08/07/2008
Brest ne voit que la déco à Nice
Je poursuis aujourd'hui ma critique du second numéro du magazine "Au fil du tram" publié par la Semtram.
Sur la page 2 on peut trouver un article sur le tramway de Nice, article assez charmant et culturel d'ailleurs puisqu'il traite des oeuvres d'art déployées autour du trajet. Tout cela si on ne fait pas de recherches apparaît fort bon et même rafraîchissant.
Si on fait des recherches par contre, on découvre vite que la ville de Nice a donné lieu récemment au plus grand scandale français de corruption en matière de tramway. Cette affaire semble mêler à la fois les célèbres milieux niçois, et le complexe étatico-industriel français.
Dans ces conditions, peut-on parler d'irresponsabilité ou de légèreté de la Semtram qui publie un article se concentrant sur des apparences extérieurs comme si de rien n'était ? Certains passages comme "Nice s’illustre particulièrement", "la tradition artistique forte de la région", "les réflexions sur le long terme d’un comité d’experts", "Le résultat est saisissant" laissent rêveur.
Une chose au moins est sûre, c'est que les élus brestois n'ont pas demandé à ce que soit retiré cet article sur une ville où la corruption est généralisée et où le chantier du tram a entraîné des condamnations au pénal. Doit-on en conclure que les propos récents d'un haut fonctionnaire qualifiant Brest de "situation corse" auraient quelque chose de vrai ? Ou simplement, doit-on imputer tout cela à une incompétence de plus, à une très faible concentration intellectuelle sur le sujet de leur propre tramway ?
Sur les tractations économiques du tramway brestois, je n'en sais pas plus que vous. Je me contente de constater que la liste des actionnaires n'est toujours pas publiée, que le tram ne correspond pas à un besoin, et qu'il menace l'intégrité budgétaire de la ville. De manière ironique, on pourrait se dire que s'il n'y a pas eu corruption, on est vraiment les plus grands couillons de se ruiner à suivre une mode qui disparaît, à acheter les derniers modèles alors que des technologies plus utiles, plus écologiques et moins chères apparaissent.
Mais pourquoi se poser ce genre de questions, pourquoi réfléchir sur les solutions alternatives, puisqu'on nous dit qu'il y aura des oeuvres d'art sur le parcours du tramway. Et en matière d'oeuvres d'art, c'est sûr, on peut faire confiance aux élus brestois.
Il y a par exemple cette gigantesque "chose" qui occupe le mur le plus visible du bâtiment Grand Large sur le quai central du port de commerce :

Ainsi que cette autre "chose" un peu plus loin près des remparts :

Je suis sûr que tout cela fera bonne impression auprès de nos visiteurs pour Brest 2008.
Donc, citoyens brestois, arrêtons d'être sarcastique, arrêtons de nous renseigner, car à Brest il n'y a aucun problème, autant du point de vue juridique qu'artistique. Tout est bon, tout est beau, et nos élus sont au top. D'ailleurs, le tramway lui-même sera jaune anis à l'extérieur et jaune fluo à l'intérieur... autant dire qu'on est très bien partis...
18:35 Publié dans Au fil du tram | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Corruption, Nice, Brest
24/05/2008
Et maintenant les enfants
Trollibus chaque jour aggrave un peu plus son cas.
Il entame aujourd'hui sa critique du second numéro du magazine "Au fil du tram" de la Semtram, que vous pourrez trouver ici.
Le magazine commence très fort avec la superbe photo d'une enfant qui dessine un tramway en style naïf, avec des grands yeux naïfs. On n'est pas sûrs que c'est vraiment elle qui a fait le dessin, ou si on lui a juste demandé de prendre la craie dans ses doigts le temps de la photo, mais toujours est-il que la stratégie de communication, si elle reste classique, est néanmoins puissante.
Le message émotionnel est le suivant : le tramway est gentil, il fait rêver les enfants, alors, vous n'allez quand-même pas faire pleurer les enfants qui ont des rêves émerveillés, non ?
Eh bien si ! Comme Trollibus est vraiment très très méchant, il propose qu'on donne la fessée aux enfants qui parlent de tram. La fessée, une le matin, une le midi, une le soir, c'est le bon rythme que Trollibus propose. Comme ça les parents pourront s'en servir pour d'autres motifs en plus, en disant que c'est Trollibus qui a dit.
Pire, dans le cas des enfants récidivistes, il faut que les parents leur fassent peur en leur disant que Trollibus l'horrible viendra leur croquer les doigts de pieds pendant leur sommeil.
