08/11/2007

Trollibus vote Sangalo

Apparemment, il est prévu que la deuxième ligne de tramway descende jusqu'au Port de commerce. Selon la vice-présidente de la communauté urbaine chargée des transports publics : "L'objectif sera de desservir le port de commerce, les entreprises qui y sont installées, la salle des musiques actuelles et les embarcadères. Un peu plus tard, à mesure que l'on s'approchera de l'arrivée du tram, un parking relais verra le jour près du rond-point Herman-Melville (ex-rond-point du gaz)...."

Le tram fait donc partie, si je comprends bien, d'un programme de mise en valeur du port sur le long terme. Mise en valeur... je soupire.

Commençons donc par la Carène. Nouveau soupir... Je suis désolé mais ce bâtiment, avec ses rideaux noirs, me fait penser aux repaires de vampires dans le film Blade. En passant devant dans la journée, on a l'impression qu'ils n'attendent que la nuit pour qu'il s'y passe de mauvaises choses. Mais après tout, suis-je si loin de la réalité, quand on connait les rapports de la musique techno et de la toxicomanie ?

Quand on passe devant la Carène en connaissance de cause, on a l'impression que la vie s'en va, pour la ville, pour les jeunes, pour tout le monde.

Passons maintenant aux Jeudis du port. Encore un soupir... Franchement, allons droit au but : les Jeudis du port encombrent les urgences de l'hôpital. Alors bien sûr ça attire du monde, mais est-ce le rôle des pouvoirs publics d'encourager une épidémie ?

Carène, Jeudis du port... Reconnaissons le, depuis quelques temps le port a mauvais genre. Quand Trollibus voit dans quel état il est tombé, ce n'est pas une envie de répression qui lui vient, c'est la nostalgie. La nostalgie d'une époque on l'on pouvait s'amuser en restant intelligents, où l'on pouvait danser entre amis sans avoir l'air malade des nerfs.



Cette époque un peu désuète où l'on pouvait rencontrer des personnes réelles et leur parler, construire quelque chose sur la durée.



Trollibus est nostalgique, parce qu'il voudrait mieux pour sa ville. Il est nostalgique d'une époque de progrès. Il voudrait des fêtes où les gens sourient normalement, où la musique respire une vraie sociabilité festive et positive. Etre positif, c'est possible, ça existe. Il est temps pour Trollibus de faire son coming-out : oui, les rumeurs qui ont couru sur ses moeurs dans tout Brest sont vraies, Trollibus se rend régulièrement dans les carnavals du Sud-Finistère, où il pratique assidûment le Piriri pompom. Le grand jeu de cette semaine consiste donc à repérer Trollibus dans la foule ci-dessous. Un indice : c'est celui qui porte un chapeau breton.



Trollibus voudrait plus de bonne humeur et moins de bagarres pour son port, plus d'allegria et moins de produits empoisonnés. Il est temps aussi de répondre aux rumeurs qui courent dans tout Brest sur les préférences politiques de Trollibus : Trollibus votera pour la liste d'Ivete Sangalo (prononcer Ivetchi Sangalou), parce que c'est une femme à poigne, parce qu'elle a son franc-parler, parce que c'est une explosion de vie. Voici d'ailleurs le discours qu'elle a prononcé la semaine dernière, Place de la Liberté. Attention, si vous êtes habitués aux modes d'expression de nos politiciens locaux, si vous aimez la morosité et la demi-mesure, ceci pourra vous créer un choc.

Allez hop. Qui-ne-saute-pas-n'est-pas-brestoa !!!



Ne vaudrait-il pas mieux rendre ce quartier attractif avant de songer à y faire venir le tramway ? L'arrivée du tramway va-t-elle magiquement dissiper les violences et la toxicomanie ? Pour la Carène, pourquoi ne pas la dédier aux conférences et films d'Océanopolis ? Ce serait plus pratique! Et après tout la science fonctionne en grande partie sur le principe de tautologie : ce qui est toxique est toxique, et cela se vérifie aussi en écologie. Pour les Jeudis du port, est-ce que les gens viendront chez nous pour écouter le dernier groupe de techno, le dernier groupe de rap ? Non. Est-ce qu'ils viendront pour le premier festival français de musique brésilienne? Oui. OUI !

Plus de couleurs, plus de santé, plus d'ouverture sur le monde. Quand est-ce qu'on pourra aller sans crainte à notre festival, qu'on pourra marcher tranquille avec les enfants, qu'on pourra montrer et recevoir une politesse normale, qu'on pourra venir en amateurs ? Quand est-ce qu'on pourra écouter Jorge en respirant tranquilles ? Quand est-ce qu'on pourra venir décontractés ?



Ainsi, quand l'hiver est revenu, quand on marche le long des quais désertés, avec le poids de l'ennui, le dos courbé et tout ça, on peut avec un peu d'attention deviner ce frémissement soudain au-dessus du clapot, cette fragrance ineffable d'horizons colorés, ce bruissement fugace d'oiseaux inconnus, cette promesse qui se lève au loin, oui, c'est bien cela, c'est la petite musique de l'espoir.


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