25/09/2007
Pourquoi pas un poumon vert au centre de la ville?
Parfois on se fatigue à vouloir en faire plus, alors qu'il serait plus élégant et globalement utile d'en faire moins.
Le projet actuel prévoit une navette depuis l'arrêt situé près du pont de l'Harteloire vers le futur quartier des Capucins. On sait que cette navette ne sera pas un tramway, ce sera peut-être un véhicule s'alimentant le long d'une ligne électrique, mais rien n'est encore précisé.
Quelque soit la technologie retenue, on peut déjà douter de l'attractivité d'une telle ligne. En effet, l'usager, qui devra déjà attendre le transport en commun comme partout ailleurs à Brest, aura en plus la certitude de devoir s'arrêter quelques centaines de mètres plus loin pour prendre le tramway. On peut donc estimer que, dans bien des cas, il sera plus rapide de se rendre directement à pieds à l'arrêt de tram. Les personnes qui ne se rendront pas directement à l'arrêt de tram seront celles qui auront le plus de mal à marcher, et c'est précisément elles que l'on forcera à descendre de la navette pour prendre le tram.
Mais, rêvons un peu. Imaginons qu'à la place des projets plus ou moins aventureux concernant les Capucins, on profite de l'occasion pour créer une zone verte au coeur de la ville, à l'image de New-York, Stuttgart et autres.
Imaginons que, sur la partie Nord des Capucins, on implante les serres du Jardin botanique, actuellement peu mises en valeur et difficiles d'accès en haut d'un chemin escarpé du Stang al Lar, malgré un rôle dans la conservation de la biodiversité mondiale qui est majeur, et un énorme potentiel de valorisation de Brest en tant que métropole de recherche scientifique. Imaginons que, sur la partie Sud de ce site des Capucins, on implante simplement un bois de bouleaux, pour la promenade des Brestois.
Essayons de visualiser. Si vous vous placez sur le pont de l'Harteloire, vous voyez en premier un grand bâtiment neuf tout en vitres et en ferronneries, comme les serres de Laeken par exemple. Si vous vous retournez, vous voyez que les Capucins continuent la coulée verte des jardins de Penfeld et de Kervallon.
Plaçons-nous maintenant sur le pont de Recouvrance. Vous voyez toujours les remparts des Capucins, mais au lieu des ateliers s'élève un bois élégant, surplombant la rivière. Avec un peu d'imagination, vous vous apercevez que la disparition des ateliers met en fait en valeur les murailles de l'ensemble du paysage de Penfeld vu du centre-ville.
Oui, dans cette vision-là, on enlève les ateliers. On les enlève car la préservation du patrimoine industriel est en fait un piège. Ce que les touristes et les résidents apprécient, c'est d'une part le patrimoine naturel, d'autre part le patrimoine préindustriel. En conservant les équipements de l'âge industriel, une ville est lésée au profit de quelques experts qui passent une fois tous les dix ans filmer un documentaire. Une ville est empêchée de s'embellir. Il ne faut pas tout garder, et surtout pas ce qui est laid. Sachons nous dépouiller pour mettre en valeur l'essentiel de l'histoire de Brest.
Si l'on choisit pour les arbres des essences découvertes (par nous) à l'époque des grandes découvertes, des essences esthétiques susceptibles de refléter sur la rade les feux d'un été indien, alors on souligne encore plus, la vocation de marine scientifique de Brest.
Au centre d'un tel site se trouveraient quelques équipements de restauration discrets, incitant la population à venir marcher et apprécier sa ville. Ce site ne serait accessible qu'à pied et en transport en commun (sauf handicapés et utilitaires, évidemment), ce qui donnerait ainsi une attractivité majeure au transport public, une connotation très positive de repos, de civilité et d'ouverture d'esprit. Le triptyque transport collectif + serres botaniques + promenade avec point de vue constituerait ainsi une apologie de la protection de l'environnement et de la prise de conscience scientifique qui lui est associée, un peu comme certains efforts d'Océanopolis.
Seulement voilà, les caractéristiques du tramway l'obligent à passer loin des Capucins, et ce même si l'arrêt est appelé "Capucins". Et rentrer dans les Capucins pour en faire un quartier entièrement piéton et consacré à l'écologie, seul un bus pourra le faire.

17:00 Publié dans La ligne Capucins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ikea, Froutven, Capucins, Référendum, Tramway, Ecologie, Brest