Voici donc pour leur faire peur une photo de Trollibus, le matin à jeun :

Trève de plaisanterie, il n'y a pas que cette première page. Il y a aussi dans la colonne de gauche de la page 3 une invitation aux enfants à envoyer leurs dessins du tram à la Semtram, dessins qui serons publiés sur le site web.
Ce n'est pas illégal, bien sûr, mais je trouve que cette stratégie est un peu lamentable. Cette décision de la Semtram s'est faite sous l'autorité morale du maire, le maire est chargé par la loi des écoles primaires, et son parti politique a suffisamment bataillé ces derniers mois pour empêcher la politisation outrancière des écoles que voulait le Président de la République.
Il y a des sujets qui font consensus, comme la faim dans le tiers-monde, la sauvegarde de la planète... mais pourquoi engager les enfants dans la défense et illustration d'un sujet aussi controversé et local ? Ce chantier n'est approuvé que par le PS, le maire est PS et il a une autorité sur les écoles. Et en plus ses adhérents répètent partout que "La République est en danger"...
Doit-on dès lors demander aux enfants s'ils soutiennent le péril budgétaire qui va avec le tram brestois ? S'ils soutiennent la présence dans la rue de Siam d'un véritable train, incapable de s'arrêter rapidement si leurs frères et soeurs se mettent à courir devant lui ? Doit-on même leur demander s'ils soutiennent la majorité PS ?
J'espère quand-même que les enseignants proches du PS ne vont pas organiser une noria de scolaires dans les lieux de comm de la Semtram... Et qu'il n'y aura pas de mauvaises notes ou autres rétorsions psychologiques contre les enfants qui émettront un doute sur le tram. La "République est en danger", hein ?
Trollibus est d'avis qu'il faudrait laisser les enfants en dehors de tout ça, non seulement parce que le sujet est politisé, parce qu'il y en a assez de l'influence irrationnelle et sanctimonieuse du PS dans l'éducation, mais aussi parce que la vie politique brestoise est triste, décevante, très médiocre, et qu'il faudrait en éloigner les enfants.
Qu'on les laisse rêver de ce qu'ils veulent, qu'on les laisse s'amuser, et même qu'on les prépare à faire leur vie ailleurs que dans une ville ruinée, lorsqu'ils en auront la possibilité.
Qu'on les laisse s'amuser, et surtout qu'on les garde du PS, qui par bien des côtés est le vrai fantôme local. Que les enfants chantent, dansent et rient sans penser au tramway. Qu'on leur laisse quelques années d'insouciance.
08:55 Publié dans Au fil du tram | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, PS, Semtram, Enfants, Ecoles, Brest
23/12/2007
Miossec se prononce contre un référendum démocratique
Je recevais la semaine dernière le premier numéro du nouveau magazine de la Semtram : au fil du tram. Ce numéro comporte un certain nombre de défauts, qui feront l'objet de plusieurs articles.
Le plus gros de ces défauts, le plus grossier même on peut dire, est la "carte blanche" accordée à Christophe Miossec. L'auteur compositeur interprète local nous a sorti un texte d'une confusion inouïe, que je me dois de reproduire ici, car on ne peut guère l'imaginer sans le lire :
À vrai dire, je n’ai jamais trop bien compris que l’on puisse être contre le tramway.
Oui, tout CONTRE. Est-on alors pour quelque chose ? Pour la carte grise gratuite pour tout propriétaire de 4x4 de plus de six cent chevaux ? Pour la construction d’hélistations à Pontanézen et au Valy Hir ? Pour un service Limousine VIP avec champagne et petites pépées au départ de la place de Strasbourg tous les samedi soirs jusqu’au lundi midi et avec des petits fours ? Ou pour des courses de sacs à patates ?
Ou alors comme Madame Lagarde pour les français qui doivent reprendre le goût de la marche et du vélo. Le goût de la montée de la côte du Grand Turc après une journée de boulot ? Ça me paraît assez consternant que ce Tram ait pu faire débat. Veut-on (même s’ils le méritent un peu quand même, faut pas pousser) la disparition de l’île de Sein ? A l’heure où Sarkozy se met à parler de réchauffement climatique et non plus de dix connards rassemblés autour d’une carte, ça fait même un peu bizarre. Le Tram ne doit pas être un enjeu politique. Ou alors, c’est vraiment que l’on a rien d’autre à se mettre sous la dent. Petit rappel des faits : le Tram existait avant guerre à Brest. Le trolley bus lui a succédé (vous savez, un bus avec des fils électriques au-dessus).
