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15/04/2008
Un Conseil communautaire de République bananière
J'ai devant les yeux la liste de pas moins de 24 nouveaux conseillers communautaires. 24 rémunérés pas moins de 2 437 euros chacun, ça faisait en tout 701 856 euros par an d'économies possibles pour l'agglomération brestoise.
Et après ça, on va nous dire bien sûr que "y'a plus de sous pour une nouvelle crèche ma pauv' dame" ou "les temps sont durs, on ne peut vous embaucher que quelques jours"...
Tous les partis politiques proposent leurs solutions pour l'emploi, toutes à considérer, mais y'en a-t-il un seul qui propose de fournir un deuxième revenu à ceux qui ont déjà un emploi, stable et bien rémunéré ? Les partis ne sont-ils pas devenus des machines à fournir des privilèges à des gens déjà privilégiés, et à employer des précaires gratuitement pour coller des affiches ?
Qui parlera de ce prolétariat de jeunes gens compétents qui gravitent autour des élus, et qui dans le secret de l'isoloir votent finalement contre leurs propres candidats, tellement ils sont dégoûtés, et en connaissance de cause ?
Quel organe de presse sortira de la bienséance d'une série d'interviews personnelles du genre "Je suis fier d'accomplir cette mission" ou "la tâche est immense mais je m'y attelle par dévouement pour mes concitoyens" ? Quel organe de presse osera publier des vérités outrageantes du genre "Jacqueline Héré s'est couchée à un tel point que cela embarrasse même ses collègues du Conseil communautaire" ou des stratégies plus subtiles du genre "Michel Briand délègue prudemment tous les sujets environnementaux à d'autres militants Verts afin de rester au mieux avec le PS" ?
Qui parlera des pratiques d'employeur voyou de certains élus actuels ?
Non seulement l'attribution d'un second revenu est en totale contradiction avec la précarité dans laquelle s'enfoncent nombre de Brestois méritants, mais en plus ce second revenu est attribué sans conditions de compétences, de résultats ou d'assiduité. Il s'agit donc non d'une bourgeoisie mais bien d'une aristocratie.
Qui dira les facilités dont bénéficient nombre d'entre eux pour s'absenter de leur lieu de travail, alors que pour beaucoup de nos concitoyens le moindre retard involontaire peut entraîner un licenciement ?
Au lieu de ces 24 attributions douteuses, il était possible d'embaucher 24 spécialistes au chômage, ce qui aurait été plus bénéfique pour l'économie brestoise, et aussi plus civique, plus efficace, plus solidaire.
En plus, quand on scrute le libellé des attributions, apparaissent des redondances douteuses. Ainsi :
- M. Huret est chargé de "l'économie", M. Briand de "l'économie solidaire" et M. Sarrabezolles de "l'emploi et de l'insertion"
- M Rioual est chargé de "la coordination de l'espace public (voirie, espaces verts, etc.)", et Mme Dubois des "espaces verts et espaces naturels sensibles"
- M. Rioual est chargé de "la coordination de l'espace public (voirie, espaces verts, etc.), M. Joanny des "transports et de la voirie", Mme Cibaud de la "propreté", M. Paul de "l'eau et de l'assainissement"
- Mme Bachelier est chargée de "l'égalité hommes femmes dans la vie locale", Mme Héré de "la démocratie et la citoyenneté"
- M. Caroff est chargé de "l'urbanisme et l'habitat", Mme Quiger du "logement social"
Il y a d'autres compétences qui se recoupent largement. D'autres ou la compétence de la personne par rapport au thème n'est pas plausible. Autant dire que chacun en a eu pour son argent. A ce point-là, on peut se demander si les dindons de la farce ne sont pas les élus qui n'ont pas obtenu de délégation, eux qui vont se taper des réunions à n'en plus finir sans rémunération.
Je parierais même que ceux qui restent conseillers de base sont ceux qui étaient déjà professionnellement les plus précaires.
Mais, par dessus tout, était-ce dans l'esprit de la Constitution de fournir de tels privilèges à des gens qui :
- refusent à leurs concitoyens un référendum
- refusent de publier la liste des actionnaires d'un grand chantier
- refusent de commander une étude sur les meilleures solutions possibles
Les limites de la bienséance sont franchies depuis bien longtemps, de l'honneur même dans le cas du Parti communiste (Jacqueline Héré, Maxime Paul, Gaelle Abily), mais quid des limites de la vraisemblance ?
