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11/04/2008
Saudade de printemps
Bonjour à tous. Je me suis éloigné de ce blog quelques jours pour raisons personnelles, et je reviens en plus pour vous expliquer pourquoi je vais publier moins régulièrement désormais.
Premièrement, j'ai commencé à préparer un texte complet en préparation de la prochaine enquête d'utilité publique sur le tramway, qui reprendra de façon plus structurée des arguments présentés ici, et en inclura de nouveaux que j'ai découverts depuis. Ce texte fera au moins 200 pages.
Deuxièmement, j'ai décidé d'écrire un autre texte sur ce que c'est d'écrire un blog politique, sur les aspects de modération des commentaires que j'ai déjà évoqués, mais aussi sur le rôle culturel du blogueur isolé par rapport aux partis et aux élus, par rapport à la presse, etc. Cela s'étendra nettement au-delà du sujet tramway, aussi il sera publié à part.
Voilà, ces deux textes impliquent donc une quantité de travail importante, dans une disponibilité personnelle qui elle n'augmente pas.
Mais la véritable raison pour laquelle je n'ai rien publié pendant presque deux semaines, c'est que j'ai senti que "quelque chose a changé dans la force", pour parler comme Obiwan Kenobi. J'ai senti et je sens toujours un rapport de forces entièrement différent, et je vais avancer avec prudence pour découvrir ce nouvel univers brestois.
Je ne sais pas encore si ce changement est positif ou pas. A en croire certaines conversations, ça ne m'étonnerait pas d'entendre annoncer un de ces jours un nouveau référendum sur le tram. Il me semble percevoir une évolution importante des mentalités. Ca ne m'étonnerait pas non plus d'entendre un de ces jours l'annonce d'importantes régressions économiques pour Brest, qui ont été tenues au secret pendant la campagne des municipales.
Tous les partis politiques ont changé après les résultats, mais de façon surprenante, le PS semble presque autant fragilisé que les autres.
On savait déjà que les élus locaux ne servent en grande partie qu'à appliquer des décisions et utiliser des budgets de l'Etat, ce qui pose le problème de leur légitimité, surtout vu la complexité des niveaux géographiques, agences thématiques et autres sinécures dont ils aiment à s'entourer.
On savait aussi qu'arrivent généralement en tête les couches sociales déjà privilégiées, ce qui pose le problème de la légitimité de leur attribuer des revenus personnels supplémentaires, surtout vue la précarité croissante de nos concitoyens.
On savait enfin que se placent dans ces scrutins de listes des personnages sans véritable talent, mais qui s'autoproclament comme représentants de diverses catégories sociales, et qui gênent l'arrivée aux affaires des jeunes véritablement compétents. En effet la posture du "Tu m'acceptes sans aucune critique ou alors tu m'insultes" ne constitue en aucun cas une compétence et ne fait jamais avancer les dossiers.
Mais tout cela ça vaut pour toute la France. Il semble qu'en plus à Brest, la désignation de Gaelle Abily au poste d'adjoint à la culture en ait scandalisé, voire démoralisé plus d'un au PS. C'était la goutte d'eau, le coup de pouce en plus qui a fait déborder le vase. En plus des défauts précités, il y a en effet dans ce personnage-là un je-ne-sais-quoi d'assurance aristocratique qui donne naturellement des envies de révolution à ceux qui la fréquentent.
Oui, il y a des gens qui se placent, mais il y a des degrés de non travail et de non engagement politique qui peuvent devenir gênants pour les collègues les plus conciliants. Oui, si le PS à Brest sert à protéger la carrière de Gaelle Abily, certains et non des moindres se demandent si la provoc est tellement grosse qu'elle ne met pas en cause la légitimité du budget culture dans son intégralité.
Et beaucoup de concitoyens peuvent se demander si ce n'est pas devenu un impératif de quitter immédiatement Brest, pour aller dans une commune où ils ne donneront pas un sou d'impôt à un budget culture, et pourront ainsi consacrer la somme épargnée à l'achat de réalisations culturelles.
Quoiqu'il en soit, l'ambiance à Brest a changé. Le Conseil municipal apparaît beaucoup plus faible qu'il ne l'était précédemment, y compris dans l'opposition. Bientôt il faudra bien faire des prévisions budgétaires, et constater que la base fiscale s'amenuisant, le projet du tramway n'est plus possible.
Ce sera sans doute déchirant pour François Cuillandre. Sera-t-il capable de prendre une décision spécifique aux besoins brestois, sans s'appuyer entièrement comme à son habitude sur l'exemple de ce qui se fait ailleurs ? Ou le Conseil municipal sera-t-il obligé de le renverser ?
Certains le savent peut-être déjà au PS, les bruits et les rumeurs ne manquent pas.
Quoiqu'il en soit, ce blog repart, dans un environnement désormais différent, plus dangereux et moins prestigieux, mais plus novateur aussi, plus porteur d'espérance, et nous verrons bien comment il pourra évoluer.
Et vogue la nef. C'est le printemps. La mer des sargasses resplendit de dangers, de désirs et de mystères.
10:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Municipales, Abily, PS, Brest
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