27/06/2009

Sauvons le Restic

On parle ce matin dans la presse de la décision de la majorité PS de saccager la vallée du Restic. Analysons un peu.

 

D'abord, commençons par nous méfier. C'est toujours une bonne méthode en politique de se méfier. Observons le calendrier. Le grand public voit les événements politiques arriver comme ils subissent la météo, mais les politiques eux choisissent leur calendrier quand ils veulent montrer quelque chose au public.

 

Ce débat sur le Restic arrive juste en même temps que la fin de la procédure d'enquête publique sur le tramway. Moyen peut-être commode de détourner l'attention des citoyens sensibles à l'environnement, au moment où l'on démarre un grand chantier sans étude indépendante des conséquences sur la pollution atmosphérique, sans étude indépendante de la solution alternative de recyclage des déchets. Peut-être aussi moyen commode pour quelques élus "écologistes" de montrer qu'ils savent s'opposer au PS, tout en continuant à recevoir de l'argent en tant qu'adjoints du PS, tout en renonçant aux principes élémentaires de l'écologie politique évoqués ci-dessus. Une petite larme pour les petits zoizeaux, et on oublie le bilan carbone.

 

Ensuite, constatons l'inélégance du projet. Un tel fouillis alors qu'une voie de contournement devrait être simple et rapide est immonde. Normalement, dans la vie courante, il y a les ingénieurs qui font correctement, et les ingénieurs qui font avec élégance. François Cuillandre lui c'est une catégorie d'exception à lui tout seul : c'est l'ingénieur qui fait avec inélégance. Carène, trajet du tramway, voie de contournement, bibliothèque centrale, tout ce qu'il réalise donne la nausée.

 

Enfin, demandons nous pourquoi une vraie voie de contournement au nord de l'agglomération est refusée depuis si longtemps, et pourquoi ce réseau alambiqué de petites bretelles reçoit tant de financement. Une vraie voie de contournement réduirait encore plus la circulation dans Brest, et rendrait encore plus ridicule le projet de tramway, censé offrir une alternative au problème de l'invasion des voitures, dans Brest grande mégalopole mondiale océane.

 

Je plaide pour ma part pour une voie de contournement très élargie, à l'est de guipavas, au nord de Gouesnou, au nord de Guilers, à l'ouest de Plouzane. Il me semble que c'est la meilleure solution, pour rendre la circulation plus fluide, c'est-à-dire réduire la pollution et la consommation tout en réduisant les temps de transport. Plus dans le détail, cette grande voie périphérique offrirait à mon sens les avantages suivants :

 

- Meilleur accès de tout le Finistère nord vers et depuis l'aéroport

 

- Meilleur accès de tout le Finistère nord vers et depuis l'hôpital, par une bretelle quasiment dédiée

 

- Meilleure répartition entre les bretelles pour les zones extracommunautaires, les communes périphériques et Brest

 

- Meilleur approvisionnement des grandes surfaces et entreprises par les camions

 

- Meilleur désenclavement de l'ouest de l'agglomération

 

- Meilleur désengorgement de la ville centre

 

- Meilleure protection environnementale du semi-rural communautaire

 

- Et même avec un nouveau pont quelque part à l'ouest de Landerneau, un désengorgement du pont de Plougastel, et une meilleure liaison entre nord et sud Finistère.

 

Mais bon, les bonnes solutions, l'écologie authentique, c'est pas vraiment une préoccupation pour nos élus. On pourrait parler du saccage de la falaise de Porstrein aussi. Pas de nouvelles de nos élus Verts là-dessus? Ah c'est bizarre je croyais qu'ils savaient s'opposer au PS pour préserver les sites intéressants.

 

Citoyens, comme plusieurs d'entre vous l'on fait remarquer, vous avez été embringués dans une opération de comm du PS, avec cette histoire à la con de Variante 1 et Variante 2. Comme on peut le voir dans d'autres parties de Brest, les gens qui ont du bon sens commencent à s'organiser sans les élus. Continuez la pétition. Nous avons le droit à un environnement de qualité.

 

 

04/09/2008

De l'air et du sens de la mesure

Suite à mon article "Ad absurdum" regrettant l'absence de mesures de la qualité de l'air, plusieurs lecteurs m'ont fait remarquer qu'une campagne de mesures a bien eu lieu en mars dernier, dûment annoncée dans la presse, et que d'ailleurs j'en avais moi-même parlé en son temps.

Vous pouvez éventuellement relire l'article à ce sujet d'Yves-Marie Robin, un auteur canonique en matière de tramway.

