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07/08/2008
Raining stones
Quatrième jour sans électricité pour Trollibus, qui a pourtant payé la semaine dernière, plusieurs jours avant la coupure par EDF. Les responsables continuent à bénéficier de l'électricité gratuite.
Quand je vous disais qu'on vit à Brest dans un état d'appartheid social. Ce ne sont plus des vies parallèles, avec des revenus et des parcours différents, dans beaucoup de cas les titulaires sont devenus dangereux pour les précaires.
Un autre exemple ? Un jour on découvre une disparition de matériaux à l'Arsenal. La gendarmerie maritime diligente alors une enquête à l'encontre des précaires de la sous-traitance. Une enquête fastidieuse. Alors que tout le monde sait que les ouvriers statutaires de l'Arsenal emmènent régulièrement des matériaux chez eux. Et même, qu'ils se livrent régulièrement à des travaux personnels sur leur temps et leur lieu de travail.
A quand la grande enquête judiciaire sur la spoliation des biens publics par les ouvriers de l'Arsenal ?
Un autre exemple, dans l'Education. Le ministère décide que tous les établissements d'enseignement secondaire devront faire passer le B2i, un examen visant à vérifier que la totalité d'une classe d'âge possède les compétences informatiques de base (ouvrir un fichier, répondre à un email...). Il ne s'agit pas d'un examen de haut niveau, mais plutôt de rendre un service social aux gamins qui n'ont pas d'ordinateur à la maison, de façon à ce qu'ils ne soient pas ridiculisés sur le marché du travail.
Eh bien les profs refusent. Sans grève, sans manifestation, sans discours, sans justification, les profs refusent. La décision est prise par le ministère, et les profs refusent, dans un silence absolu. Pas le niveau, pas le temps, pas la motivation. En attendant, la totalité des enfants d'enseignants bénéficient d'un ordinateur à la maison où ils peuvent s'exercer.
Aujourd'hui, je pense particulièrement à Annick Cleach et Marif Loussouarn, les principales adjointes préparant le tram dans la précédente municipalité, deux dames assez fines qui ont eu l'intelligence de s'éclipser avant que les ennuis commencent.
Toutes deux sont statutaires. L'une, géographe à l'UBO, est habituée à étudier le tissu urbain, et les interactions entre transports et précarité. L'autre assistante sociale, est habituée à voir des cas difficiles, à observer ces parcours de vie où l'espace-temps se contracte, où chaque euro dépensé devient une décision stratégique, pour survivre jusqu'au mois prochain.
Toutes deux étaient parfaitement au courant des effets dramatiques de l'inflation sur ceux qui ont déjà trop peu, et des désastres familiaux que cela provoque. Toutes deux avaient la possibilité d'instaurer le transport public gratuit, car à Brest les recettes des tickets équivalent à-peu-près aux frais de billetterie. Dans ces circonstances évidentes pour une municipalité de gauche, ou même pour la dignité humaine tout court, toutes deux ont pourtant fait le choix du tramway, qui va augmenter le coût des tickets.
Et le tout dans une ambiance de profits industriels peu clairs, de spéculation immobilière, de gros sous.
Pensant à Mmes Cleach et Loussouarn, la question que je me pose est : où finit la trahison, où commence la brutalité ?
17:05 Publié dans Sociologie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Cleach, Loussouarn, Arsenal, B2i, Brest
Commentaires
Pour certaines personnes, se revendiquer "de gauche", se limite à afficher aujourd'hui des belles idées "dites de gauche" le temps des périodes életorales afin d'accéder à des postes de pouvoir ou de s'y maintenir. Si Mme Cléach a pris sa retraite politique, elle n'exclue tout de même de dégainer sa plume à l'occasion dans la presse locale. Quand à Marif Loussouarn des Verts, si elle a déserté le plan local (faute de crédibilité dans les milieux militants locaux ?), elle ambitionnait encore symboliquement un poste de Conseillère générale en mars 2008. L'on risque de la revoir aux prochaines élections Régionales. Là cela sera plus facile pour assouvir son désir constant de représentation, suffit de continuer à ne pas être trop critique avec les socialistes brestois durant les prochains mois pour rejouer la carte de 2004. L'on comprend aisément la raison pour laquelle les Verts brestois ne "crochent" pas sur la gratuité des transports pour tous. Pourtant, tout les groupes politiques devront s'approprier cette idée dans les années à venir au vue de l'explosion du tarif des carburants au risque d'accroître les inégalités face au droit au transport pour tous. Les plus visionnaires ou politiquement opportunistes passeront aux travaux pratiques avant que cela soit devenu une nécessité "d'intérêt général" première. Comme vous le précisez, comptablement la gratuité des transports apparaît comme une opération sans grandes conséquences au point de vue financier vu le coût que représente la mise en place d'une billetterie. A Brest, malheureusement, faudra attendre un changement radical de municipalité (fusse t-il par une municipalité qui assume ouvertement sa droititude idéologique) pour s'engouffrer dans cette voie de l'innovation. Au vue de la droititude de la "gauche" actuelle, une "gauchitude" des "droites" actuelles s'afficherait localement comme révolutionnaire. Une opportunité pour les militants du MODEM s'ils se décident à s'émanciper de l'attitude mi figue mi raisin ("ni de droite ni de gauche") qui ne les avait pas servi durant la campagne des élections municipales de 2008 ?
Ecrit par : Chris Perrot | 08/08/2008
Une alternative à droite ? Et avec qui ? L'UMP brestoise est en ruine, et je vais vous dire (de l'intérieur) que ce n'est pas près de s'arrêter. Le déclin de Brest non plus, par la même occasion.
Ecrit par : Robbie | 18/08/2008
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