« Le naufrage de Brest 2008 (1) | Page d'accueil | Le naufrage de Brest 2008 (3) »

16/07/2008

Le naufrage de Brest 2008 (2)

Dans mon dernier article j'ai traité de quelques aspects économiques de Brest 2008. Je voudrais aujourd'hui aborder certains aspects juridiques et sociaux.

Le premier problème que pose cette fête est l'occupation quasi illégale de l'espace public. Imaginez par exemple que vous vouliez vous rendre à l'embarcadère pour les îles. Eh bien, à cause de Brest 2008, cela est devenu impossible, sauf à payer 13 euros pour une fête qui ne vous intéresse pas, et même vous gêne dans vos déplacements.

Cela n'est pas indifférent, c'est la liberté fondamentale d'aller et venir qui est contrariée par le PS local. Apparemment en toute impunité, puisque c'est le PS local, le grand réseau qui règne sur la ville. Normalement, l'espace public est un espace neutre et gratuit, qui vous permet d'accéder aux espaces spécifiques où vous allez payer. Ici, il faut payer même si vous voulez seulement traverser le port de commerce.

Le symbole de la captation du 14 juillet par Brest 2008 est très révélateur, et plutôt inquiétant. Il est vrai que l'accès était gratuit à partir de 22h30, mais la fête nationale a quand-même été captée dans le périmètre de Brest 2008. Auparavant, les feux d'artifices étaient souvent lancés du château, lieu en hauteur donc, ce qui permettait à toute la ville d'en profiter. Pour une fête nautique, la solution qui s'imposait, autant pour le prestige du site brestois que pour le service aux citoyens, était de lancer les fusées sur l'eau, dans la rade, comme on le fait à Venise ou certaines grandes villes lacustres.

Au contraire, le feu d'artifice a été rabaissé dans le cirque (au sens géographique) du port de commerce, afin de pousser les citoyens voulant accéder à leur fête nationale à entrer dans le périmètre de Brest 2008. Avec bien sûr un profit privé pour différents acteurs économiques. Mais nul doute qu'aucun de nos brillants élus socialistes ne se lèvera pour dire que "la République est en danger".

Car dans l'enceinte de Brest 2008, le PS organise sa petite "République" à lui. Cette nouvelle société PS est composée de trois classes sociales.

Tout en haut, il y a les chefs d'entreprises, les profs de l'UBO et autres notables cooptés par le PS, qui ont droit à un accès privilégié aux bateaux. Cela est particulièrement odieux lorsqu'on se promène en famille sur les quais le soir, quand on voit tout ces beaux messieurs dames faire ripaille sur les ponts, et qu'on doit expliquer aux enfants que nous on n'a pas le droit d'y accéder pour visiter. Que nous on est des humbles. Espaces réservés, espaces privatisés, espaces privilégiés.

Tout en bas de cette échelle sociale, il y a une petite foule de précaires, jeunes diplômés ou pas, chômeurs de longue durée ou pas. On les qualifie de "bénévoles", mais ce sont souvent des gens aux abois qui montrent leur bonne volonté en espérant dégoter un emploi, et que la fête va utiliser pour les travaux les plus ingrats et les moins visibles. En fait d'emploi, ils se retrouveront à ramasser les ordures des agapes des chefs d'entreprises, ils le feront gratuitement, et les organisateurs les renverront ensuite dans l'anonymat. La fête passée, la presse n'en parlera pas.

Entre les deux, il y a la classe moyenne, celle des responsables associatifs. Ce sont souvent des sympathisants du PS, disposant déjà d'un emploi stable, et qui assoient leur insertion dans ce réseau par leur visibilité. Ils font l'interface entre les notables et les précaires, distribuant privilèges aux uns et corvées aux autres. Ils ont aussi la charge de donner la tonalité officielle de la fête, de la faire passer pour un événement sans classes sociales, bon enfant et ouvert à tous.

Ils sont aussi chargés de faire croire au monde extérieur que cela est sympa, frais et rassurant de remplacer un espace productif par un espace festif. A la manière typique du réseau PS local, il ne sont pas chargés d'agresser, mais de taire, de passer sous silence, d'étouffer les problèmes.

Lorsque l'on a compris tout cela, le choix du tramway prend un tout autre éclairage que celui d'un "équipement moderne pour notre métropole".

La municipalité avait la possibilité de réaliser le transport public entièrement gratuit (le coût de la billetterie équivalent en gros aux recettes des tickets). Elle a choisi de créer une zone de transport de première classe, qui non seulement va gêner mais aussi enchérir les bus dans le reste de l'agglomération.

La municipalité avait la possibilité de respecter le référendum populaire, mais elle a préféré se recroqueviller dans un cercle restreint de notables plus ou moins loufoques, cooptés et méprisants.