De là à interpréter que Trollibus déconne et qu'il perd la mémoire, il n'y a qu'un pas qu'il serait logique de franchir. Trollibus, pas fiable donc. Ecrit trop vite, ne vérifie pas ses sources... Maintenant, si on prend comme clé de lecture que le style du PS local n'est pas l'agression directe du citoyen, mais l'omission, le retrait des informations et autres moyens permettant au citoyen de participer au pouvoir, on peut percevoir cette récente campagne de mesures d'une autre façon.

Ce qu'il faut bien comprendre en premier, c'est que la campagne de mesures de la qualité de l'air de mars dernier n'a été réalisée strictement que parce que la Semtram était contrainte de la réaliser. Il s'agit en effet de l'obligation réglementaire de présenter une étude d'impact avant l'enquête d'utilité publique. S'il n'y avait pas eu cette contrainte démocratique, il est fort probable que ces mesures n'auraient jamais été réalisées. Puisque l'excellente qualité de l'air à Brest est l'un des critères qui invalident le projet de tramway.

On peut remarquer également que cette obligation provient de l'Etat par la loi, et retourne à l'Etat par l'obligation d'obtenir l'autorisation du Préfet en fin de procédure. La municipalité n'a aucun moyen d'y déroger. C'est le moment précieux d'une éclaircie fugace qui troue la chape de plomb de la domination du PS brestois, et l'on peut saisir à quel point cette éclaircie a été imposée, avec quelle énergie les nuages on fait ce qu'ils pouvaient pour recouvrir chaque recoin disponible, puis vite récupérer le bout de ciel perdu.

Ensuite, il faut savoir que d'habitude, lorsque les municipalités décident de mesurer la qualité de leur air, elle font appel à des organismes extérieurs agréés pour cela, que l'on appelle "Associations agréées de surveillance de la qualité de l’Air". De cette façon une municipalité ne peut être juge et partie pour l'estimation du succès de ses politiques d'urbanisme.

Ici, c'est la Semtram elle-même qui a réalisé les mesures. Cela ressemble à un promoteur qui s'improvise expert pour certifier son propre chantier. Dans ces conditions, puisque les mesures sont de nature à ridiculiser le chantier, on peut estimer qu'un promoteur serait tenté de :

- Placer les capteurs dans des endroits moins pertinents mais où l'on peut recueillir un petit peu plus de pollution

- Oublier une partie des mesures qui montrent une qualité de l'air excellente

- Orienter la simulation informatique de façon à trouver une utilité au tramway

Evidemment, la Semtram ne ferait jamais ça. Ce n'est pas un promoteur véreux se goinfrant sur un marché public. On est à Brest quand-même. Mais on peut toutefois penser qu'il aurait été de son intérêt de falsifier les résultats.

Mais le plus important, c'est que puisque ces mesures n'ont été réalisées que par la contrainte démocratique et non par une volonté sincère des élus d'améliorer l'atmosphère de leur ville, il n'y a aucune intention de réaliser des mesures après l'enquête publique.

Ainsi seront tues, retirées, omises, les données sur :

- La qualité de l'air pendant le chantier, avec ses poussières, ses machines...

- La qualité de l'air dans les voies où seront redirigées les voitures, donc par ralentissement la probable création de pollution

- La qualité de l'air sur les voies du tramway après le chantier, donc l'absence total de gain

Donc, je le confirme, ce projet évite volontairement la mesure des données pertinentes pour l'agglomération, et causera à court et à long terme une augmentation des pollutions, dans une ville dont l'un des avantages est l'exceptionnelle qualité de l'air.

Et ce projet est protégé par beaucoup de scientifiques de l'UBO proches du PS, ainsi que par les Verts qui se disent motivés par la critique des grands chantiers en vertu de l'impact environnemental global.

14/04/2008

Le cas de la vallée du Costour

J'ai été sollicité pour donner mon avis sur l'aménagement de la vallée du Costour. Vous pouvez consulter le site de l'association qui milite pour un changement du projet actuel d'urbanisation.

Je vais sûrement en décevoir plus d'un en ne donnant ici qu'une réponse ingrate et incomplète.