Dans ces conditions, ne faut-il pas quitter Brest pour le périurbain, afin d'éviter de payer ces gens ? Ou pour tourner la question autrement, pourquoi rester dans la Communauté urbaine si on n'y profite pas personnellement d'un poste de vice-président ?
Je vois que beaucoup d'adhérents du réseau socialiste, qui sont dans des postes moins visibles de conseillers ou autres, ont quitté l'agglomération depuis bien longtemps. Cela ne les empêche pas de venir profiter de privilèges à Brest. Alors, pourquoi se gêner ?
Ces 24 vice-présidents, à la fois socialement aristocratiques et personnellement médiocres, n'incarnent-ils pas physiquement le manque d'attractivité de Brest par rapport au Pays de Brest ? Pourquoi ne parle-t-on que des motivations des ménages d'aller ailleurs pour trouver moins cher, et ne parle-t-on jamais des motivations des citoyens lucides de quitter Brest ?
Pourquoi quelqu'un de compétent et au chômage, qui aurait pu être embauché à la place de ces privilégiés, devrait-il rester à Brest ?
09:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Privilèges, BMO, Pays de Brest, Brest
Commentaires
Ouf,
je croyais les Français définitivement plongés dans un coma prolongé !
Grâce à vous ,Monsieur, s'expriment des tas de gens ,des dizaines de milliers de Personnes ,ici ,dans notre Communauté.
Et j'espére simplement qu'il en est de même et en France et en Europe( là c'est quasi certain) ,aussi bien que sur les autres Continents.
Merci aux Syndicats à Llubana ,merci (?) si j'ose dire ,aux émeutiers de la faim,aux Roumains de la "Dancia",aux journalistes qui osent parler de l'intercommunalité et de la supercherie exercée-d'un point de vue de torsion du cou de la démocratie- quand vous voyez les vrais (le vrai ? ) détenteurs des pouvoirs appartenir à des non élus de commissions ,telles que celles que vous rappelez,par leurs noms si bien choisis comme paravent.
(Entre nous,les militaires,gens honnêtes et efficients,non riches puisque fonctionnaires,tels ceux de l'épisode du "Ponant",auraient fait mieux en matière de camouflage :mais au moins pour une noble cause humanitaire,sans distinction de parti,race ,religion...comptes en banque ,garnis et dégarnis,c'est selon..)
...
Je crois,Monsieur,que vous n'êtes pas seul,loin de là !
Je pencherai même pour une large majorité "silencieuse" ,laquelle bien que votant contre ses intérêts ,reste attachée aux fondamentaux de la démocratie ,tels que vous les exprimez.
Ecrit par : Jean Louis Bars | 15/04/2008
Pour être factuel, l'on n'évoquera le terme "salaires" mais "d'indemnités" concernant l'argent que la collectivité versera aux élu-e-s.
Cela dit, l'on ne peut que constater comme vous l'inflation en terme de délégations. Vous mettez justement en avant les doublons en ce qui concerne les domaines de compétences attribués aux élu-e-s. Où l'on constate que pour certains la délégation correspond plus à un remerciement du PS vis à vis de leur docilité et de leur capacité de renoncement idéologique .
Ecrit par : Chris Perrot | 15/04/2008
Encore une fois, vous visez juste...
Ne connaissant aucun de ces conseillers, j'ose espérer qu'ils aient tout de même des compétences à mettre au service de l'intérêt général, même s'ils n'oeuvrent pas dans leur domaine de prédilection (il y a bien ce que l'on appelle les compétences transversales !)
Plus sérieusement, je vous rejoins sur la question de la précarité, qui touche nombre de gens très compétents, qui s'étend bien au-delà des privés d'emploi, les vacataires, travailleurs à temps partiel par exemple, qui doivent faire preuve d'une multitude de compétences pour conserver ce qu'ils ont...
Merci d'inviter le lecteur, au travers de vos écrits, à réfléchir sur ce sujet, à le mettre en lumière, en attendant des actions concrètes qui ne peuvent venir que des décideurs.
Ecrit par : L.M. | 18/04/2008
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