14/07/2008
Le naufrage de Brest 2008 (1)
J'ai longtemps hésité avant de publier cette série d'articles sur Brest 2008, notre grande fête nautique. C'est vrai que ça fait du bien, intuitivement, de voir de l'activité à Brest, des touristes dans la rue de Siam, des bateaux qui naviguent dans la rade, etc. Mais il faut aussi prendre ses responsabilités et parler un peu d'économie, car Brest 2008 a un coût, et le déclin brestois justifie que l'on parle des coûts.
Vu le prix du tramway à venir qui poussera le budget brestois loin dans ses limites, on pourrait s'attendre à ce que les dépenses non indispensables soient réduites partout, mais ce n'est visiblement pas le cas.
Signalons tout-de-même que notre PS local a réussi l'exploit d'organiser la même fête que Rouen, immédiatement après et non quelques semaines après, dans une ville qui est plus éloignée des visiteurs potentiels du bassin parisien, et que sachant cela le ticket d'entrée monte quand-même à 13 euros à Brest, comparé à la totale gratuité de l'Armada de Rouen. On peut donc se poser des questions sur le bon sens commercial, ou même le sens des responsabilités de nos édiles.
Ce doute s'accroît lorsque l'on apprend que les éditions précédentes à Brest s'étaient soldées par un déficit important. Pour cette édition, deux directeurs de Brest 2008 ont déjà démissionné dans les mois précédents, mais notre bon maire a voulu continuer, car il aime beaucoup tout ce qui est amusant et contribue au déclin de la ville. Cette année, il a décidé d'augmenter la subvention, comme ça la charge sur le budget se verra moins après.
Nous arrivons donc pour Rouen à un budget de 8 millions d'euros pour environ 10 millions de visiteurs, avec environ 3 millions de subventions, et pour Brest à un budget de 12 millions d'euros pour environ 500 000 visiteurs, avec environ 3 millions de subventions. Et ceci dans l'hypothèse d'une absence de déficit à Brest, le budget de l'Armada de Rouen étant déjà équilibré. Le résultat, évidemment, c'est que l'économie de Rouen dans son ensemble profitera beaucoup plus de sa fête nautique.
Mais à Brest, selon notre maire François Cuillandre les déficits ne comptent pas, car Brest 2008 ou les fêtes précédentes sont un investissement, point. Il paraîtrait que ça attire des entreprises. A ma connaissance, les seules entreprises que cela attire sont celles qui sont déjà implantées, qui louent une embarcation pour faire faire à leurs employés quelques ronds dans l'eau. Et puis, je ne vois pas trop en quoi un décideur rationnel devrait s'inspirer de l'existence d'une fête nautique en juillet pour prévoir une activité économique le long de l'année.
J'y suis allé, à Brest 2008. Je ne sais pas si c'est la lassitude de voir à chaque fois la même chose depuis Brest 92, mais j'ai trouvé l'ensemble médiocre, un peu en-dessous de la moyenne, comme tout ce que fait François Cuillandre. La plupart des grands bâtiments, principale attraction, ne sont pas venus. A Rouen, ils y étaient. Et puis il y a la présence de quelques navires modernes qui font tâche parmi les vieux gréements, et qui pendant de longues heures font un bruit industriel, ce qui gâche un peu l'ambiance vacancière.
Mais c'est surtout le site qui pose problème. Ce site est un mélange de commerces sans grande esthétique et d'équipements industriels vétustes, ce qui donne l'impression d'une ville de seconde catégorie, inappropriée pour le tourisme. Ceci est à comparer aux quais de Rouen, qui offrent un accès direct au centre-ville, contrairement à notre cirque (au sens géographique) qui rend l'accès difficile au reste de la ville, avec en plus le prix du ticket :
Comme si cela ne suffisait pas, il y a les réalisations "artistiques" du PS au port de commerce, les fresques de Paul Bloas et la Carène, qui donnent au tout un aspect hideux, un peu inquiétant. Le pavement est lui franchement de mauvaise qualité : des gravats, des creux et des bosses, à la limite de la sécurité pour les enfants, les personnes âgées, les handicapés. Le surcroît de subventions imaginé par François Cuillandre pour masquer le déficit aurait pu servir pendant les 4 ans de préparation à améliorer le pavement, ce qui aurait servi toute l'année, mais non, c'était Brest 2008 et rien que Brest 2008, rien pour le long terme et l'intérêt général. Mais bon, puisqu'il nous dit que c'est un "investissement" pour la ville...
