30/06/2009
Bingo !
Comme la plupart le savent, sur la rivière Penfeld il y a le pont de l'Harteloire.
A son extrêmité ouest, ce pont se divisait depuis longtemps en deux voies : la rue Dupuy de Lome pour les véhicules qui remontent du pont; la rue Gallieni pour les véhicules qui descende vers le pont.
A l'occasion de la préparation du passage du tramway rue Dupuy de Lome, la circulation a été en partie concentrée sur la rue Gallieni, qui devient une rue à deux voies, montante et descendante.
Et bien ça n'a pas raté, la circulation est maintenant ralentie rue Gallieni, qui est plus souvent et plus longtemps encombrée. Donc, mathématiquement, plus de pollution atmosphérique, et plus de consommation de carburants.
Et bien sûr aucun capteur à cet endroit là, pour constater la nocivité des changements. Il est vrai que si l'on admet que c'est le promoteur du projet qui gère les instruments permettant d'évaluer son projet...
Les élus Verts de leur côté semblent absolument indifférents à cette augmentation de pollution. Le bruit pour les riverains les indiffèrent également. Ils continuent de percevoir de l'argent en tant qu'alliés du PS. La porte-parole des Verts Marif Lossouarn, celle qui a augmenté les tarifs des bus au profit du tramway et maintenant gagne de l'argent en siégeant au conseil d'administration du tramway, ne souhaite pas s'exprimer sur l'augmentation de la pollution.
Quand à François Cuillandre, il a maintenant gagné le titre de seul maire du monde qui pollue avant d'avoir commencé un chantier. Il est prof à l'UBO. L'adjoint aux grands travaux, lui aussi prof à l'UBO et même ex doyen de la fac de sciences, refuse toujours un bilan carbone du chantier.
Donc avis aux personnes concernées, le tramway ne peut pas améliorer la qualité de l'air à Brest, par contre il va polluer. C'est déjà patent. Et ce résultat scientifique ne pourra être dissimulé, même si la totalité de la société de connivence brestoise s'y met.
13:34 Publié dans Les pollutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : brest, tramway, pollution, verts
21/08/2008
Ad absurdum
Il y a plus d'un an, en commençant ce blog je publiais un article sur les pollutions atmosphériques dues à la circulation des véhicules à Brest, où je m'interrogeais déjà sur la nécessité d'implanter un tramway dans une ville qui n'est pas polluée, et j'y montrais qu' aucun capteur de pollution n'était prévu sur les voies concernées par le tramway.
Nous avons au Conseil municipal des profs de sciences, chercheurs, ingénieurs, écologistes, et curieusement il ne sont pas capables d'organiser des mesures aussi simples que la qualité de l'air sur le plus grand chantier dont ils ont la charge, et qu'ils justifient en grande partie par la nécessité d'éviter les pollutions. Ils continuent cependant à être bien payés en tant qu'élus, en plus de leurs bons revenus professionnels, en dépit de ce manquement à la déontologie scientifique et urbanistique : mesurer avant et mesurer après.
On continue de leur confier des étudiants. Je parierais même que dans leurs cours, réunions de travail, réunions politiques, etc., ils continuent à prôner sereinement la nécessité du bilan carbone, de mesures exactes, de la transparence, de la démocratie locale...
Pas de capteur donc le long de la ligne prévue, ce qui mystérieusement nous empêchera de savoir s'il elle aura amélioré la qualité de l'air. Et pas de capteurs non plus sur les voies qui recevront les voitures que la voie réservées au tram chassera. Pas de fausse information, mais un retrait discret des informations pertinentes. Je commence à être habitué au style du PS local.
Je trouve juste un peu triste que les militants verts acceptent que leurs élus s'y prêtent : refus de bilan carbone, refus de capteurs atmosphériques, refus d'étude de solutions alternatives, refus de référendum démocratique... le passif commence à être extrêmement lourd pour ces élus là. A une autre époque on les aurait qualifiés d'élus conservateurs hostiles à l'écologie, et au service de grandes entreprises qui veulent de grands chantiers. Mais où sont les Verts d'antan, mais que sont les militants de Plogoff devenus...
Dans l'article précédent je faisais l'effort d'apprendre comment sont effectuées les mesures atmosphériques. Je vous invite donc à le relire au besoin. Mais si parfois il est nécessaire de creuser les dossiers, parfois il faut au contraire aller dans le sens de la naïveté, et avoir recours au bon sens citoyen le plus basique. C'est ainsi qu'il m'est venu à l'esprit la simple considération suivante :
L'un des arguments présentés en faveur du tram est qu'il réduira les pollutions dues aux moteurs de bus. Soit, effectivement un tramway électrique ne pollue pas là où il passe. Mais la municipalité dit en même temps que la flotte de bus ne diminuera pas, et sera redistribuée dans d'autres parties de l'agglomération. Il y aura donc ajout d'un moteur non polluant et pas diminution des moteurs polluants. On en arrive donc à un chantier de transport en commun de plus de 400 millions d'euros, sans aucune diminution de la pollution atmosphérique due aux transports en commun.
Parfois j'ai l'impression de faire trop simple, de manquer quelque chose, tant l'absurdité de ce projet me choque.
A cela il faut ajouter les pollutions dues à un chantier énorme d'au moins trois ans, et après le chantier la pollution due au ralentissement des voitures sur d'autres voies. On peut bien sûr évoquer comme gain un hypothétique transfert de gens qui possèdent une voiture, et accepteraient de la laisser au garage pour aller moins vite et moins confortablement en tramway.
