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14/03/2008
L'état de la droite
Je continue sur ma lancée en essayant d'expliquer la faiblesse structurelle du milieu des décideurs brestois, et c'est maintenant, après la gauche, au tour de la droite.
Beaucoup auront suivi les péripéties de querelles de personnes, essayons maintenant de nous élever au niveau sociologique.
La présence de M. Pellicano en rival de M. Prunier ne relève pas seulement de l'anecdotique caractériel. Pour commencer à le comprendre, il faut se rappeler que Fortuné Pellicano est l'héritier de Yannick Marzin, sur le canton de Brest Centre.
Et là, si vous êtes encore naïfs en politique, il faut vous initier à deux traits courants de la vie des partis :
1) Si les militants peuvent être considérés comme des amis, au niveau des principaux candidats il n'y a que des rivaux. Chacun a intérêt à faire tomber l'autre. Les places sont bonnes mais elles sont chères.
2) Il arrive souvent que des candidats se présentent à une élection en visant en réalité une autre élection. Par exemple pour garder sa place sous les feux de la rampe pour l'élection d'après.
Mélangez les deux, vous vous apercevez que le candidat du canton de Brest Centre a intérêt à se présenter aux municipales pour faire tomber tous ses rivaux, et rester le maître incontesté de la droite brestoise.
M. Marzin a-t-il dans le passé mené volontairement cette stratégie ? Personne ne le sait, toujours est-il qu'il a été longtemps le seul élu de droite rémunéré sur la place. Et toujours est-il que cela semble le résultat probable du comportement actuel de M. Pellicano.
La droite brestoise a donc un problème structurel dans la présence concomitante de candidats municipaux et cantonaux, et le fait que Brest Centre soit le seul canton de droite offre évidemment un avantage souverain au vainqueur.
Si vous prenez aussi en compte la réalité que Brest Centre est un canton d'une droite vieillissante, d'après-guerre pour dire vite, vous vous apercevez qu'il y a aussi un problème au niveau de l'agglomération.
Les forces nouvelles de la droite, où sont-elles ? Les cadres jeunes sont partis dans le périurbain, où il poursuivent avec une plus grande facilité leur aspiration à une vie familiale de qualité. Quand au patronat de la CCI, il collabore directement avec la majorité socialiste pour obtenir de grands chantiers, tout en se délocalisant également dans le périurbain pour ne pas subir les impôts de ces mêmes grands chantiers.
Bref, les militants de droite restent seuls, coupés de leurs bases sociologiques, un peu comme les derniers des Mohicans.
Cependant cela pose un problème majeur pour Brest, car des deux revendications typiques de la droite populaire, moins d'impôts et plus de sécurité, il serait périlleux de faire fi de manière expéditive.
En effet, pour réaliser toute politique, y compris de gauche, Brest a besoin d'une base fiscale. Si tous les ménages imposables se retrouvent dans le périurbain et les non imposables s'accumulent à Brest, alors tôt ou tard les budgets sociaux en pâtiront aussi.
Quant à la sécurité, on ne réalise peut-être pas avec quelle rapidité Brest peut devenir un lieu de mauvaise réputation, attirant des délinquants de toute la France. C'est déjà le cas pour les tags, d'ailleurs, grâce à l'appui explicite de la municipalité sortante.
La sécurité, on a tort de la considérer par réflexe comme un thème uniquement de droite. On l'assimile à la droite parce que la gauche ne l'assume pas. Mais la sécurité, dormir tranquille la nuit, retrouver sa voiture intacte le matin pour aller au travail, laisser les bons élèves s'élever socialement à l'école, vivre dans un environnement propre et sans stress quotidien, c'est le premier droit des travailleurs pauvres.
Je comprends bien l'écoeurement actuel des électeurs de droite. Je peux me mettre à leur place. Mais la solidité de la base fiscale et la sécurité urbaine restant de toutes façons des impératifs d'intérêt général, loin au-delà de la droite, c'est à eux de se lever et d'affirmer nettement qu'un vote PS est strictement incompatible avec le maintien de la qualité de vie à Brest.
Les candidats passent, les besoins humains ne se laissent pas oublier.
19:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Municipales, Pellicano, UMP, Brest
Commentaires
Cher Monsieur
Votre blog joue un rôle pédagogique sain,un rôle civique.
Que n'êtes vous "responsable" dans la gestion municipale qui ,à mon avis,manque de "bras" (ou neurones ???)
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Quoi qu'il en sera dimanche 17 mars 2008 ,Brest ,Marseille ,Roubaix ,Plouguerneau,Dijon ,Neunkirchen lès Bouzonville ( près Colmen-57) ,devront,et vite,s'accomoder et,enfin,réfléchir avec tout le monde,autour de tous les élus réunis,aux solutions immédiates et durables à apporter aux problèmes graves -et hélas sans doute durables également- des administrés.
Votre blog,à Brest,BMO,est et sera,comme celui de Monsieur Joannés à un niveau autre, d'une nécessité obligée...
Merci Cher Monsieur.
Et permettez moi de vous saluer amicalement et avec respect,bien en dehors des états-civils.
Ecrit par : jean louis Bars | 14/03/2008
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