« Du respect de soi-même | Page d'accueil | Maître au pôle »
21/03/2008
Capteurs pour la forme
Hier, le quotidien Ouest-France publiait un article sur la pose de multiples capteurs environnementaux le long de la ligne de tram.
Au premier abord, cet article ne pose aucun problème. Quoi de plus naturel en effet que d'effectuer des mesures avant un chantier. On pourrait se dire que Trollibus ne devrait quand-même pas s'en prendre à ça aussi.
Pourtant, à la relecture, certains détails m'ont paru étonnants.
On y apprend par exemple qu'en juin dernier, le sous-sol a déjà été sondé. Je m'étais déjà inquiété sur ce blog de la qualité des sols de la rue de Siam et du bas de Recouvrance, qui sont constitués de gravas de guerre amassés à la hâte, et des probables affaissements au fil des années dues aux vibrations du tram qui est de ce point de vue un véritable train, donc des immobilisations de lignes et des frais de travaux à prévoir. Mais cette étude, je ne l'avais trouvée nulle part.
Aujourd'hui, peut-on consulter cette étude ? Où peut-on la trouver ? Quels sont les résultats prévisionnels pour le tronçon Siam - Recouvrance ? Mystère et boule de gomme. On ne peut que constater que l'étude n'a pas été publiée pendant la campagne électorale, ni même son existence évoquée, alors qu'elle était disponible.
On apprend aussi que la qualité de l'air est mesurée autour de la ligne. Bon, pas de problème.
Mais une petite phrase indique que : "L'air est déjà de bonne qualité à Brest. Nous avons cette chance. L'arrivée du tramway améliorera un peu les choses. Mais ce sera minime." C'est là qu'on voit à quel point ce projet est peu adapté à la ville de Brest. L'air y étant systématiquement bon selon les mesures officielles.
Une ville comme Strasbourg par exemple avait atteint un tel niveau de pollution en son centre-ville qu'il fallait absolument faire quelque chose contre les voitures. Aujourd'hui, une diminution appréciable de la pollution est atteinte au centre-ville de Strasbourg. C'est donc un vrai succès du tram. Mais comme le centre-ville n'existe pas dans un univers séparé du reste de l'agglomération, on a aussi constaté une augmentation de la pollution plus à l'extérieur, d'une part par un ralentissement des voitures bloquées par les lignes de tram, d'autre part par un rallongement des trajets des particuliers qui évitent le centre-ville.
Ici à Brest, des capteurs sont donc placés autour de la ligne de tram, là où on est certains de constater une diminution du trafic de voitures, mais pas sur les axes extérieurs de l'agglomération, là où on est certains de constater un report du trafic de voitures. Pourtant c'est un phénomène que connaissent tous les urbanistes.
Enfin, l'article du Ouest-France précise que les capteurs seront très vite retirés. On n'est donc pas sûrs qu'il y en aura pour mesurer l'impact du chantier, tant en termes de qualité de l'air qu'en termes de bruit. Y aura-t-il des mesures uniquement pour les moments propres, avant et après les travaux ? Pour un chantier qui durera au moins trois ans, ne pourrait-on pas s'inquiéter un peu plus de la santé des gens qui travaillent à proximité, par exemple en leur donnant maintenant une estimation des poussières qu'ils vont inhaler ?
Par acquis de conscience, j'ai relu l'article du Télégramme équivalent, dans l'édition du jour précédent. Et là, je me suis aperçu que c'est la Semtram elle-même qui dirige les mesures, ce qui n'est pas révélé explicitement dans le Ouest-France. C'est donc bien la partie la plus intéressée qui est autorisée à conduire les études d'impact environnemental du chantier qui la fait vivre.
Pour le reste de l'agglomération, c'est un expert indépendant. Mais pour le chantier de la Semtram, c'est la Semtram.
Et là, on ne peut que constater que les études qui peuvent être gênantes, comme celles du sous-sol, ne sont pas publiées, et que les études des périodes (chantier) ou lieux (axes extérieurs) qui verront une augmentation de la pollution ne sont pas prévues.
Dans ces conditions, c'est avec un sourire que j'ai relu la phrase du journaliste de Ouest-France : "Les spécialistes brestois du transport en commun en site propre ne sont pas trop inquiets quant au bilan final. Les résultats devraient être bons". La Semtram publiera-t-elle un jour des résultats contraires aux intérêts de la Semtram ? J'attends de voir.
En attendant, tant que les analyses d'impact environnemental ne seront pas effectuées par un expert indépendant et les résultats officiellement publiés, ce projet m'apparaîtra insuffisamment transparent.
Au fait, je vais me répéter mais, si on pouvait connaître la liste des actionnaires de la Semtram, ce serait bien quand-même... enfin ça ferait pays normal, quoi...
10:15 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Municipales, Semtram, Pollution, Brest







Commentaires
Comme vous le mentionnez justement, une étude de la qualité de l'air d'une collectivité s'appréhende sur une analyse sur la globalité du territoire concerné et sur la durée. A lui seul des relevés sur l'axe Siam/Jaurès ne sont pas suffisant.
Etant habitué aux exercices d'intox métiatique de la collectivité brestoise, il me semble là important d'être vigilant et de suivre ce point de dossier. Quel intérêt que les capteurs soient retirés si l'on ne peux appréhender de telles mesures sur la durée ? Quid de l'objectivité de la Semtram en la matière ?
Je ne doute pas que les Verts brestois exigeront des analyses plus pertinentes en ce qui concerne l'analyse de la qualité de l'air à Brest.
Ecrit par : Chris Perrot | 21/03/2008
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.