Ingrate tout d'abord parce que, cette zone n'étant pas desservie par une ligne de bus, et ne possédant pas de voiture, je n'ai pas pu m'y rendre pour la visiter. Oh bien sûr ce n'est pas élégant de dire qu'on n'a pas pu se joindre à tous les gens importants qui y ont manifesté ou s'y sont fait interviewer, mais c'est aussi un acte citoyen car, tant que le Costour ne sera pas desservi, je considère qu'il s'agit d'une zone pour des gens qui ne s'occupent pas d'écologie dans leur quartier de résidence, mais veulent une zone non occupée par les autres pour leurs loisirs.

Bref, le cas classique des riverains qui militent pour une interdiction de l'accès à la nature aux plus pauvres. Ce genre de militance pseudo-écologique est malheureusement endémique dans tout le Pays de Brest.

Mine de rien, on touche aussi un autre défaut du projet de tramway, c'est qu'il n'est pas fait pour un accès aux zones de promenade mettant en valeur la ville.

Mais puisqu'il y a urbanisation tout autour de cette vallée, alors j'ai tendance à privilégier l'accès des nouveaux riverains à pieds. Cela entraîne logiquement un aménagement pour accueillir un plus grand nombre de visiteurs.

De plus, au risque de surprendre, je considère que l'aménagement des espaces verts est l'un des succès de la municipalité socialiste sur la longue durée, et j'aurais tendance à leur faire plutôt confiance sur ce thème. Eh oui, quand un résultat est bon, il faut le reconnaître.

Enfin, et c'est seulement mon avis personnel, je considère que le moyen de transport véritablement civilisateur, celui donc qui doit recevoir la priorité sur tous les autres en matière d'urbanisme, c'est la marche. Or, la juxtaposition de marcheurs qui recherchent la tranquillité et de VTT qui recherchent l'effort est une incivilité. Essayez de vous promener entre des VTT, vous comprendrez vite.

Concernant la biodiversité, là il faut rappeler quelques principes rationnels. Tout d'abord, on ne protège pas des individus, mais des espèces. Et ces espèces sont dûment répertoriée, elles ne relèvent pas de l'intuition du beau ou du "mignon". Si une espèce est protégée, il faut modifier les plans d'urbanisme. Dans d'autres cas, une espèce pullule et met en danger d'autres éléments de l'écosystème, alors on peut tuer des individus. A l'heure actuelle, il apparaît plus pertinent de placer des logements dans l'agglomération brestoise, plutôt qu'à l'extérieur où certains biotopes sont plus intéressants. Il serait aussi intéressant d'explorer les possibilités de protéger certaines espèces dans la ville elle-même, les espèces très compatibles avec l'écosystème humain, comme par exemple les chouettes ou les renards.

Dans tous les cas, une fréquentation par des riverains à pied m'apparaît beaucoup plus propice à la préservation du patrimoine écologique de la vallée du Costour qu'une fréquentation par des automobilistes qui sortent leur VTT de leur coffre.

Donc, pour le moment, je suis plutôt favorable aux aménagements prévus par BMO.

Concernant l'habitat prévu pour les riverains, cette association me semble avoir raison sur l'indigence des projets d'écoconstruction prévus par BMO. Cela est évident aussi dans le cas des Capucins, et dans des réalisations récentes de pavillons orientés au nord, par exemple. Il est également reconnu au niveau national qu'une amélioration de l'habitat, à somme égale, serait beaucoup plus efficace pour l'environnement qu'un site éolien ou un projet de tramway.

Cependant, quand cette association propose "Des petits immeubles, et non plus par des maisons collées à la vallée", j'attends que l'on me prouve que ces militants renoncent à leur propre pavillon individuel avant de demander du collectif pour les autres. Et un rapprochement de la vallée ne constituerait-il pas une incitation à s'y rendre à pied ?

Tant qu'à faire, pourquoi ne pas proposer, pour les Brestois qui ont besoin d'un nouveau logement, un camp encore plus éloigné en toiles de tentes biodégradables, et, pour ceux qui ont déjà une maison et un VTT, une grande zone de parking entre les deux ?

Voilà l'état actuel de ma réflexion. Elle n'est pas définitive, car les plans d'urbanisation de BMO pour ce secteur ne sont pas mis en ligne de manière transparente par BMO. Et ce malgré la présence d'un vice-président fortement rémunéré, supposé chargé de la citoyenneté par Internet, supposé élu des Verts.

A une plus grande échelle, la ceinture verte déjà bien développé à l'ouest de l'agglomération reste à développer à l'est. Il faudrait ménager des voies pour la migration des espèces entre le Stang Al Lar et l'anse de Kerhuon, comme le dit très justement cette association.

