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14/03/2008

L'état du PS (2)

Pour commencer, je vous propose d'aller faire un tour sur le blog de Marc Coatanea, responsable socialiste, l'un des blogs les plus animés pendant cette campagne.

Commencez par parcourir les commentaires. Vous y verrez à quel point M. Coatanea s'est senti fort au point de tolérer les argumentaires complets de ses oppositions de droite et de gauche. Vous y verrez aussi à quel point les sympathisants du PS ont jubilé en caricaturant leurs propos. Des souris et des chats.

Si vous avez eu le temps de faire cela, portez maintenant votre attention sur les articles de M. Coatanea eux-mêmes, ceux qui ont suscité les commentaires. Vous y découvrirez une plus grande pauvreté, des propos politiciens banals du genre "Tel concurrent est mauvais", "Encourageons notre liste", "Les autres on tort", "Vive nous", etc.

Un peu le genre de François Hollande, qui au niveau national, sans proposer de grands projets pour le pays, excelle dans le marquage petit des erreurs de ses adversaires.

La question qui se pose est donc : faut-il se prendre pour une ceinture noire, parce qu'on est ceinture verte devant des ceintures blanches ?

Et la réponse est que le PS brestois, faute d'adversaires à sa taille, s'est reposé sur ses lauriers et se croit invincible, voire parfait.

D'autres responsables, cependant, avouent en privé se demander "dans quel guêpier on s'est fourrés avec cette histoire de tramway". Même s'ils considèrent la victoire probable, certains profiteront quand-même de la confidentialité de l'isoloir pour exprimer un Non à François Cuillandre, simplement par prudence, simplement par bon sens, par crainte légitime des ennuis qui s'annoncent.

Un dossier technique mal ficelé, un programme non finançable, la certitude de ressources fiscales en forte baisse, de l'inflation du prix des matériaux du tramway (métaux...), les prochains conseillers municipaux, de quelque bord qu'ils soient, seront tôt ou tard structurellement obligés de dire stop au projet du maire.

Peut-être bien le maire lui-même, d'ailleurs, et ce serait de loin la meilleure solution.

Quand les élections seront passées, quand l'orgasme collectif fera place à la triste réalité des affaires courantes, alors, inévitablement, la réalité reprendra ses droits. Et quand les affres des oppositions de droite et de gauche seront oubliées, alors les mouvements citoyens commenceront.

Pour continuer dans la métaphore des arts martiaux japonais, il existait une règle de bonne tactique chez les samourais, celle de toujours laisser à l'adversaire une porte de sortie. Car quand l'adversaire est le dos au mur, quand il n'a plus le choix que d'avancer, il peut alors révéler une force insoupçonnée.

C'est ce qu'avait bien vu Pierre Maille, quand à l'issue du référendum négatif de 1990 il déclarait : "On ne peut pas faire le bonheur des gens malgré eux. Nous serions allés au devant de grogne, de procès, de contestations d'expropriation,etc. Ce n'était pas possible. On ne peut pas bâtir une ville dans ce climat."

Et beaucoup regrettent Pierre Maille au PS. Et beaucoup souhaiteraient que François Cuillandre s'en aille. Car je sais que beaucoup, vraiment, se demandent dans quel guêpier il est en train de les fourrer.

Et peut-être lui même, d'ailleurs, car il est loin d'être sot.

C'est pourquoi il est indispensable, pour les militants du PS comme pour ses opposants, de ménager à M. Cuillandre un porte de sortie honorable, dans le respect de tous devant une décision sage et courageuse.

Le PS est discipliné, il faut lui laisser les moyens d'un processus de changement interne. Le PS est fier, il faut que ses adversaires saluent ses capacités de jugement. Le PS est fort, il faut le laisser le montrer.

Car si cette porte de sortie n'est pas ménagée avec le tact et la prudence qui s'imposent, alors il se pourrait que bientôt au PS on commence à parler des deux seuls moyens de locomotion qui n'ont pas encore été évoqués pendant cette campagne : la moto et le canasson. De l'enfer.


Commentaires

Personnement j'avais il y a quelques mois tendu la perche au PS local pour se sortir honorablement du guêpier du dossier de leurs machines à voter opaques et invérifiables pour l'électeur. Peine m'en a pris lorsque l'on constate que ces matèriels anti démocratiques sont encore utilisées à Brest pour ces municipales. Le PS local attentant un parapluie ministériel ("Le méchant c'est Sarkozy") pour se décharger aux yeux des habitants du choix d'abandonner l'utilisation des ordinateurs de vote NEDAP. Cela ne grandit hélas pas la fonction politique.

Concernant M. Cuillandre, à croire qu'il aspirait à renouer avec une fonction de député pour sortir du jeu municipal brestois.

Ecrit par : Chris Perrot | 15/03/2008

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