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24/04/2008

Bof, quel ennui !

La presse a salué récemment le geste de "démocratie" de la Semtram consistant à "confier" le choix de la couleur des rames aux Brestois.

Je suis tenté de baisser les bras devant tant de superficialité. On s'enfonce à Brest, c'est inquiétant comme on s'enfonce...

Si l'on creuse un peu, on trouve que le jury sur le choix de la couleur sera constitué de 120 personnes, dont seulement 40 citoyens.

Les 40 citoyens seront tirés au sort, on ne sait pas comment. Où pourra-t-on vérifier la sincérité de ce tirage au sort ? Cela n'est pas annoncé. Pas important à Brest.

Les 80 autres, donc majoritaires bien évidemment, seront des "élus, fonctionnaires, commerçants, jeunes, artistes...". On en sourit tant cela semble caricatural. Rien que des gens très très bien bien sûr, sélectionnés selon leur capacité à exprimer leur indépendance intellectuelle et leur intégrité par rapport aux pouvoirs en place.

Y'a des gens bien à Brest, des gens tellement bien qu'on vient les chercher pour qu'ils donnent leur avis sur une couleur. Vous vous n'en êtes pas bien sûr, vous n'êtes pas compétent sur les couleurs.

Voilà l'état de la démocratie à Brest. Non seulement on nous troque un référendum sur le projet contre un avis sur la couleur du résultat, mais en plus il faut que cet avis soit minoritaire, entièrement sécurisé.

Du référendum négatif de 90 au simulacre actuel, quelle déchéance, quelle perte de niveau, quelle tristesse ! La municipalité PS ne pousse-t-elle pas le goût du contrôle jusqu'à un ridicule pathétique ? Tout ce que cela m'inspire, ce n'est pas de la révolte, mais un soupir d'indifférence.

Et en plus, on nous annonce en même temps que les couleurs intérieures ont été choisies en référence à la mer. Ce vieux mythe de "Brest, ville de la mer", qui nous plombe depuis des décennies. Qui nous plombe parce qu'il nous laisse croire que nous faisons naturellement mieux dans le domaine de la mer que les autres villes actives et concurrentielles sur les côtes françaises ou européennes.

Et grâce à cela la municipalité est toute fière de signer ses documents de promotion par un nom de pizza pour la Communauté urbaine: Brest Métropole Océane (sic).

Mais que tout cela est ringard. Brest, métropole des ringards. La honte. L'ennui. La médiocrité poussée jusqu'à l'écoeurement.

Commentaires

... La pizza, avec des câpres S.V.P !

Le plus pathétique c'est l'énergie médiatique que met la Ville à considérer les brestois pour des imbéciles, où il suffirait d'un emballage médiatique le plus populiste possible pour faire gober n'importe quoi. La gouvernance sur la gestion de l'émotion, cela commence à lasser.

A la lecture de l'article cité, j'ai eu le même sentiment que vous. L'on s'en fout royalement du mécanisme cencé être démocratique pour choisir la couleur des fauteuils du tramway municipal. Lorsque l'on connaît la volonté des élu-e-s de la gôche brestoise à faire réellement vivre la démocratie dans notre ville, l'on se roule par terre, mort de rire. Des Conseils de quartiers "fermés" aux habitants et dont les sujets sont soufflés par les élu-e-s qui y siégent. Des scrutins opaques et incontrôlables imposés depuis quatre années aux électeurs par monsieur Masson et Cuillandre. Monsieur Masson, qui par cette opération de communication "couleur des siéges" voudrait rederesser son image de défenseur de la démocratie ? Je vous le dis, mort de rire...

Arès la couleur des sièges, c'est l'avis des jeunes sur le sujet qui est d'actualité. Cela "rame" au service com' de la Semtram pour nourrir "l'acceptation" d'un projet imposé et déjà décidé quoique puissent être certaines faiblesses (et pas des moindres) du dossier.

Ecrit par : Chris Perrot | 24/04/2008

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