Sur les travaux actuels de canalisations, eh bien, le Froutven étant construit, c'était évidemment beaucoup mieux de les réaliser que de ne pas les réaliser. De ce point de vue là l'inconfort passager de quelques vététistes me semble complètement à négliger. Et la flore puis la faune reprendront leurs droits une fois le sol stabilisé.

Enfin, pour tout ce qui concerne la préservation de la nature, je vous invite à visiter le site de Bretagne vivante, association que je trouve trop scientifique et pas assez amatrice souvent, mais qui saura vous orienter sur les sites à visiter.

Vous pourrez également les consulter sur les espèces à protéger au Costour.

Il se peut que je change d'avis prochainement... quand BMO voudra bien publier ses projets à la disposition de la réflexion de ses citoyens.

21/03/2008

Capteurs pour la forme

Hier, le quotidien Ouest-France publiait un article sur la pose de multiples capteurs environnementaux le long de la ligne de tram.

Au premier abord, cet article ne pose aucun problème. Quoi de plus naturel en effet que d'effectuer des mesures avant un chantier. On pourrait se dire que Trollibus ne devrait quand-même pas s'en prendre à ça aussi.

Pourtant, à la relecture, certains détails m'ont paru étonnants.

On y apprend par exemple qu'en juin dernier, le sous-sol a déjà été sondé. Je m'étais déjà inquiété sur ce blog de la qualité des sols de la rue de Siam et du bas de Recouvrance, qui sont constitués de gravas de guerre amassés à la hâte, et des probables affaissements au fil des années dues aux vibrations du tram qui est de ce point de vue un véritable train, donc des immobilisations de lignes et des frais de travaux à prévoir. Mais cette étude, je ne l'avais trouvée nulle part.

Aujourd'hui, peut-on consulter cette étude ? Où peut-on la trouver ? Quels sont les résultats prévisionnels pour le tronçon Siam - Recouvrance ? Mystère et boule de gomme. On ne peut que constater que l'étude n'a pas été publiée pendant la campagne électorale, ni même son existence évoquée, alors qu'elle était disponible.

On apprend aussi que la qualité de l'air est mesurée autour de la ligne. Bon, pas de problème.

Mais une petite phrase indique que : "L'air est déjà de bonne qualité à Brest. Nous avons cette chance. L'arrivée du tramway améliorera un peu les choses. Mais ce sera minime." C'est là qu'on voit à quel point ce projet est peu adapté à la ville de Brest. L'air y étant systématiquement bon selon les mesures officielles.

Une ville comme Strasbourg par exemple avait atteint un tel niveau de pollution en son centre-ville qu'il fallait absolument faire quelque chose contre les voitures. Aujourd'hui, une diminution appréciable de la pollution est atteinte au centre-ville de Strasbourg. C'est donc un vrai succès du tram. Mais comme le centre-ville n'existe pas dans un univers séparé du reste de l'agglomération, on a aussi constaté une augmentation de la pollution plus à l'extérieur, d'une part par un ralentissement des voitures bloquées par les lignes de tram, d'autre part par un rallongement des trajets des particuliers qui évitent le centre-ville.

Ici à Brest, des capteurs sont donc placés autour de la ligne de tram, là où on est certains de constater une diminution du trafic de voitures, mais pas sur les axes extérieurs de l'agglomération, là où on est certains de constater un report du trafic de voitures. Pourtant c'est un phénomène que connaissent tous les urbanistes.

Enfin, l'article du Ouest-France précise que les capteurs seront très vite retirés. On n'est donc pas sûrs qu'il y en aura pour mesurer l'impact du chantier, tant en termes de qualité de l'air qu'en termes de bruit. Y aura-t-il des mesures uniquement pour les moments propres, avant et après les travaux ? Pour un chantier qui durera au moins trois ans, ne pourrait-on pas s'inquiéter un peu plus de la santé des gens qui travaillent à proximité, par exemple en leur donnant maintenant une estimation des poussières qu'ils vont inhaler ?

Par acquis de conscience, j'ai relu l'article du Télégramme équivalent, dans l'édition du jour précédent. Et là, je me suis aperçu que c'est la Semtram elle-même qui dirige les mesures, ce qui n'est pas révélé explicitement dans le Ouest-France. C'est donc bien la partie la plus intéressée qui est autorisée à conduire les études d'impact environnemental du chantier qui la fait vivre.

Pour le reste de l'agglomération, c'est un expert indépendant. Mais pour le chantier de la Semtram, c'est la Semtram.

