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22/03/2008
Maître au pôle
Pour un projet entièrement différent du tramway, je me suis récemment intéressé au site de l'Ifremer.
Et là, il m'est apparu ô combien cette institution était restée complètement indifférente à la campagne électorale qui a fait rage dans notre microcosme de politique locale. Même chose pour l'Institut polaire, d'ailleurs, ou la Marine nationale. Normal, puisque ces institutions reçoivent directement leurs budgets et leurs directives de l'Etat.
Et non seulement elles reçoivent leurs budgets et directives de l'Etat, mais en plus elles sont chargées par l'Etat d'oeuvrer sur les vastes mers du globe, loin, très loin au-delà de Brest.
N'est-ce pas un peu paradoxal ? Nous aurons eu une campagne censément centrée sur les enjeux locaux, passant complètement à côté des principaux employeurs qui nous font vivre.
On aura eu par exemple la question récurrente du "comment attirer des entreprises". Sans s'apercevoir que ce sont les institutions maritimes qui animent ici autour d'elles un réseau de petites entreprises, sans s'apercevoir que les grandes surfaces, directement ou indirectement, auront pour clients les employés de cette économie d'Etat.
Ainsi, bien que le départ du GESMA, et donc des PME qui vont avec, ait été évoqué juste avant la campagne, il n'en fut pas question chez nos candidats. Pas un mot pour essayer de conserver et d'améliorer ce que nous avons déjà, mais par contre des vues sur la comète à n'en plus finir pour essayer de devenir une "métropole" comme Rennes, Nantes ou Angers, qui bénéficient de la proximité de Paris.
Etrange, comme c'est étrange... En regardant ces sites, je me suis senti loin, isolé, perdu comme sur une île ventée du Pacifique sud. Sans le ravitaillement du Marion-Dufresne.
La campagne qui s'est déroulée n'aurait-elle pas en fait été adressée uniquement aux employés du privé qui n'ont pas l'honneur d'être protégés par des emplois d'Etat, et les fonctionnaires qui ont gagné, qui eux sont parfaitement au courant de l'omniprésence de l'Etat ici, jusqu'à l'endogamie, n'auraient-ils pas pour seul but de nous faire miroiter comme un succès une sous-économie de la précarité, avec le RMI et les CDD pour nous et les emplois protégés pour eux ?
La "protection sociale" que nous propose le PS est-elle la voiture-balai de la mondialisation, ou son dortoir plus ou moins oppressif ? Les assistantes sociales sont-elles un secours sympathiques, ou les sous-officiers qui nous accusent de toutes les carences, et nous demandent une "remise en cause personnelle", un "parcours d'amélioration des compétences" qu'elles ne subiront jamais.
Où sommes-nous, qui sommes nous ? Qu'est-ce qu'on nous raconte ? Qu'est-ce que c'est que des enseignants qui promeuvent Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international ? Qui sont ces professeurs de l'UBO qui encouragent les petits jeunes à "créer leur entreprise", et qui placent leurs enfants dans des emplois protégés ?
Mais bon, puisqu'on nous dit que nous sommes "métropole", c'est sûrement qu'on est importants ici. C'est sûrs que les entrepreneurs étrangers vont penser à nous. C'est donc avec plaisir que j'adresse dans cette note toutes mes félicitations pour leur victoire à François Cuillandre, et à son équipe. Rien que des gens importants... à Brest.
11:55 Publié dans Aménagement du territoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Municipales, Ifremer, Pingouins, Brest
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