus philosophique, je crois qu'il faut maintenant reconnaître le divorce entre la vie électorale et le logos démocratique. Le logos démocratique, cela consistait à élaborer une doctrine politique, des jugements de valeur sur la société, des solutions à mettre en oeuvre, puis à les présenter aux citoyens électeurs. Mais s'il s'avère que les élus changent de camp juste après les élections, alors ces élections n'ont plus aucun autre sens que la promotion personnelle de ces élus.

C'est pourquoi je pense qu'il faut évoluer vers une pratique généralisée du référendum, ou de la votation comme disent les Suisses. Pour tous ceux qui envisagent la politique comme une activité culturelle au sens large menant à des décisions pour l'intérêt général, alors ce n'est pas un changement de majorité qu'il faut, c'est une évolution plus profonde, où les citoyens reprendront leurs billes.

Les arguments logiques ne peuvent changer selon les changements de rémunérations de leurs locuteurs, sous peine de devenir insignifiants.

Je pense qu'un changement profond est nécessaire, et qu'il doit se décliner sous de multiples aspects: culture, institutions, économie... et je pense toujours que le tramway n'est que le résultat pathologique d'une évolution malsaine de la vie politique brestoise, que nous avons un problème d'identité, de repères géographiques et de niveau culturel des élites, et surtout d'absence d'intérêt général.

Dans les prochains articles nous envisagerons quelques aspects de cette impérieuse nécessité de changer.


15/04/2008

Un Conseil communautaire de République bananière

J'ai devant les yeux la liste de pas moins de 24 nouveaux conseillers communautaires. 24 rémunérés pas moins de 2 437 euros chacun, ça faisait en tout 701 856 euros par an d'économies possibles pour l'agglomération brestoise.

Et après ça, on va nous dire bien sûr que "y'a plus de sous pour une nouvelle crèche ma pauv' dame" ou "les temps sont durs, on ne peut vous embaucher que quelques jours"...

Tous les partis politiques proposent leurs solutions pour l'emploi, toutes à considérer, mais y'en a-t-il un seul qui propose de fournir un deuxième revenu à ceux qui ont déjà un emploi, stable et bien rémunéré ? Les partis ne sont-ils pas devenus des machines à fournir des privilèges à des gens déjà privilégiés, et à employer des précaires gratuitement pour coller des affiches ?

Qui parlera de ce prolétariat de jeunes gens compétents qui gravitent autour des élus, et qui dans le secret de l'isoloir votent finalement contre leurs propres candidats, tellement ils sont dégoûtés, et en connaissance de cause ?

Quel organe de presse sortira de la bienséance d'une série d'interviews personnelles du genre "Je suis fier d'accomplir cette mission" ou "la tâche est immense mais je m'y attelle par dévouement pour mes concitoyens" ? Quel organe de presse osera publier des vérités outrageantes du genre "Jacqueline Héré s'est couchée à un tel point que cela embarrasse même ses collègues du Conseil communautaire" ou des stratégies plus subtiles du genre "Michel Briand délègue prudemment tous les sujets environnementaux à d'autres militants Verts afin de rester au mieux avec le PS" ?

Qui parlera des pratiques d'employeur voyou de certains élus actuels ?

Non seulement l'attribution d'un second revenu est en totale contradiction avec la précarité dans laquelle s'enfoncent nombre de Brestois méritants, mais en plus ce second revenu est attribué sans conditions de compétences, de résultats ou d'assiduité. Il s'agit donc non d'une bourgeoisie mais bien d'une aristocratie.

Qui dira les facilités dont bénéficient nombre d'entre eux pour s'absenter de leur lieu de travail, alors que pour beaucoup de nos concitoyens le moindre retard involontaire peut entraîner un licenciement ?

Au lieu de ces 24 attributions douteuses, il était possible d'embaucher 24 spécialistes au chômage, ce qui aurait été plus bénéfique pour l'économie brestoise, et aussi plus civique, plus efficace, plus solidaire.

En plus, quand on scrute le libellé des attributions, apparaissent des redondances douteuses. Ainsi :

- M. Huret est chargé de "l'économie", M. Briand de "l'économie solidaire" et M. Sarrabezolles de "l'emploi et de l'insertion"

- M Rioual est chargé de "la coordination de l'espace public (voirie, espaces verts, etc.)", et Mme Dubois des "espaces verts et espaces naturels sensibles"

- M. Rioual est chargé de "la coordination de l'espace public (voirie, espaces verts, etc.), M. Joanny des "transports et de la voirie", Mme Cibaud de la "propreté", M. Paul de "l'eau et de l'assainissement"

- Mme Bachelier est chargée de "l'égalité hommes femmes dans la vie locale", Mme Héré de "la démocratie et la citoyenneté"

- M. Caroff est chargé de "l'urbanisme et l'habitat", Mme Quiger du "logement social"

Il y a d'autres compétences qui se recoupent largement. D'autres ou la compétence de la personne par rapport au thème n'est pas plausible. Autant dire que chacun en a eu pour son argent. A ce point-là, on peut se demander si les dindons de la farce ne sont pas les élus qui n'ont pas obtenu de délégation, eux qui vont se taper des réunions à n'en plus finir sans rémunération.