Cette année il y a une nouveauté, le nouveau petit port de plaisance sur le côté ouest. Assez attractif si les accès n'apparaissaient pas si peu finis, voire dangereux par endroits. Etant passé à marée basse, j'ai pu prendre cette photo dans un coin :
Eh oui, c'est censé représenter le dynamisme et l'attractivité de Brest auprès du public extérieur, mais à marée basse on voit un amoncellement de déchets. Très seyant en effet à notre époque d'écologie.
L'étrange conception de l'attractivité touristique par notre PS local ne se limite pas au site portuaire. En bas de la rue de Siam, plaque tournante pour les déplacements vers le port, on peut voir sur le rond-point ceci, qui visiblement est volontairement conçu pour être moche et désagréable :
Autant dire que le message pour le touriste moyen est : "Vous avez bien fait de venir à Brest, on fait la même chose que les autres, en moins bien et en plus cher, et en plus on aime bien ajouter des trucs moches et pas sérieux pour que vous repartiez avec une moins bonne impression".
Mais le plus symbolique que j'ai trouvé, c'est cette sculpture devant la librairie Dialogues, haut-lieu de la vie culturelle brestoise, qui représente si j'ai bien compris un guignol sur une épave :
C'est un peu cela, l'avenir de Brest sous le règne du PS. C'est bien trouvé. Sauf que nos élus continueront à toucher plusieurs revenus et sont assurés de leurs multiples retraites, quelle que soit la médiocrité de leurs résultats.
Mais pour cette année, Brest 2008 aura-t-il donné l'image d'une ville dynamique, ou d'une ville en-dessous de la moyenne, et qui de surcroît en rajoute, semblant se complaire dans une forme de déclin lent, et dans une inattractivité plus ou moins assumée ? Un maire qui croirait en l'avenir de sa ville aurait-il organisé les choses de cette façon ?
Dans ces conditions, quelle confiance accorder au respect du budget prévisionnel du tramway, à la qualité des réalisations artistiques autour, au sens des responsabilités pour l'avenir de l'économie brestoise ? Ne va-t-on pas finir avec un sous-tramway, technologiquement en retard, dans un environnement volontairement laid, et dans une ville surendettée ?
Pire, ne perçoit-on pas déjà que le déclin brestois est plus ou moins assumé, et que le tramway n'est qu'un moyen de liquider plus vite tout ce qui reste de dynamisme économique à Brest ?
10:15 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Brest 2008, Port de commerce
07/03/2008
Le rôle de la CCI
J'ai découvert récemment un article des Echos, en date de février dernier, qui révèle que la CCI est actionnaire du projet de tramway.
Cela m'a interpellé car je croyais jusqu'à présent qu'elle n'était que consultée. Pourquoi le site de la Semtram ne mentionne-t-il pas cet actionnaire ?
En cherchant un peu sur le site de la CCI, je me suis aperçu que la Chambre des métiers est "partenaire" aussi.
Parallèlement, j'ai appris qu'un Observatoire socioéconmique des effets du tramway vient d'être créé, qui est une structure publique régie par l'ADEUPA, l'agence d'urbanisme de la Communauté urbaine. C'est donc cette structure qui sera chargée de publier les données officielles, positives ou négatives, sur les effets du tramway et de son chantier. Ce sera la référence.
Seulement, en lisant la page en question sur le site de l'ADEUPA, je me suis aperçu qu' "un groupe technique composé des signataires de la charte a défini ensemble le contenu et la méthode de travail". Et cela comprend à la fois la CCI et la Chambre des métiers.
C'est pas un peu beaucoup d'être à la fois actionnaire d'un projet, potentiel fournisseur, et de contrôler les données publiques collectées sur ce projet ?
Je pose juste la question.
23:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Municipales, CCI, ADEUPA, Brest
18/02/2008
Remboursez !
Le quotidien Le Figaro publie sur son site un questionnaire intitulé "Votre maire est -il assez bien payé ?".
Cela m'a donné l'idée de chercher combien pouvait gagner notre maire actuel. Je suis tombé sur cette liste qui indique :
- Maire d'une ville de plus de 100 000 habitants : 5 227,22 euros
- Président d'une agglomération de plus de 100 000 habitants : 5 227,22
Je sais qu'il faut soustraire un certain montant en raison du cumul, et qu'il faut aussi en ajouter en raison de fonctions annexes. Dans une campagne normale, chaque candidat aurait publié ce genre d'informations, ce n'est donc pas à moi de chercher.
