11/07/2009

2012, année du tram et de la fin du monde

J'ai eu du mal à écrire ces derniers jours, car les médias français en général m'ont médusé et déprimé. La longue, très longue canonisation d'un chanteur américain des années 80, devenu psychopathe pathétique et camé à mort, m'a donné l'impression d'un effondrement intellectuel du pays. Même France Culture s'est sentie obligée de parler de Michael Jackson, qui fit de bons clips en son temps, mais enfin bon rien qui justifiât un tel déchaînement.

 

La réapparition de Frédéric Mitterrand m'a plus ou moins achevé. Quel sera le premier pays étranger que Frédéric Mitterrand honorera de sa première visite officielle? La Thaïlande? Je croyais qu'on était opposés au tourisme sexuel dans les pays pauvres.

 

Le tramway brestois a lui aussi eu l'honneur de la presse. On a parlé de François Cuillandre dans Le Monde. Je n'ai pas eu le courage de lire cet article-là. Le quotidien de référence national mettant en valeur un notable qui a donné à sa ville le nom d'une pizza? Il est loin le temps des entretiens avec Raymond Aron...

 

La presse locale m'apparaît plus fiable. J'essaye aujourd'hui de décrypter un peu, avec une certaine lassitude quand-même je l'avoue.

 

Si vous avez le haut débit, commencez par regarder cette vidéo de not' bon maire. Regardez une fois puis revenez lire ici. Maintenant observez que la journaliste présente les travaux du tramway comme commencés. Cuillandre lui, ne parle que de "travaux préparatoires". Eh oui, les travaux ne peuvent pas commencer sans l'avis de la Commission d'enquête puis l'accord du préfet. Tout ce chambardement n'est en fait qu'une grande esbrouffe destinée à influencer les responsables de la décision finale, et pour tout dire leur ampleur, leur concentration et les désagréments qui auraient pu être étalés dans le temps me semblent dépasser les bornes de la discipline républicaine.

 

Pour Francois Cuillandre, c'est mieux si ce sont les journalistes qui proclament que c'est commencé, et lui ménage ses intérêts juridiques. Ceci dit il a quand-même pris un risque juridique en parlant de ses fameux "300 millions". Le site de la Semtram lui ajoute une petite parenthèse qui explique qu'il ne s'agit que d' "euros constants", c'est-à-dire des euros de l'année 2006, sans l'inflation. Qu'un maire s'exprime publiquement en laissant croire qu'il s'agit de la somme à payer au final, cela me paraît aussi très limite.

 

Tiens, au passage, je remarque que la page d'accueil de la Semtram ne parle plus de la procédure d'enquête publique, alors que celle-ci n'est pas terminée, et présente le chantier comme déjà commencé, alors que le préfet n'a pas encore donné son autorisation. Une entreprise est-elle autorisée à provoquer les autorités de cette manière?

 

Violation du référendum, fermeture du site d'infos de la rue de Siam pendant l'enquête publique, annonces fausses d'ouverture du chantier, refus de bilan carbone, refus d'examen de solutions alternatives... tout est proche de l'outrage dans cette affaire...

 

Hormis la présentation du chantier comme déjà commencé, j'ai trouvé un autre point commun à la vidéo du Télégramme et à cet article du Ouest-France. Dans les deux cas il y est question de "grogne". Ce terme journalistique est devenu courant il y a peu, pour délégitimer les protestations démocratiques. Ce sont les députés qui les premiers ont demandé à la presse d'arrêter cette animalisation, car rappelons-le, en français ce sont les cochons qui grognent. A Brest, on est toujours en retard culturellement. Donc, les dames âgées qui ont du mal à marcher et qui sont privées de bus dans un quartier entier, elles "grognent". On appréciera.

 

Deuxième point commun, le passage sous silence des capacités budgétaires, qui sont pourtant cruciales à ce projet. Dans la vidéo le maire réalise l'exploit de reconnaître à la fois les pertes importantes pour l'agglomération et le caractère imposant du chantier du tramway, sans parvenir intellectuellement à faire le lien entre les deux. Prof à l'UBO...

 

Dans l'article déjà cité du Ouest-France, on mentionne un retard de 2 ans pour le chantier d'Angers. Aucun coût n'est mentionné pour ce retard. j'aurais pensé qu'un chantier qui dure plus longtemps provoque des dépenses plus longtemps, et qu'étant donné les finances à venir de Brest c'était un élément indispensable à mentionner. Dans cet autre article du Ouest-France il est fait état d'une interruption de chantier due à la découverte de bombes. Là non plus, aucun coût supplémentaire : "Les travaux ont été arrêtés, sans trop de conséquences pour l'instant". On trouvera vraisemblablement beaucoup de bombes par la suite, mais pas grave quoi.

 

Bon allez, moi je vais vous dire, j'en ai marre de décrypter ces conneries. J'en ai ma claque, si le chantier se fait je me taille et puis c'est tout. Même peut-être de France, d'ailleurs.

 

Et puis, le chantier sera inauguré en 2012, et 2012 c'est la fin du monde selon le calendrier maya. 2012... François Cuillandre... le tram... AU SECOURS !!!!!

 

 

 

Commentaires

votre passage sur Frédéric Mitterrand est vraiment minable

Ecrit par : valente | 11/07/2009

Et bien croisont les doigts! Enfin le tram à Brest et le départ de Katastrof, homme de lettres publique bien que ça ne saute pas aux yeux ici !
ps: Brest très endetté? faut regarder ailleurs et se mettre à jour, garçon!

Ecrit par : Darkoman | 13/07/2009

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