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14/03/2008

L'état de la gauche

Pour essayer de donner une explication du malaise structurel brestois, je commence aujourd'hui une critique de toutes les tendances politiques en lice.

Qu'il me soit permis ici d'appeler "gauche" tout ce qui est à gauche du PS.

Je passe rapidement sur Lutte ouvrière et le Parti des travailleurs. Non pas que leurs propos soient insignifiants, loin de là, mais plutôt parce que je n'ai pas encore compris les querelles entre les différentes chapelles trotskystes. Je suis donc incompétent sur ce sujet.

Je remarque juste que, même dans une ville comme Brest, on arrive tout-de-même à trouver des centaines de sympathisants pour se retrouver à trois dans une campagne, ce qui semble être une faiblesse, au moins au point de vue arithmétique. Gauche Debout + LO + PT ont fait 8,99% + 2,29% + 1,65%, il y avait donc de quoi atteindre les 12,93%, placer quelques conseillers municipaux, mais surtout affirmer une alternative forte au PS.

Curieusement, on parle des divisions de la droite, mais les divisions de la gauche passent totalement inaperçues et ne suscitent pas d'interrogations stratégiques. Sans doute parce qu'elles sont françaises en général et pas brestoises en particulier.

La Gauche Debout je connais un peu mieux. Leur campagne a été excellente, pertinente, mais hélas cette liste a été plombée dès le début par son insistance sur le vélo, qui n'est qu'un loisir pour ceux qui ont une voiture, ou une sinistre perspective pour ceux qui risquent de perdre leur voiture, et ceux qui souffrent de ne pas en avoir une.

Aux yeux d'une grande partie des électeurs, la liste Gauche Debout est ainsi devenue la "liste vélo", c'est-à-dire une liste insignifiante. Cela les a empêché de bien faire passer le thème majeur de leur campagne : la gestion de l'eau, la prochaine renégociation du contrat, et l'intérêt de revenir à une gestion en régie directe, pour atteindre à la fois un meilleur prix et une meilleure qualité.

Ce thème était splendide, sa défense et illustration politique est maintenant à recommencer.

Quoiqu'il en soit, LO, PT, Gauche Debout et autres visent tous à leur manière une restructuration de la gauche, pour une prise en compte réaliste des dégâts de la mondialisation. Ils sont les meilleurs sur ce thème si important pour beaucoup de Français et beaucoup de collectivités locales, mais cependant ils sont gênés pour affirmer leur supériorité en la matière par leur conception encore romantique de l'immigration, et leur lutte un peu fantasmée et quasi pavlovienne contre le "fascisme" de ceux qui souhaitent poser des limites à un flux de travailleurs peu qualifiés que le pays ne peut pas gérer.

Or, il est patent aujourd'hui que l'immigration massive dévalorise les travailleurs sur le marché du travail, et crée une insécurité qui frappe en premier les travailleurs les plus pauvres, ceux qui n'ont pas l'argent pour s'isoler dans le périurbain.

Une montée en puissance effective de la gauche devra donc passer tôt ou tard par une remise en cause du dogme de l'immigration totale ouverte à toute la planète, pour passer à une valorisation des pays pauvres chez eux, avec notamment une conservation sur place de leurs cadres diplômés, afin de créer une élite capable de développer ces pays.

C'est ce que souhaitent explicitement les pays africains et autres. Mais pour que la gauche française écoute cela, il faudra passer par un processus de changement très long et très pénible, qui prendra au moins une dizaine d'années. Au moins.

Dommage, parce que la mondialisation à Brest c'est maintenant. Non seulement pour la perte des industries et la dévalorisation du travail, mais aussi pour l'insécurité grandissante.

En attendant, la solution consiste donc à créer un milieu culturel différent des réseaux du PS, et à y favoriser le passage des élus et militants de gauche du PS. Comme pendant le Non de Gauche du référendum européen de 2005, il faut affirmer des principes de gauche assez clairement pour que les Mélenchon, Lienneman, etc., se retrouve dans l'obligation de constater l'incompatibilité de leurs principes avec la ligne du PS, et envisage de créer une version française de Die Linke.

Du point de vue municipal, l'impératif n'est donc pas de "battre la droite", puisqu'il ne s'agit que d'une élection locale limitée. Il faut renverser la tendance historique qui voit les Gaelle Abily, Maxime Paul passer au PS, et faire en sorte que les meilleurs éléments du PS, les moins Strauss-Kahniens, les moins "Cuillandristes" rejoignent la gauche.

Pour cela, il me parait essentiel dimanche de ne pas voter pour le PS. Pour être entendu, il faut savoir dire non, haut et fort. Faites comme Trollibus, gueulez tant que vous pouvez, vous serez considérés.

Allez coller des affiches pour les autres, vous serez oubliés, vous serez négligés. Souvenez vous des grands jours de 2005. Pour changer d'époque, pour favoriser pour les transports, pour l'eau et pour le logement l'avènement de technologies véritablement utiles pour la planète, rassemblez vos esprits et dites NON.

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