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13/11/2007

Vivre

Compte tenu de mes difficultés financières, j'avais décidé d'inclure pour le grand public une bande publicitaire dans la colonne de droite, chaque clic sur une annonce me rapportant quelques centimes.

A l'expérience, ça ne rapporte pas dix centimes par jour. Sans doute je n'attire pas le genre de public qui va cliquer sur des annonces, comme des gens qui cherchent des comparatifs produits, etc. Du coup j'ai décidé de ne laisser que les pubs que j'approuve vraiment, pour des logiciels et des livres, dans la colonne de droite. A moyen terme, puisque ce système ne paie qu'au bout de 100 dollars, et qu'à ce rythme il faudra plus d'un an avant de recevoir le moindre versement, je vais peut-être les enlever.

Pour le public plus citoyen, celui qui approuve politiquement et souhaite soutenir consciemment le blog, j'ai trouvé une solution de dons. J'ai fixé le montant à 1 Euros par personne. La page qui s'ouvre incite à s'inscrire, mais on peut payer par carte directement par le lien "Continuer" en bas à gauche :



Il faut que vous sachiez que je viens de refuser un poste de nature politique, afin de ne pas dénaturer mon discours sur le tramway. C'est important quand-même. Ces donations ont un sens.

Avec 50 donateurs à 1 Euros, ça couvre l'ensemble de mes frais informatiques, connexion Internet bien sûr, mais aussi mon abonnement au Télégramme en ligne. C'est le but. C'est ce que je demande.

Au-delà, ça commence à devenir un revenu, si on peut appeler "revenu" quelque chose qui se situe entre 50 et 100 Euros. Disons plutôt un dédommagement pour le temps passé à se documenter et à rédiger. Sans me surestimer, je pense que certaines de mes pages valent largement certains blogs de journalistes, et justifieraient au moins un smic.

Mais quelque soit le montant, même minime, être payé constitue un ressort psychique puissant, qui pousse à améliorer la qualité de son travail. Ca responsabilise. On se lève le matin en se disant qu'il y a des gens qui attendent leur article quotidien, avec des vraies infos, des explications claires, des nouveautés, etc. C'est un engagement, un vrai lien social.

De leur côté, les gens qui refusent actuellement un référendum aux Brestois ne se gênent pas pour percevoir leur salaire, et parfois même leur salaire + un tas d'indemnités en tous genres. Les entreprises qui travailleront pour le chantier ne se gêneront pas pour faire des profits non plus. Je le suppose au moins.

Plus techniquement, la question commence à se poser du maintien de ce blog sur la plate-forme du Télégramme : Faut-il le laisser à côté de blogs particulièrement confus ou égotiques ? Les blogs "invités" par Le Télégramme ne donnent-ils pas une mauvaise impression de cette plate-forme ? Est-on assez bien placés dans les moteurs de recherche ? Les pubs de la page d'accueil sont elles devenues intrusives ? Est-il temps de créer d'autres outils, plus importants qu'un blog ? Si vous avez des idées, je ne demande qu'à les entendre.

Et aussi, un jour il faudra revenir sur cette notion d'Internet où tout serait gratuit, disponible, etc. On serait tenu de présenter un contenu tout propre, tout net, sans rien demander. Et avec un sourire éclatant en plus. Si les sites ne sont plus écrits que par des salariés aux ordres de leur patron, alors l'Internet ne sera plus crédible. Si l'Internet est entièrement financé par la pub, alors tôt ou tard il tombera sous une dictature douce des vendeurs, et j'entends par là que tout ce qui ne fera pas vendre sera censuré. Tout sera tout propre, tout net. On ne fera "pas de politique, s'il-vous-plaît".

Le modèle dit du "libre" me laisse assez sceptique aussi. Dans une économie où tout est gratuit, personne n'est payé. Dans une organisation où tout le monde est expert en tout, personne n'est qualifié. Dans une culture où tout le monde est auteur, il n'y a plus de lecteurs.

Entre le modèle du tout gratuit anarcho-associatif et celui du tout publicité anarcho-libéral, je prône plutôt le modèle anarcho-social de ces coopératives d'investisseurs dans des fermes bio en Allemagne, qui font confiance à un paysan, et viennent à la ferme chercher leur cageots de fruits, légumes, laitages, viandes... Je pense aussi, que face au tsunami de la mondialisation, il faut se rassembler pour créer, non pas son propre emploi dans une optique de survie précaire, mais l'emploi des autres, c'est-à-dire se fédérer pour financer les personnes dont on approuve les talents.

C'est une piste comme une autre pour repeupler l'Europe en emplois. Je ne cache pas que j'aimerais bien vivre de ma plume. Je n'oublierai jamais ce correspondant qui, lors de la catastrophe de l'Erika, m'avait dit : "Il faut valoriser ta parole". Ai-je tort de continuer ici ? Je ne sais pas. Peut-être que non.

En attendant, et pour les initiés, voici un chant de circonstance:


Yo ey-yo
Home va-a ray
Yo ey-rah
Jerum Brunnen-G



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