Et là, on ne peut que constater que les études qui peuvent être gênantes, comme celles du sous-sol, ne sont pas publiées, et que les études des périodes (chantier) ou lieux (axes extérieurs) qui verront une augmentation de la pollution ne sont pas prévues.

Dans ces conditions, c'est avec un sourire que j'ai relu la phrase du journaliste de Ouest-France : "Les spécialistes brestois du transport en commun en site propre ne sont pas trop inquiets quant au bilan final. Les résultats devraient être bons". La Semtram publiera-t-elle un jour des résultats contraires aux intérêts de la Semtram ? J'attends de voir.

En attendant, tant que les analyses d'impact environnemental ne seront pas effectuées par un expert indépendant et les résultats officiellement publiés, ce projet m'apparaîtra insuffisamment transparent.

Au fait, je vais me répéter mais, si on pouvait connaître la liste des actionnaires de la Semtram, ce serait bien quand-même... enfin ça ferait pays normal, quoi...

27/02/2008

Mais où est passé le bilan carbone ?

Difficile de faire de la vulgarisation scientifique, on a toujours peur d'omettre un paramètre important, en voulant faire trop simple.

Heureusement, Trollibus se lance une fois de plus dans cet effort risqué, pour son public bien-aimé.

Supposons que vous vouliez acheter une machine à café. Vous vous demandez si elle sera de qualité, si elle fera bien du café, si elle durera longtemps, si elle consommera beaucoup, etc. Ce sont là des préoccupations légitimes. Mais ce sont des préoccupations pour vous, de votre point de vue en tant que consommateur, évidemment puisque c'est vous qui achetez.

Du point de vue de la planète par contre, l'impact de cette machine à café ne se résumera pas à son fonctionnement chez vous, car sa fabrication avant d'arriver chez vous, et son traitement en sortant de chez vous, lorsque vous aurez décidé après plusieurs années de la mettre à la poubelle, supposent aussi un certain coût à l'extérieur de chez vous, une certaine dépense énergétique, une certaine pollution, une certaine main d'oeuvre, etc. Cela est assez évident.

Si l'on voulait être vraiment politique, on pourrait se demander aussi d'où vient le café qui passera dans la machine, comment il a été transporté, quel effet son rejet aura sur la nature, etc.

Les deux points de vue sont assez légitimes. Celui du consommateur, puisqu'il est chargé de veiller à son ménage et non au bien-être de l'humanité entière, celui de l'écologue, puisqu'il est censé protéger l'écosystème, qui in fine nous permet de vivre.

Supposons maintenant qu'un éolienne s'implante dans une commune rurale. La population pourra se demander si ça vaut le coup, si ça fait du bruit ou pas, si ça ne modifie pas trop le paysage par rapport au gain en énergie propre. Mais même pour un instrument supposé écologiste comme une éolienne, il faudra aussi que l'écologue scientifique qui veut être complet prenne en compte sa fabrication et son démantèlement. Eh oui, même les technologies écolo produisent une pollution !

Cette préoccupation de l'impact complet, c'est ce qu'on appelle l'écobilan, ou analyse du cycle de vie d'un produit. Les pouvoirs publics, dans notre 21ème siècle, se doivent absolument de publier l'écobilan de leurs choix d'urbanisme. Les citoyens n'en ont pas vraiment le devoir, mais les pouvoirs publics, si.

Pour le tramway, cela s'applique également. Certes la population pourra se demander seulement si ce n'est pas trop cher par rapport au service rendu, mais le responsable public devra se demander, tôt ou tard, quel est l'impact sur la planète de la construction et du démantèlement du tramway, sur le long terme.

La France, toujours en retard dans le domaine écologique, ne fournit pas encore de procédure publique pour un écobilan complet, comprenant la totalité des matériaux utilisés, mais a tout de même réussi à officialiser une mesure concernant les émissions de carbone, qui s'appelle donc le bilan carbone. Il s'agit bien du bilan de la totalité du carbone émis, y compris dans la fabrication, y compris dans la destruction, et pas seulement dans l'utilisation.

Et c'est là qu'à Brest il y a carence. Pour un chantier aussi massif que le tramway, comprenant des milliers de déplacements en camion, des tonnes de matériaux, de nombreuses machines de travaux publics... apparemment aucun fonctionnaire n'a été chargé de calculer et publier le bilan carbone que cela entrainera.

Pourtant l'ancien directeur et fondateur de l'agence locale de l'énergie, M. Paul Rocuet, a récemment été recruté par la Mairie, mais le maire ne semble pas avoir fait la liaison entre le recrutement de l'ingénieur compétent et la mission évidente.