Je parierais même que ceux qui restent conseillers de base sont ceux qui étaient déjà professionnellement les plus précaires.

Mais, par dessus tout, était-ce dans l'esprit de la Constitution de fournir de tels privilèges à des gens qui :

- refusent à leurs concitoyens un référendum

- refusent de publier la liste des actionnaires d'un grand chantier

- refusent de commander une étude sur les meilleures solutions possibles

Les limites de la bienséance sont franchies depuis bien longtemps, de l'honneur même dans le cas du Parti communiste (Jacqueline Héré, Maxime Paul, Gaelle Abily), mais quid des limites de la vraisemblance ?

Dans ces conditions, ne faut-il pas quitter Brest pour le périurbain, afin d'éviter de payer ces gens ? Ou pour tourner la question autrement, pourquoi rester dans la Communauté urbaine si on n'y profite pas personnellement d'un poste de vice-président ?

Je vois que beaucoup d'adhérents du réseau socialiste, qui sont dans des postes moins visibles de conseillers ou autres, ont quitté l'agglomération depuis bien longtemps. Cela ne les empêche pas de venir profiter de privilèges à Brest. Alors, pourquoi se gêner ?

Ces 24 vice-présidents, à la fois socialement aristocratiques et personnellement médiocres, n'incarnent-ils pas physiquement le manque d'attractivité de Brest par rapport au Pays de Brest ? Pourquoi ne parle-t-on que des motivations des ménages d'aller ailleurs pour trouver moins cher, et ne parle-t-on jamais des motivations des citoyens lucides de quitter Brest ?

Pourquoi quelqu'un de compétent et au chômage, qui aurait pu être embauché à la place de ces privilégiés, devrait-il rester à Brest ?

11/04/2008

Saudade de printemps

Bonjour à tous. Je me suis éloigné de ce blog quelques jours pour raisons personnelles, et je reviens en plus pour vous expliquer pourquoi je vais publier moins régulièrement désormais.

Premièrement, j'ai commencé à préparer un texte complet en préparation de la prochaine enquête d'utilité publique sur le tramway, qui reprendra de façon plus structurée des arguments présentés ici, et en inclura de nouveaux que j'ai découverts depuis. Ce texte fera au moins 200 pages.

Deuxièmement, j'ai décidé d'écrire un autre texte sur ce que c'est d'écrire un blog politique, sur les aspects de modération des commentaires que j'ai déjà évoqués, mais aussi sur le rôle culturel du blogueur isolé par rapport aux partis et aux élus, par rapport à la presse, etc. Cela s'étendra nettement au-delà du sujet tramway, aussi il sera publié à part.

Voilà, ces deux textes impliquent donc une quantité de travail importante, dans une disponibilité personnelle qui elle n'augmente pas.

Mais la véritable raison pour laquelle je n'ai rien publié pendant presque deux semaines, c'est que j'ai senti que "quelque chose a changé dans la force", pour parler comme Obiwan Kenobi. J'ai senti et je sens toujours un rapport de forces entièrement différent, et je vais avancer avec prudence pour découvrir ce nouvel univers brestois.

Je ne sais pas encore si ce changement est positif ou pas. A en croire certaines conversations, ça ne m'étonnerait pas d'entendre annoncer un de ces jours un nouveau référendum sur le tram. Il me semble percevoir une évolution importante des mentalités. Ca ne m'étonnerait pas non plus d'entendre un de ces jours l'annonce d'importantes régressions économiques pour Brest, qui ont été tenues au secret pendant la campagne des municipales.

Tous les partis politiques ont changé après les résultats, mais de façon surprenante, le PS semble presque autant fragilisé que les autres.

On savait déjà que les élus locaux ne servent en grande partie qu'à appliquer des décisions et utiliser des budgets de l'Etat, ce qui pose le problème de leur légitimité, surtout vu la complexité des niveaux géographiques, agences thématiques et autres sinécures dont ils aiment à s'entourer.

On savait aussi qu'arrivent généralement en tête les couches sociales déjà privilégiées, ce qui pose le problème de la légitimité de leur attribuer des revenus personnels supplémentaires, surtout vue la précarité croissante de nos concitoyens.

