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18/02/2008
Remboursez !
Le quotidien Le Figaro publie sur son site un questionnaire intitulé "Votre maire est -il assez bien payé ?".
Cela m'a donné l'idée de chercher combien pouvait gagner notre maire actuel. Je suis tombé sur cette liste qui indique :
- Maire d'une ville de plus de 100 000 habitants : 5 227,22 euros
- Président d'une agglomération de plus de 100 000 habitants : 5 227,22
Je sais qu'il faut soustraire un certain montant en raison du cumul, et qu'il faut aussi en ajouter en raison de fonctions annexes. Dans une campagne normale, chaque candidat aurait publié ce genre d'informations, ce n'est donc pas à moi de chercher.
Combien doivent gagner les élus locaux, c'est un vaste débat. Avons-nous même besoin d'élus locaux, la question se pose, au moins à certains échelons. Ce qui m'intéresse plus dans le contexte de ce blog, c'est de me demander si quelqu'un qui refuse un référendum à la population doit être rémunéré tout court.
Que cette campagne est bizarre. On se trouve devant 19 ans d'hégémonie d'un seul parti, et personne n'a l'idée de chercher s'il n'y aurait pas eu quelques abus. Pourtant l'usure du pouvoir a souvent entrainé quelques dérives dans d'autres municipalités.
Je lis dans la presse qu'un personnage comme Jean-Claude Descaves par exemple sévit toujours à Brest. Loin de moi l'idée de douter de la haute moralité du personnage, je dis juste qu'on pourrait publier la liste de ses frais de mission vers Paris, depuis le temps que sa famille y habite. Comme ça tout le monde reconnaitrait qu'il n'y a pas eu d'abus. Je crois le connaitre un peu, je pense que vu sa personnalité il n'y a pas eu d'abus.
Il y aussi le cas d'une candidate sur la liste de M. Cuillandre, qui jusqu'à récemment était encore chargée de mission de M. Cuillandre, et dont on a du mal à identifier le travail. Alors, pourquoi ne pas publier l'étude qu'elle était censée effectuer, tout simplement ? Ce serait bien plus simple, cela ferait taire les infâmes ragots... On me parle aussi d'élus aux idées très "socialistes" qui auraient pris l'habitude d'employer des gens dans des conditions particulièrement précaires. Pourquoi pas un débat, dans le cadre de cette campagne électorale, sur les CDD imposés par la mairie ? Qui a droit à quel contrat ? Comment est-on recruté ? Chaque conseiller municipal ne pourrait-il pas publier la liste des contrats de travail qu'il a signés pendant son mandat ?
Et même, sans parler de morale, combien de personnes ont été embauchées durant ces 19 ans ? A quels postes ? Ce serait tout de même intéressant pour tous ceux qui paient des impôts. Existe-t-il un prolétariat culturel à Brest qui s'autocensure pendant la campagne, de crainte de perdre quelques maigres moyens de subsistance ?
Mais si je dois trier tous les cas dont on me parle, se distingue toutefois celui de Pierre Maille, qui fut rémunéré en tant que maire et président de la communauté urbaine, puis en tant que conseiller général et président du Conseil général. Pourtant c'était bien lui qui en 1990, lors du premier référendum sur le tramway, faisait afficher ceci sur les panneaux brestois :

Si vous voulez l'image dans une plus haute résolution, vous pouvez aussi la télécharger (958 ko).
Je ne parle pas là de "corruption" ou de "pureté". Je parle juste de sens. Je me demande quel est le sens de la présence de M. Maille sur la présente liste PS, lui que l'on dit si rigoureux, si droit. Quel est le sens de sa présence sur une liste qui renie explicitement sa parole ? Pourquoi ne pas avoir au moins la dignité de s'effacer du débat municipal ?
Dans le cas de Pierre Maille, encore une fois je ne parle pas de cas juridique, mais je pense que du point de vue éthique la question du remboursement de la totalité de ses revenus d'élu municipal depuis 1990 se pose. Je ne parle pas de ses revenus départementaux, mais bien de ses revenus municipaux, à Brest où il se représente aujourd'hui, et où il percevra même si je ne m'abuse une petite indemnité, malgré ses plus de 5 000 euros en tant que président du Conseil général.
On parle beaucoup du trop-plein d'échelons administratifs en France. On parle aussi accessoirement de l'égalité des chances entre élus fonctionnaires et élus du privé. Parfois, très rarement, on évoque quelques cas d'élus locaux qui sont en état de survie économique. Mais quid de la rémunération de ceux qui renient leur engagement affiché sur la place publique ?
Est-ce que la démocratie locale était prévue pour des cas comme M. Pierre Maille que cela ne gêne pas de se représenter à Brest ? Est-ce que c'était l'esprit de la Constitution, ou de la décentralisation voulue par François Mitterand ?
Est-ce que celui qui renie son propre référendum et se présente quand-même, est-ce que celui-là qui a perçu des sommes folles comparées à la précarité des concitoyens qu'il est censé administrer, est-ce que celui-là ne remet pas un peu en cause les fondements de la démocratie française, et de la République ?
On me parle d'un cas de RMI supprimé sous l'administration de M. Pierre Maille, simplement parce que le bénéficiaire refusait de participer à des séances de parlote où il devait divulguer des informations personnelles à d'autres rmistes, ce qui était son droit le plus strict. Plus de 5 000 euros par mois pendant des années, et à l'autre bout on supprime le droit d'acheter son pécu, son dentifrice, son petit déjeuner...
Pourquoi est-ce qu'on n'en parle pas pendant cette campagne, pourquoi est-ce qu'on ne fait pas l'histoire de ces 19 ans de règne ? Ce serait trop cruel pour que nos compétiteurs puissent le supporter ? Sont-ils des enfants que l'on doit protéger des dures réalités du Parti socialiste ?
18:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tramway, Référendum, Municipales, Maille, PS, Brest
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