23/06/2009

Lettre ouverte au Préfet du Finistère

Monsieur le Préfet,

 

vous aurez bientôt à vous prononcer sur le projet de tramway de l'agglomération brestoise. En tant que représentant de l'Etat, vous devrez le faire dans le respect de la Charte de l'environnement, qui fait partie de la Constitution depuis 2005.

 

Concernant la qualité de l'air, la situation à Brest est la suivante :

 

1) La qualité de l'air est exceptionnellement bonne, en raison des vents océaniques.

 

2) La qualité de l'air sera encore améliorée par l'évolution des moteurs de véhicules.

 

Dans ces conditions, une éventuelle amélioration de l'air par un changement d'un transport public sur son seul trajet ne peut être qu'insignifiante.

 

Par contre, le projet de tramway risque de créer une pollution à l'échelle de l'agglomération, en congestionnant la circulation sur les voies de délestage des véhicules privés. Ce phénomène est avéré dans d'autres villes. Il faut ajouter à la pollution des gaz l'effet également non souhaitable d'augmentation de la consommation, par un ralentissement ou un rallongement des trajets.

 

Etant donnée la quasi absence de pollution, il existe en plus un risque que le chantier du tramway lui-même génère plus de pollution que le gain apporté par le tramway.

 

Sur ces deux problèmes, les réponses apportées par le promoteur ne sont pas satisfaisantes. Des procédures courantes comme un calcul préalable par un expert indépendant, un placement et un contrôle indépendants de capteurs pendant et après les travaux, un bilan carbone, etc. ne sont pas appliquées.

 

C'est pourquoi je vous demande, Monsieur le Préfet, de ne pas accorder d'autorisation à ce projet tant que des procédures fiables ne seront pas appliquées. Risquer une pollution supplémentaire, alors qu'existe une situation précieuse de quasi non pollution à préserver, serait contrevenir au principe de précaution, qui est reconnu par la Constitution.

 

En cas d'accord de votre part sans examen sérieux du risque pour l'environnement et la santé publique, votre décision serait évidemment invalidée par le Tribunal administratif.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de mes salutations attentives.

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