Combien doivent gagner les élus locaux, c'est un vaste débat. Avons-nous même besoin d'élus locaux, la question se pose, au moins à certains échelons. Ce qui m'intéresse plus dans le contexte de ce blog, c'est de me demander si quelqu'un qui refuse un référendum à la population doit être rémunéré tout court.
Que cette campagne est bizarre. On se trouve devant 19 ans d'hégémonie d'un seul parti, et personne n'a l'idée de chercher s'il n'y aurait pas eu quelques abus. Pourtant l'usure du pouvoir a souvent entrainé quelques dérives dans d'autres municipalités.
Je lis dans la presse qu'un personnage comme Jean-Claude Descaves par exemple sévit toujours à Brest. Loin de moi l'idée de douter de la haute moralité du personnage, je dis juste qu'on pourrait publier la liste de ses frais de mission vers Paris, depuis le temps que sa famille y habite. Comme ça tout le monde reconnaitrait qu'il n'y a pas eu d'abus. Je crois le connaitre un peu, je pense que vu sa personnalité il n'y a pas eu d'abus.
Il y aussi le cas d'une candidate sur la liste de M. Cuillandre, qui jusqu'à récemment était encore chargée de mission de M. Cuillandre, et dont on a du mal à identifier le travail. Alors, pourquoi ne pas publier l'étude qu'elle était censée effectuer, tout simplement ? Ce serait bien plus simple, cela ferait taire les infâmes ragots... On me parle aussi d'élus aux idées très "socialistes" qui auraient pris l'habitude d'employer des gens dans des conditions particulièrement précaires. Pourquoi pas un débat, dans le cadre de cette campagne électorale, sur les CDD imposés par la mairie ? Qui a droit à quel contrat ? Comment est-on recruté ? Chaque conseiller municipal ne pourrait-il pas publier la liste des contrats de travail qu'il a signés pendant son mandat ?
Et même, sans parler de morale, combien de personnes ont été embauchées durant ces 19 ans ? A quels postes ? Ce serait tout de même intéressant pour tous ceux qui paient des impôts. Existe-t-il un prolétariat culturel à Brest qui s'autocensure pendant la campagne, de crainte de perdre quelques maigres moyens de subsistance ?
Mais si je dois trier tous les cas dont on me parle, se distingue toutefois celui de Pierre Maille, qui fut rémunéré en tant que maire et président de la communauté urbaine, puis en tant que conseiller général et président du Conseil général. Pourtant c'était bien lui qui en 1990, lors du premier référendum sur le tramway, faisait afficher ceci sur les panneaux brestois :

Si vous voulez l'image dans une plus haute résolution, vous pouvez aussi la télécharger (958 ko).
Je ne parle pas là de "corruption" ou de "pureté". Je parle juste de sens. Je me demande quel est le sens de la présence de M. Maille sur la présente liste PS, lui que l'on dit si rigoureux, si droit. Quel est le sens de sa présence sur une liste qui renie explicitement sa parole ? Pourquoi ne pas avoir au moins la dignité de s'effacer du débat municipal ?
Dans le cas de Pierre Maille, encore une fois je ne parle pas de cas juridique, mais je pense que du point de vue éthique la question du remboursement de la totalité de ses revenus d'élu municipal depuis 1990 se pose. Je ne parle pas de ses revenus départementaux, mais bien de ses revenus municipaux, à Brest où il se représente aujourd'hui, et où il percevra même si je ne m'abuse une petite indemnité, malgré ses plus de 5 000 euros en tant que président du Conseil général.
On parle beaucoup du trop-plein d'échelons administratifs en France. On parle aussi accessoirement de l'égalité des chances entre élus fonctionnaires et élus du privé. Parfois, très rarement, on évoque quelques cas d'élus locaux qui sont en état de survie économique. Mais quid de la rémunération de ceux qui renient leur engagement affiché sur la place publique ?
Est-ce que la démocratie locale était prévue pour des cas comme M. Pierre Maille que cela ne gêne pas de se représenter à Brest ? Est-ce que c'était l'esprit de la Constitution, ou de la décentralisation voulue par François Mitterand ?