On savait enfin que se placent dans ces scrutins de listes des personnages sans véritable talent, mais qui s'autoproclament comme représentants de diverses catégories sociales, et qui gênent l'arrivée aux affaires des jeunes véritablement compétents. En effet la posture du "Tu m'acceptes sans aucune critique ou alors tu m'insultes" ne constitue en aucun cas une compétence et ne fait jamais avancer les dossiers.

Mais tout cela ça vaut pour toute la France. Il semble qu'en plus à Brest, la désignation de Gaelle Abily au poste d'adjoint à la culture en ait scandalisé, voire démoralisé plus d'un au PS. C'était la goutte d'eau, le coup de pouce en plus qui a fait déborder le vase. En plus des défauts précités, il y a en effet dans ce personnage-là un je-ne-sais-quoi d'assurance aristocratique qui donne naturellement des envies de révolution à ceux qui la fréquentent.

Oui, il y a des gens qui se placent, mais il y a des degrés de non travail et de non engagement politique qui peuvent devenir gênants pour les collègues les plus conciliants. Oui, si le PS à Brest sert à protéger la carrière de Gaelle Abily, certains et non des moindres se demandent si la provoc est tellement grosse qu'elle ne met pas en cause la légitimité du budget culture dans son intégralité.

Et beaucoup de concitoyens peuvent se demander si ce n'est pas devenu un impératif de quitter immédiatement Brest, pour aller dans une commune où ils ne donneront pas un sou d'impôt à un budget culture, et pourront ainsi consacrer la somme épargnée à l'achat de réalisations culturelles.

Quoiqu'il en soit, l'ambiance à Brest a changé. Le Conseil municipal apparaît beaucoup plus faible qu'il ne l'était précédemment, y compris dans l'opposition. Bientôt il faudra bien faire des prévisions budgétaires, et constater que la base fiscale s'amenuisant, le projet du tramway n'est plus possible.

Ce sera sans doute déchirant pour François Cuillandre. Sera-t-il capable de prendre une décision spécifique aux besoins brestois, sans s'appuyer entièrement comme à son habitude sur l'exemple de ce qui se fait ailleurs ? Ou le Conseil municipal sera-t-il obligé de le renverser ?

Certains le savent peut-être déjà au PS, les bruits et les rumeurs ne manquent pas.

Quoiqu'il en soit, ce blog repart, dans un environnement désormais différent, plus dangereux et moins prestigieux, mais plus novateur aussi, plus porteur d'espérance, et nous verrons bien comment il pourra évoluer.

Et vogue la nef. C'est le printemps. La mer des sargasses resplendit de dangers, de désirs et de mystères.


18/03/2008

Du respect de soi-même

Suite aux récentes élections, aura lieu prochainement à Brest la cérémonie de désignation du maire et de ses adjoints.

La presse aujourd'hui évoque M. Michel Briand pour une possible reconduction de son poste d'adjoint à la "citoyenneté et aux nouvelles technologies". Entendez par là l'Internet.

Outre que ce poste pourrait s'apparenter à une sinécure, vu que les Brestois ont tendance à pratiquer l'Internet sans lui demander son aide, nous rappelons que M. Briand est censé être élu vert, et que les Verts demandent la réalisation d'un bilan carbone partout où cela est possible.

Il s'agit d'une procédure officielle, dont le but est de calculer l'ensemble des émissions de CO2 d'un grand projet, construction et démantèlement compris, et pas seulement fonctionnement.

Dans le cas du tramway, cela inclurait donc le chantier, et pas seulement la circulation des rames.

La presse évoque également Mme Jacqueline Héré, du PCF, comme possible adjointe au quartier de Bellevue. Rappelons que Mme Héré s'est retrouvée seule face à un candidat PS au deuxième tour des cantonales de Bellevue, sans risque donc de victoire d'un candidat de droite. Elle s'est pourtant désistée face à l'autre candidat, en contradiction avec les principes du Parti communiste, qui demande un déplacement du centre de gravité de la gauche partout où cela est possible.

Mme Héré pourra peut-être en tant qu'adjointe peser pour faire évoluer les transports publics brestois vers la gratuité, c'est-à-dire dans l'intérêt des travailleurs pauvres et des chômeurs, ce qui semble être son opinion politique.

Rappelons à ce sujet que la gratuité à Brest est possible, le coût de la billetterie étant à-peu-près équivalent aux recettes des tickets de transport.

Je recommande donc à M. Briand de demander un bilan carbone, à Mme Héré de demander la gratuité des transports, et, si cela n'est pas accordé, de refuser ces postes rémunérés.

Surtout que, si je comprends bien, il s'agira pour eux d'un deuxième revenu.

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