27/06/2009

L'ADEUPA et la crise

Il y a des jours comme ça où l'on est surpris de voir une éclaircie, dans cette grisaille politique, dans cette sorte de goulag diffus de la médiocrité qu'est devenue Brest sous l'emprise tentaculaire du PS.

 

L'ADEUPA, oui, l'agence d'urbanisme contrôlée par le Parti socialiste, dans son dernier rapport reconnaît qu'il y a une crise économique à Brest :

 

"En 2009, les effets de la crise devraient encore s'accentuer : l'ensemble des indicateurs sont orientés à la baisse".

 

Je trouve cela stupéfiant que l'ADEUPA reconnaisse publiquement que la municipalité va lancer un grand chantier très coûteux au moment où les ressources fiscales pour ce chantier disparaissent, et accessoirement au moment ou une augmentation de la quantité d'utilisateurs potentiels du tram devient une vue de l'esprit. Disons le clairement : c'est une récession durable, et le tramway est incompatible avec l'économie brestoise.

 

Soyons un peu logiques : la base du versement transport, c'est-à-dire les entreprises de plus de 9 salariés disparaissant, le coût du tramway sera reporté sur l'emprunt municipal. Le tramway va donc précipiter Brest dans la crise.

 

Mais je me méfie encore des rapports de l'ADEUPA. En effet nos vaillants élus ont décidé d'en faire l'agence du Pays de Brest tout entier, et non plus de la seule Communauté urbaine. Cela a pour effet qu'une éventuelle dégradation de l'économie brestoise n'apparaîtra pas forcément dans les rapports de l'ADEUPA, qui comprennent aussi l'agroalimentaire de la zone rurale, par exemple. Je soupçonne que si le rapport se concentrait sur la seule Communauté urbaine, le rapport serait catastrophique. Et je dis que le renoncement à se focaliser sur la zone où règne le PS est bien esthétique.

 

Cela a aussi pour effet d'omettre la migration des entreprises vers l'extracommunautaire, là où elles ne paieront pas le tramway, et là ou l'environnement est meilleur pour les salariés, en l'absence de l'ambiance festivo-toxico-criminoïde entretenue par le PS brestois. Mais je peux vous dire que, non seulement la migration est quantitativement importante, mais elle l'est qualitativement aussi. C'est-à-dire que les nouvelles générations ont cessé de considérer qu'il est normal d'habiter dans Brest. Brest est désormais le quartier mal famé, un peu comme naguère les Brestois considéraient qu'il n'était pas normal d'habiter Pontanézen.

 

Détail signifiant : les "jeunes" du périurbain viennent s'encanailler à Brest, ils viennent y prendre leur biture, gueuler dans les rues et acheter du shit, tandis que de retour chez eux ils réclament comme de bien entendu calme et propreté. On est devenus le quartier dépotoir du Pays de Brest, le quartier des Jeudis du port et du dégueulis, le quartier de Jean Champeau. Un quartier pauvre où les riches n'habitent pas, c'est un quartier pauvre; un quartier pauvre où les jeunes des quartiers riches viennent s'encanailler, ça s'appelle un quartier mal famé.

 

Mais le tramway, lui, ne pourra pas ponctionner les entreprises et les ménages du périurbain communautaire. C'est là le problème. Le tramway a besoin de la richesse, mais la richesse fuit le tramway. Le tramway va donc accentuer la paupérisation de Brest par rapport au périurbain, ce qui va conforter l'assise électorale du PS, ainsi que son contrôle associatif, culturel, social, éducatif...

 

Cela fait maintenant plusieurs années que j'entretiens ce blog. J'attends toujours que l'on me démontre pourquoi une ville qui perd des ressources et de la population doit se doter d'un transport en commun plus cher et plus volumineux.

 

J'attends toujours que l'on me démontre que le PS n'est pas profondément malveillant envers Brest, sous couvert de "technologies vertes" et autres effets de comm auxquels plus personne ne croit.

 

 

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