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27/05/2008

La pyramide de Shimizu

Comme précédemment évoqué, le monde évolue sans nous, les villes des pays développés se lancent pleinement dans l'urbanisme du 21ème siècle, tandis que Brest gaspille ses ressources à essayer d'imiter une mode de la fin du 20ème siècle, elle-même une sorte de revival très design et un peu décadent des moyens de transports collectifs du 19ème siècle.

Pour commencer, je vous propose de regarder cette brève vidéo d'introduction, qui traite d'un nouveau quartier en projet dans la baie de Tokyo :






Tokyo ville pyramide - Ma-Tvideo France3
Tokyo ville pyramide - Ma-Tvideo France3



Maintenant essayons de résumer.

Il s'agit non d'un bâtiment, mais d'une structure urbaine supportant plusieurs bâtiments. Ces bâtiments reposeront sur des tubes formant une pyramide, haute de 2 kilomètres, large de 8 kilomètres carrés, offrant pour la totalité de ses étages une surface portante de 88 kilomètres carrés.

Le paramètre le plus marquant est qu'il est impossible de supporter tous ces bâtiments en l'état actuel des techniques. Beaucoup trop lourd. Par exemple une structure en acier inox serait déjà beaucoup trop lourde, même entièrement vide.

Vous me direz alors "Pourquoi faire des plans sur la comète comme ça, puisqu'on sait bien que c'est irréalisable ?". Eh bien le projet existe, de même que le cas de l'hydrogène islandais déjà évoqué, dans une perspective plus large, une perspective de promotion de l'industrie nationale pour le 21ème siècle.

De même que la toute petite centrale à hydrogène de Reykjavik sert en fait de Recherche & Développement dans le but de doter plus tard l'Islande d'une flotille de pêche entièrement indépendante du pétrole, l'entreprise de bâtiment Shimizu et la municipalité de Tokyo utilisent ce projet pour mettre en valeur les solutions japonaises de nanotechnologies. En effet, avec les nanotubes de carbone déjà en période de test, la structure portante de la pyramide devient alors 100 fois plus légère, et en plus plus résistante. De même elle se dégradera moins au fil du temps, nécessitera moins d'entretien, etc.

Je vous laisse imaginer les perspectives d'exportation pour ce pays s'il devient leader dans le domaine des matériaux de construction. C'est tout l'urbanisme mondial qui est concerné.

Et ici, à Brest ? Eh ben on a notre train-train Alstom, auquel on vient d'ajouter des hublots pour faire joli. C'est sûr que dans la baie de Tokyo, face au Pacifique, il s'inclinent tous avec respect pour saluer notre primauté dans l'identité maritime, avec notre belle "métropole océane". Aucun problème. Ils peuvent venir. Le maire offre même le kyr royal quand ils veulent.

J'ai déjà expliqué que ce projet de tramway brestois constituait en fait un frein à l'avènement des moteurs propres, mais jusqu'à présent je ne m'étais jamais préoccupé des matériaux de la carosserie et du chassis. Il semble que là non plus aucun effort ne soit envisagé par les responsables brestois pour nous faire entrer dans le 21ème siècle.

Pourtant, c'est un principe écologique fondamental. Prenons par exemple une maison que l'on veut réaliser en écoconstruction : il est évidemment plus intéressant de diminuer les besoins en chauffage, plutôt que de chauffer intensément puis isoler la maison comme une capsule spatiale ensuite. C'est ce qu'on appelle la préférence à l'inertie thermique. Ou, pour parler plus généralement, il est préférable de ne pas polluer, plutôt que polluer et nettoyer ensuite.

Les bus brestois, s'ils devenaient plus légers, non seulement diminueraient considérablement la facture de la ville, mais aussi montreraient l'exemple pour l'industrie mondiale. Et des partenaires industriels, on en trouverait facilement pour ce genre de modèle.

Mais pour cela, il faudrait quitter les réseaux politiques contrôlés, réfrénés du Parti socialiste brestois, et s'ouvrir aux compétences normales qui évoluent tout autour de nous. Il faudrait lâcher prise. Il faudrait quitter la tribu.

Pour terminer sur ce projet de Shimizu, signalons que les bâtiments insérés dans la structure pyramidale seront entièrement alimentés par énergie solaire et éolienne. A comparer avec le projet retenu pour la quartier des Capucins à Brest. C'est-à-dire qu'on a l'air un peu arriérés, pour rester poli.

Les transports entre les bâtiments s'effectueront dans les tubes, qui seront creux. Profitant du contrôle total sur le réseau en période de conception, il est prévu que cette nouvelle ville ne possédera pas de voitures, mais des wagons personnels sont envisagés, et sont également en phase de test. Eh oui, les Japonais ne se sentent pas obligés d'imiter le 19ème siècle, en imaginant le transport urbain de demain.

Et là aussi, ils auront les marchés. Et François Cuillandre prendra un pot tranquillement à Molène, avec ses multiples retraites.

Commentaires

J'ai adoré cet article ci-dessus, effectivement nous essayons de coller ou recoller qqs morceaux avec de la vieille colle périmée depuis bien lurette. Mais voila! nous ne pouvons pas d'un côté former les gens à réduire les temps de travail, ou devenir des chômeurs professionnels, et de l'autre développer l'industrie sans les parasites syndicaux, pour aller de l'avant. A force de mijoter, il ne reste plus rien dans la gamelle.

Ecrit par : DUMUOLIN Daniel | 01/07/2009

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