14/12/2007

Le blues de Jean Quéméneur

Ce soir mon frère, j'ai le blues. J'ai le blues parce que la ville de Brest est comme un vieux piano, elle est usée, elle est désaccordée, on peut plus rien en tirer :



Il faut flinguer ce blog, mon frère, il faut arrêter. Parce qu'une rue piétonne sans tramway mon frère, c'est ringard, c'est dépassé, ça n'a pas d'humanité :



Il faut que tu retournes à la Mairie mon frère, que tu écoutes le révérend Brown qui est un saint homme, et tu communieras avec tes frères et soeurs du Conseil municipal dans l'adoration du tramway :



Et tu verras la lumière, mon frère. Tu comprendras que les hommes en noir de la Semtram sont venus pour purifier cette ville, et qu'il faut casser toutes ces voitures :



Parce que si tu ne retrouves pas le chemin du tramway, mon frère, alors l'apocalypse descendra du ciel, les chariottes à cheval sortiront de l'enfer, les voitures seront possédées, et il n'y aura plus que des musiciens blancs sur scène :



Et tu te retrouveras pour l'éternité au fin fond de Recouvrance, avec tous les Karguidouls, qui te tenteront et te forceront à rire et chanter, dans les cafés, et où les services sociaux sauront bien te trouver :



His name was Jean Quéméneur, and he was a bad, BAD boy.

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