La municipalité avait le choix de ne pas engager cette dépense, pour prévoir prudemment à la récession certaine qui suivra la perte d'activités dans notre ville, et préserver les postes budgétaires importants. Elle a choisi au contraire la fuite en avant et de mettre encore plus le budget en péril, donc de faire fuir encore plus entreprises et ménages imposables.

La municipalité avait le choix de l'avenir, elle a choisi la régression.

Faire une fête de vieux gréements, c'est vrai que c'est beau. Mais comment se fait-il que le PS, d'habitude si prompt à la repentance et à l'analyse culturelle, n'ai jamais organisé le moindre colloque ou la moindre réflexion sur les conditions sociales qui régnaient à bord de tous ces navires des siècles passés ? Rien sur la violence ? Rien sur l'exploitation ? Rien sur les conditions de vie et l'avantage du progrès technique ? Alors, inconscience ou consentement ? Et quel avenir pour Brest ? Le fond de cale pour les uns, le pont supérieur pour les autres, et entre les deux les sympathisants socialistes en garde chiourmes ? Et le drapeau de la République pour les privilégiés ?


Commentaires

A vous lire, il n'y a eu que des membres ou des sympathisants du PS qui ont "profité" de Brest 2008...
Et tous les commerçants, gens de droite et de gauche qui ont en mis plein leurs poches, et tous les gens qui ont aimé la fête...
Je suis anti Brest 92 à 2008, je suis anti Brest départ tour de France, mais quand même... N'en rajoutez pas.
Mon blog : jeuxfriands.

Ecrit par : nuageux le moal | 16/07/2008

Je suis entièrement d'accord concernant les critiques sur la fête des vieux gréements, mais cet acharnement contre le PS est ridicule. La situation est la même coté Douarnenez(qui connaît l'alternance politique), et pour les fêtes de Cornouaille à Quimper(alternance également), au point de couper carrément l'accès aux commerces et administrations du centre ville, ainsi qu'en blocant les transports en commun, sans que les éventuels passagers n'en soient informés.

Ecrit par : Stéphane Ascoët | 17/07/2008

je résume mon opinion sur l'édition 2008:

1: Tarif inadmissible pour voir ça, surtout quand on est brestois et qu'on nous fait payer l'accès à la voie publique!
2: principe de séparation de la ville, faisant penser à Berlin et le service de sécurité digne descendant des vopos!
3: Nullité culturelle de la fete, et c'est pas les clownerie du fourneau sans rapport avec la culture maritime qui vont relever le débat.
4: Bateau invisble en journée...
5: Ou sont les gros bateaux?? Ben a Rouen, vous pouvez pas vous mettre d'accord avec Rouen!
6: Les bateaux sont innacessibles à part le soir pour quelques privilégiés des entreprises locales ( on peut parler d'oligarques?) et de la puissante machine municipale brestoise, je ne vais pas être mavaise langue je ne vas pas dire du PS local!
7: Pas ou peu de concert alors que le tarif est le même qu'en 2004.

8: Organisation merdique, bénévole omniprésent et inutile, j'en ai compté 18 à une entrée plus 7 agents d'insécurités, en pleine après midi alors que personne n'y passait!

je vais finir en beauté!
9: Stand des pays invités trés moyen pour pas dire merdeux, à part Norvege comme à son habitude et la Croatie.
10: Omniprésence en penfeld de marchand du temple vendant toute sorte de merde n'ayant aucun rapport avec la fete on se serait cru au marché de St Louis en moins bien! Omniprésence des stands de nourritures, et boisson dont certaines faisaient vraiment miteuses. payer 13 euros pour voir un supermarché et être gavé de pub c'est soulant. meme pour le départ de grande régate il y a moins de pub. Ou est l'esprit maritime la dedans???
11: Service de sécurité dedmandant les ticket non usités prétextant de dépanner des gens arrivant après la fermeture des guichets et revendant ces tickets avec un bénéfice pour leurs poches.


Alors à l'avenir quitte a faire payer, autant baisser le prix et etre moins regardant sur les entrés ca évitera de payer trés chers un service de sécurité qui des votre dos tourné vous vole trés largement. Et cela permettra a plus de gens de venir, un tarif vers 6-7 euros serait plus judicieux et attirerai bien plus de touristes et de brestois qui rechigne à payer 13 euros pour aller boire un verre sur le port après une journée de travail. Aucun tarif pour les brestois alors que nos impots vont encore servirent a rembourser le déficit. Enfin j'arrète de me plaindre j'ai pu voir toute la gamme renault a defaut de voir de près les narives, comme quoi vous êtes nuls pour faire une fête, mais pour le marketing vous savez y faire.

ps, j'avais oublié le cas de la voile humaine, qui était bien sur le papier mais moche en vrai, et ridiculement petite sous ces tristes arches du pont de Recouvrance, donc si vous voulez gagner de l'argent virez ce genre de gaspillage.

Ecrit par : Patrick K. | 18/07/2008

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.