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06/08/2008
Le naufrage de Brest 2008 (4)
Aujourd'hui, troisième jour sans électricité pour Trollibus, qui a pourtant payé dans la semaine avant la coupure par EDF. Ma journée va se passer de points d'accès publics en bistrots wifi, ce qui n'est pas toujours évident. J'avais besoin de refaire mon CV d'urgence et de l'imprimer, je ne peux plus y accéder. Les responsables continuent à jouir de l'emploi à vie et de l'électricité gratuite.
Trollibus, une sorte de cyber-claudo en somme. Bizarre pour quelqu'un qui peut faire économiser plus de 400 millions d'euros à sa ville, et qui milite pour l'adoption de technologies moins chères et d'avenir.
Ma conclusion sur Brest 2008 était prête, mais j'ai préféré attendre en lisant dans la presse l'affaire des emplois au noir dans la restauration. En fait l'information est incomplète sur l'ensemble des festivités.
Tout d'abord, à ma connaissance le bilan financier de Brest 2008 n'est toujours pas publié. Certains comme Chris Perrot prétendent qu'il n'y aura pas déficit car le manque a été habilement masqué par une augmentation de la subvention à l'avance. Mais j'entends ci-et-là des rumeurs comme quoi il y aurait quand-même malgré cela un déficit.
Ces rumeurs émanent de gens proches du PS, qui se rencontrent entre eux. Et nous on n'a toujours pas le droit de savoir. On est des citoyens de seconde zone. Et puis savoir qui va payer ne suffira pas. On a le droit de savoir aussi qui a gagné.
Par exemple, il semble que ce soit encore l'entreprise Yellowcake qui a obtenu le marché du site Internet de Brest 2008. Si cela est le cas, ce ne serait pas illégal, mais profondément irritant. Irritant parce que le dirigeant de Yellowcake, M. Julien Sévellec, est le fils du dirigeant de la fête, M. Jacques Sévellec. Et que M. Julien Sévellec a déjà obtenu le marché de la SOPAB, dont M. Jacques Sévellec est directeur. Ainsi que la plupart des marchés publics brestois pour les sites Internet. Pas illégal, mais irritant.
Pour ma part j'attends toujours la grande enquête sociologique sur les carrières des enfants des sympathisants du PS brestois. C'est curieux, il semble que les sociologues de l'UBO ne soient pas pressés d'aborder ce sujet... J'aimerais bien savoir aussi qui bénéficiait d'un emploi à vie et qui était chômeur parmi les bénévoles de Brest 2008, et comment les tâches ont été réparties. Là non plus, les sociologues de l'UBO ne semblent pas motivés.
On me dit qu'il y a eu aussi un trafic de tickets d'entrée. Je n'ai pas les moyens de le vérifier, mais je voudrais savoir qui a gagné quoi.
J'aimerais savoir aussi qui a eu le droit de vendre quoi dans l'enceinte de la fête, selon quelle procédure ils ont été agréés, combien ils ont gagné, et comment ils ont participé aux dépenses.
Si tout cela ne devient pas transparent pour Brest 2008, alors on peut légitimement entretenir les pires craintes pour le chantier du tramway, qui engagera des sommes bien plus importantes, et dont les actionnaires ne sont toujours pas connus.
L'absence de transparence et le grand silence après la fête font partie du naufrage moral et qualitatif de Brest 2008.
11:45 Publié dans Démocratie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, PS, Brest 2008, Précarité, Brest







Commentaires
En qualité de citoyen, le droit d'accès aux documents administratifs (loi du 17 juillet 1978) permet d'avoir accès à certaines informations sur la ventilation du budget de ce type de manifestation. Par exemple demander copie du budget prévisionnel de l'édition 2008 ainsi que celle du compte de résultat apportera quelques indications pertinentes. Le budget prévisionnel peut être déjà communicable. Quand au compte de résultat , vaut mieux attendre quelques mois pour avoir communication d'un document finalisé. Il y aura en effet des réglements à effectuer dans les semaines et mois qui suivent (TVA par exemple). La pertinence de la démarche consistera à comparer en outre ces données avec les comptes de résultat des éditions 2000 et 2004 pour apprécier les affectations budgétaires qui sur certaines points risquent d'avoir explosées, quid à suivre l'évolution sonnante et trébuchante de la partipation des collectivités locales.
Vous dites que la SOPAB était organisatrice de la cette manifestation. Moi qui croyait naïvement que c'était une association loi 1901...
Concernant un éventuel trafic de billets d'entrée, j'ai eu aussi écho de cette rumeur. Ceci dit, l'argument serait un peu léger pour être utilisé pour justifier la baisse conséquente de la vente de billets par rapport à 2004 (billetterie instaurée sans base légale de surcroît).
Quoiqu'il en soit, s'il y avait un bilan financier déficitaire comme vous le suggérez, je serait le premier étonné vu l'augmentation conséquente de l'implication financière de la ville de Brest et de BMO dans la budgétisation de cette manifestation. A ce titre, je trouve étonnant que des indications sur le nombre de billets effectivement vendus n'est pas été relayé par la presse locale dans les jours qui ont suivis "Brest 2008". Etonnant, non ?
L'on peut souhaiter que nos médias locaux (partenaires de la manifestation) ne s'arrêtent pas aux discours des organisateurs pour aller plus loin que les publi-reportages élogieux qui ont accompagnés toute la préparation et la durée de cette manifestation à gros budget.
Ecrit par : Chris Perrot | 07/08/2008
Pour un budget prévisionnel initial de 12 millions d'euros (78 714 840 francs), l'organisation de "Brest 2008" a coûté au final 13,16 millions euros (86 323 940 francs) soit un coût supplémentaire de 1 160 000 euros (7 609 100 francs) par rapport à l'estimation de départ.
Dans les faits, durant l'automne 2008, la Ville de Brest et la communauté d'agglomération (BMO) ont votés chacune une "subvention d'ajustement" de 350 000 euros soit un subventionnement complémentaire total de 700 000 euros (4 591 699 francs) à l'intention de l'association "Brest 2008" intégrée dans des décisions modificatives budgétaires proposées au vote des élu-e-s afin de faire la soudure. Ni vu, ni connu...
Officiellement, il n'y a donc pas eu de déficit mais un budget "maïtrisé" (sic).
En réalité, un budget qui a explosé par rapport aux éditions précédentes et un déficit financier non avoué à la population brestoise. Si l'on rajoute l'arnaque du péage illégal excluant, ce n'est pas très glorieux pour les élu-e-s brestois en terme de bilan financier.
Ce n'est pas encore la crise pour la politique paillettes de nos notables...
Ecrit par : Chris Perrot | 20/02/2009
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