Cette carence est encore aggravée par la présence de Verts dans la majorité. Peut-on se qualifier d'écologiste et de démocrate, en 2008, sans fournir l'ombre d'un début de bilan carbone aux citoyens, rien n'est moins sûr.

Cela est encore plus préoccupant si l'on songe à l'option de l'achat de bus propres, par exemple au biogaz. Se pourrait-il que le seul chantier du tramway, sans parler de son fonctionnement, implique un bilan carbone monstrueux par rapport à l'option bus propres ?

Se pourrait-il même que le seul chantier de ce tramway entraine un bilan carbone monstrueux par rapport à une continuation avec les bus actuels ?

Et même en restant dans l'option tramway, combien d'années faudra-t-il pour que les émissions de carbone du chantier soient compensées par le fonctionnement à l'électricité du tramway ?

Moi je n'en sais pas plus que vous, je n'ai pas les moyens de mesurer. Par contre je sais qu'il faut absolument le savoir. Et qu'on est en droit de l'exiger.

Tant qu'il n'y aura pas de bilan carbone prévisionnel du projet de tramway brestois, dument publié sur le site de la Semtram ou celui de la mairie, je considérerai, à titre personnel, qu'il y a vice de forme.

Seulement en prenant connaissance du bilan établi par des professionnels, je pourrai alors exprimer une opinion sur l'impact du tramway sur la planète. Et encore, comme il a été dit, cela ne concernera que le carbone. Pas les gravats, et toutes les autres substances difficiles à traiter.

En 2008, dans un pays développé, entamer un grand chantier sans avoir fait un bilan carbone, c'est complètement insensé. Franchement ce projet m'apparait de plus en plus insensé. Je suis perplexe.

06/12/2007

Inauguration de la galerie photos

Suite à ma proposition de simplifier l'aménagement des Capucins, d'y installer les serres du jardin botanique actuellement peu mises en valeur en haut d'un chemin escarpé du Stang al Lar, de faire du site un parc paysager, un poumon vert parcouru par une ligne de bus, je viens d'ajouter à ce blog une galerie de photos sur des réalisations comparables ailleurs dans le monde.

Cela vous donnera une idée de ce que nous perdons à cause du bétonnage choisi par nos élus. Rappelons aussi qu'y implanter des serres serait beaucoup moins cher, beaucoup plus prestigieux pour la ville, et correspondrait beaucoup plus profondément à sa vocation pour le 21ème siècle.

La ligne de tramway remontant de Recouvrance à l'arrêt dit "Capucins" ne passera nullement dans les Capucins, mais au contraire interdira son accès direct par une ligne de bus depuis le centre-ville, rendant du coup ce nouvel espace beaucoup moins attractif. Une navette dont on doit ressortir dès le premier arrêt n'est en général pas considérée comme attractive. Le tramway encouragera donc la voiture, ce qui empirera un problème de stationnement déjà reconnu comme grave par l'architecte Fortier, qui déclare que les élus l'on contraint à diminuer le nombre de places de stationnement, tout en choisissant d'y accumuler le nombre d'usagers professionnels et privés.

Nous avions au contraire l'occasion de créer dans cette zone plutôt difficile d'accès une aire sans voitures (sauf utilitaires, scolaires et handicapés), consacré à la promenade des Brestois, à la culture scientifique et à la civilité urbaine. Cela n'aurait en rien empêché la construction de logements ailleurs, et la répartition des activités de nouvelles technologies dans des endroits plus compatibles. Au contraire, cela aurait donné un plus décisif à la ville de Brest, un signe identitaire de qualité, incitant de meilleure manière entreprises et particuliers à venir s'installer dans l'agglomération. On peut même escompter que cela aurait donné le coup d'envoi d'une rénovation des alentours des Capucins, la véritable priorité de Recouvrance à mon humble avis.

Cet album a vocation à s'enrichir de vos contributions. Si vous avez connaissance de belles réalisations de ce genre, n'hésitez pas à me les indiquer par courriel. Je chercherai alors des photos libres de droits sur le site que vous m'aurez indiqué, et les inclurai dans l'album.

Pour chaque site retenu, il y aura 2 vues externes des serres, et 2 vues internes. Une priorité sera donc donnée à l'architecture des serres, plutôt qu'à la botanique. La taille préférée sera de 800 x 600, au format jpg.

Vous pouvez donc commencer à consulter l'album, on y accède par le haut de la colonne de droite.

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