À vrai dire, le seul regret que l’on puisse avoir, c’est le petit train qui partait de Brest au Conquet en desservant
les plages. Qui est le con qui a pris la décision de supprimer ce truc démocratique ?
L’essence devient hors de prix, la voiture devient un luxe et l’on voudrait être contre le Tram. Par moments, il y a des choses que je ne comprends pas. Je ne sais si c’est normal.
Ce texte mélangeant tout et son contraire, je me refuse à en faire l'analyse détaillée. Ma première réaction quand on me l'a présenté fut de demander si Miossec avait vomi avant ou après l'avoir pondu sur un coin de table. J'ai pensé que ce n'était pas très sérieux de la part des responsables de la Semtram, de mélanger ainsi explications et confusion dans une même publication.
Puis en relisant le texte à tête reposée, j'ai été intrigué par la photo au centre du texte : Et je me suis dit, n'y a-t-il pas dans ce regard perçant, dans cette lipe carnassière, dans ce poil sauvage et le très léger abaissement du cou, quelque chose du vieux loup rusé qui est en train d'essayer de me croquer ? Je me suis demandé si Miossec n'était pas en train de faire l'andouille dans son texte afin de masquer une attaque réelle, afin que l'on ne se méfie pas. Car insérées dans le texte il y a ces deux phrases terribles : "Ça me paraît assez consternant que ce Tram ait pu faire débat" et "Le Tram ne doit pas être un enjeu politique". Et ce sont bien les seules qui frappent directement et ne sont pas confuses, ou ne confondent pas différents sujets.
Bref, ce texte de Miossec pourrait s'interpréter comme suit : je suis contre la démocratie mais je ne suis pas sérieux, donc ce n'est pas grave. Je refuse leurs droits à mes concitoyens mais je fais l'andouille. Pirouette, pirouette, je frappe et j'efface mes traces. Et mine de rien, la Semtram a publié un texte qui nie la démocratie locale. Sous la responsabilité ultime du Conseil municipal, la licence poétique se trouve bien des utilités...
En comparaison, je n'ai jamais trouvé sur le web une déclaration de Marif Loussouarn, vice-présidente de la Communauté urbaine chargée des transports, exprimant en son nom propre un refus de référendum local, donc une violation des principes des Verts qui l'ont portée au pouvoir. Et comme elle ne se représente pas, elle n'en assumera pas non plus la responsabilité au prochain mandat. Ce qui lui permettra de militer plus aisément pour la démocratie et contre l'autoritarisme dans d'autres cercles. Concernant Michel Briand, candidat lui et promu troisième sur la liste du PS, malgré sa dernière mandature de vice-président chargé de l'internet dans une ville qui a adopté l'internet sans lui demander son avis, je n'ai pas trouvé non plus de déclaration en son nom propre assumant un refus de référendum local, donc une violation des principes des Verts qui l'ont porté au pouvoir.
Mais qu'importent les principes, s'il y a Miossec avec nous ! Avec Miossec, c'est sympa, non ? C'est la fête ! Souvenez-vous, Christophe Miossec, c'était celui qui chantait ceci, dans un album intitulé "Baiser" :
On était tellement de gauche
Aujourd'hui on ne sait plus
On compte les plaies, les bosses
Tout ce qu'en marche on a perdu
On se dit que de toute façon l'histoire est moche
Ce qui n'était pas gagné d'avance est désormais perdu
Alors on laisse les mains dans nos poches
Même plus envie d'avoir le poing tendu
Les illusions au fond de la sacoche
De l'étudiant que depuis longtemps on n'est plus
On ne pense plus qu'à notre poste
Là où on est prêt à se battre à mains nues
Car on pense au loyer, à la femme et aux gosses
A notre honneur et à tout ce qu'il a fallu
Comme coups bas, comme ripostes
Contre des collègues qui vous tuent
Et les nouveaux qui reluquent votre poste
Comme si ce n'était pas pour vous ce beau statut
Alors ils essayent de vous faire gicler du socle
Par les moyens les plus tordus
A essayer de vivre comme si de rien n'était
On se fait un beau jour rattraper par la marée
A essayer de vivre comme si de rien n'était
On se fait un beau jour rattraper par la marée
Et quand vous apprenez un jour pas la poste
Que de vous, de vous on ne veut plus
Vous repensez alors au cocktail molotov
Ca ne serait pas arrivé si on s'était battu
Mais c'est trop tard pour que l'on rechausse
Les vieilles idées que l'on croyait perdues
C'est désormais bon pour les gosses
Allez les enfants, foutez le raffut
11:05 Publié dans Au fil du tram | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Municipales, Miossec, Brest