Est-ce que celui qui renie son propre référendum et se présente quand-même, est-ce que celui-là qui a perçu des sommes folles comparées à la précarité des concitoyens qu'il est censé administrer, est-ce que celui-là ne remet pas un peu en cause les fondements de la démocratie française, et de la République ?
On me parle d'un cas de RMI supprimé sous l'administration de M. Pierre Maille, simplement parce que le bénéficiaire refusait de participer à des séances de parlote où il devait divulguer des informations personnelles à d'autres rmistes, ce qui était son droit le plus strict. Plus de 5 000 euros par mois pendant des années, et à l'autre bout on supprime le droit d'acheter son pécu, son dentifrice, son petit déjeuner...
Pourquoi est-ce qu'on n'en parle pas pendant cette campagne, pourquoi est-ce qu'on ne fait pas l'histoire de ces 19 ans de règne ? Ce serait trop cruel pour que nos compétiteurs puissent le supporter ? Sont-ils des enfants que l'on doit protéger des dures réalités du Parti socialiste ?
18:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Municipales, Maille, PS, Brest
11/02/2008
Le mystère du budget Cuillandre
Je réagis aujourd'hui à l'article du journaliste Patrice Le Berre sur le budget de la Communauté urbaine.
Il semble que ce budget soit équilibré. Les journalistes locaux comme nationaux le confirment, et même des élus d'opposition le confirment. Bref, le satisfecit semble unanime. Sauf chez Trollibus, jamais content, donc peu crédible sans doute.
J'ai depuis longtemps le sentiment que quelque chose cloche. Ce n'est pas rationnel, c'est une intuition. Et de l'intuition, j'en ai.
En essayant de justifier cette intuition, je trouve en premier lieu ce paradoxe que l'article du Télégramme reconnait lui-même : d'une part " Tous ces chantiers, mis bout à bout, ont de quoi donner le tournis", "La liste en est impressionnante", "sans équivalent par son ampleur depuis la reconstruction de la ville, après-guerre", et face à cela "Les comptes au vert".
Comment dès lors expliquer que Brest ne rencontre pas la difficulté de la totalité des autres collectivités locales, qui s'abstiennent d'entamer beaucoup de chantiers à la fois parce qu'elles savent qu'elles auront du mal à les payer ? Comment expliquer que Brest évolue dans une dimension parallèle apparemment sans limites ? Trollibus n'est pas expert, Trollibus est bête, c'est pourquoi il en reste sans finesse à ce paradoxe. Comment c'est-y que ça se fait qu'on peut payer ? C'est pas trop cher ? Comment ça se fait qu'on a encore des sous ?
Ensuite, si on cherche des arguments en matières d'urbanisme, on en trouve. On a tous appris récemment que la décision de bétonner les Capucins avait inquiété le GESMA, et donc mis en danger toute la filière de Recherche & Développement brestoise. Il y a comme ça des rapports publics où tout va bien, et puis par des surprises ou des fuites on s'aperçoit qu'on est au bord du précipice.
Il y a aussi le fait que la construction de logement ne correspond plus aujourd'hui à un développement économique : il s'agit de loger les célibataires et autres "familles monoparentales", pas d'accueillir une population supplémentaire qui amènera plus de consommation et plus d'activités. Donc pour schématiser, un doublement du parc, sans aucune croissance, donc une perte sèche pour l'agglomération. On peut même perdre de la population et avoir besoin de construire quand-même des logements pour les couples restants qui se séparent...
Mais il n'y a pas que le célibat. Il y a l'âge aussi. Vous connaissez beaucoup de grand-parents brestois dont les petits-enfants travaillent à Brest ? Moi pas. Pas beaucoup au moins. C'est bien d'avoir des grands projets de "métropole" ou autre "ville phare", mais qu'est-ce qu'on fait si la population n'est pas renouvelée ?
Et puis, il y a le fait que François Cuillandre est professeur à l'UBO. Pour vous donner une idée du niveau moyen de compétence à l'UBO, c'est François Marc qui, lors d'une réunion publique à La Martyre en 2005, déclarait qu'il fallait accepter la mondialisation, que les Chinois et les Indiens allaient se cantonner aux activités non qualifiées, et que nous on n'aurait jamais aucun soucis pour garder EADS, les Airbus et tout ça...