Et bien sûr, tout cela se passe dans une ville qui déjà n'est pas du tout polluée.
Dans de prochains articles, j'évoquerai la possibilité de placer un budget moindre dans une réduction beaucoup plus efficace des pollutions et de la consommation. Possibilité que bien sûr la somme dépensée dans le tram rendra impossible.
07:05 Publié dans Les pollutions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Pollution, Verts, PS, Brest
12/10/2007
La pollution atmosphérique
L'un des arguments avancés en faveur du tramway brestois est la nécessité de lutter contre les pollutions de l'air dues au trafic automobile. Si vous avez l'occasion de marcher l'été dans des villes comme Annecy ou Grenoble, vous comprendrez tout de suite à quel point le problème est sérieux.
Mais en est-il de même pour Brest? Depuis mes années de lycée, on me dit que Brest est l'une des villes les moins polluées de France. Et pour cause: nous respirons directement l'air océanique! Cela semble même être un lieu commun.
Pour en avoir le coeur net, j'ai recherché les mesures scientifiques actuelles sur quelques sites officiels.
Tout d'abord, l'indice qui sert de mesure officielle de la qualité de l'air urbain est l'atmo. L'atmo mesure quatre éléments:
- le dioxyde d'azote
- le dioxyde de soufre
- les poussières plus fines que 10 micromètres
- l'ozone
Il faut donc bien noter que de nombreux éléments qui font l'objet d'une surveillance (plomb, benzène, monoxyde de carbone,...) ne sont pas pris en compte dans l'indice atmo.
L'Etat délègue la responsabilité technique des mesures à des associations locales, chargées d'entretenir le matériel et de relever les données. Pour ce qui nous concerne, l'association Air Breizh dispose à Brest de trois stations (Nattier, C. Desmoulins, J. Macé). Le bilan de l'année 2005 (celui de 2006 n'est pas en ligne) montre des résultats bons à plus de 90%, le reste très bon ou moyen. Au moment de la canicule de 2003, il y a une alerte d'un seul jour sur un seul des capteurs, mais cela ne semble pas signifiant.
La qualité de l'air à Brest semble donc satisfaisante. C'est ce que confirme quasiment chaque jour la carte du site spécialisé de l'ADEME. Il est fort dommage d'ailleurs que la page concernée du site de la mairie de Brest ne le confirme pas, se contentant de généralités sur la méthode des mesures, et ne donnant pas aux citoyens les mesures elles-mêmes qui les intéressent. Cela gagnerait pourtant à être connu dans le contexte du débat sur le tram.
Lorsque sur une route à quatre voies vous réservez deux voies au transport en commun (une dans chaque sens), vous comprimez donc logiquement la circulation des voitures sur les deux voies restantes. Les voitures circulent donc plus longuement, polluent plus et consomment plus. Il s'agit en fait d'un pari sur l'avenir, et selon les villes ayant fourni leurs résultats, on observe au bout de plusieurs années des cas différents:
a) La densité de circulation des voitures reste la même. Vous avez créé un embouteillage.
b) La densité de circulation des voitures diminue sur ces voies mais reste la même dans l'agglomération, car elle se répartit ailleurs dans le périurbain. Vous avez diminué la pollution dans le centre-ville mais encouragé la consommation des longues distances en voiture.
c) Les voyageurs abandonnent leur voiture et prennent le transport en commun de la voie réservée. C'est un succès.
Bien sûr ces résultats sont à distinguer d'autres phénomènes locaux (délocalisations, implantations...), dépendent aussi de la nécessité qu'ont les usagers d'utiliser leur voiture (travail ou domicile loin de l'arrêt, travail nécessitant le véhicule...), et restent à interpréter selon l'intention politique de départ de la municipalité concernée.
Dans le cas de Brest, les tronçons en site propre de l'axe Nord-Sud étant en service depuis quelques années déjà, il serait intéressant d'y placer de nouveaux capteurs de pollution, afin d'y rechercher une éventuelle augmentation par rapport au reste de la ville, vu les ralentissements visibles à l'oeil nu. Cela à ma connaissance n'est pas fait. Concernant une éventuelle diminution des passages de voitures, les capteurs au sol existent et les statistiques doivent donc se trouver quelque part. Mais à ma connaissance elles ne sont pas mises à disposition de la population. Je ne puis donc pas porter un jugement sur ce début de ligne, le premier bilan écologique qui serait utile dans le cadre du débat sur le futur tramway n'étant pas disponible.
POUR CONCLURE: Sur l'argument de la qualité de l'air et sur cet argument seulement, entamer un tel chantier me semble pour le moment incongru. En l'absence de documents probants, une possibilité existe même qu'il cause une pollution supplémentaire, ce qui serait particulièrement désastreux dans le cas d'une ville non polluée. Tout cela n'obère en rien la justification du chantier selon d'autres arguments. Enfin, il convient de rappeler que, si nous respirons peu de pollutions dues à la circulation automobile, celle-ci est quand-même produite et se déplace ailleurs. La ville de Brest en ceci doit aussi prendre ses responsabilités quant à la qualité de l'atmosphère planétaire, dont elle n'est nullement séparée.

16:15 Publié dans Les pollutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ikea, Froutven, Capucins, Référendum, Tramway, Pollution, Brest