Lorsque j'étais étudiant, j'ai aussi reçu une note de 4/20 de la part d'un professeur anarchiste proclamé, qui utilisait l'appareil hiérarchique pour sanctionner les élèves dont "le ton" ne lui plaisait pas. Même quand les élèves avaient scientifiquement raison. On peut voir encore aujourd'hui ce prof "anarchiste" déambuler dans les rues de Brest. Aux dernières nouvelles il crache toujours sur l'Etat, mais ne crache pas sur sa bonne retraite de fonctionnaire gradé.
J'entends parler dans plusieurs facultés de pratiques étranges de recrutement. Sans aller jusqu'à prétendre qu'un sectarisme borné au service du PS effacerait tout critère de compétence à l'UBO, j'ai tendance à penser, dès qu'un dignitaire de cette haute institution s'exprime, qu'il est prudent de rechercher s'il n'y a pas une erreur, voire une grossière incohérence.
Par exemple il y a chez M. Cuillandre une conception étrange du versement transport, selon laquelle cette perte disparaitrait dans une sorte de trou noir appelé "entreprise", et ne serait pas répercutée sur les salaires ou les prix. Voire... n'entrainerait aucune incitation à déménager vers la zone beaucoup moins chère d'à-côté. C'est étonnant pour un enseignant fiscaliste...
Pour les déficits graves des Brest 2004 et autres Brest 2008, il dit aussi que ce n'est pas grave, que c'est un investissement, donc il n'y a pas de perte. C'est une catastrophe mais c'est un investissement. C'est "pouce, c'est pas du jeu ça compte pas". On le fait en même temps que Rouen alors qu'on aurait pu décaler d'un an pour mettre en valeur le nouveau port, mais c'est un investissement. Chacun sait que les décideurs du monde entier vont venir se promener à Brest en juillet pour constater à quel point c'est beau ce port de commerce et c'est original ces bateaux qui font le tour des ports du monde entier, et donc il vont investir ici, car le spectacle d'une fête à déficit énorme leur donnera envie de risquer ici leurs investissements.
Le jugement de M. Cuillandre est donc fiable, et comment pourrait-il en être autrement, puisqu'il est prof à l'UBO...
Mais surtout, ce sont ses fallacies constamment reprises sur le tramway qui m'inquiètent, ou plutôt cette tendance générale à gommer les mauvais côtés. Patrice Le Berre dans son article écrit : "Coût des travaux : 260 M€". Précisons - encore une fois - que la Semtram n'indique ses coûts qu'en euros de juillet 2006, c'est-à-dire sans l'inflation depuis, et que même comme cela elle arrive à 298 M€. Et c'est là que le journaliste intervient en abaissant encore plus le prix rabaissé par la Semtram. En prenant en compte l'inflation et les dépassements de coûts constatés dans tout projet du même genre, j'arrive moi à une estimation de plus de 400 M€.
Et M. Le Berre insiste ensuite par un "Depuis, les esprits semblent s’être apaisés, l’indignation des premiers temps semblant avoir cédé la place à une certaine résignation chez les plus hostiles au projet". C'est pour cela sans doute que la totalité des candidats autres que M. Cuillandre critiquent le projet, et d'ailleurs certains responsables socialistes aussi en privé. Autant dire que les Brestois sont pratiquement d'accord pour prendre un projet moins bon, plus coûteux et moins utile que les technologies disponibles. Même pas besoin de respecter leur référendum, donc. Même pas besoin de commander une étude complète. Même pas besoin de chercher des subventions européennes.
Dans ces conditions, pourquoi ne pas arrêter la campagne, et déclarer M. Cuillandre tout de suite vainqueur ? Comme ça on est sûrs que le tramway passera, même si Brest doit y passer. Et le tramway, c'est un investissement aussi. Comme Brest 2008. Donc ça compte pas.
Pourquoi ne voit-on aucune prospective sur les capacités fiscales de Brest dans les années à venir, compte tenu de la fuite vers le périurbain, de la concentration à Brest des ménages non imposables ? Mystère et boule de gomme... Circulez, y'a rien à voir, faut faire le tramway de toute façon, puisqu'on vous dit et qu'on vous répète que les comptes sont au vert...
Et Trollibus est une personnalité pathologique, puisqu'il a un doute. Et qu'il demande un référendum. Vous vous rendez compte, il a même relevé dans l'article (fin de l'avant dernier paragraphe) que le tramway passera par les Capucins, alors qu'en vérité le tramway bloquera une véritable desserte des Capucins.
12:20 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Municipales, Budget, Cuillandre, Brest










