03/05/2008

Brest - Carhaix : pour une manifestation unique

Les manifestations se succèdent à Brest et à Carhaix pour sauver certaines ressources médicales respectives. Prenons un moment pour détailler un peu la "logique" de cet "aménagement du territoire", à l'échelle de la Bretagne occidentale, ou même de la France en général.

Tout d'abord, il y a les urgences. Qu'on ne me dise pas que c'est un "progrès", ou que c'est "moderne", ou une "rationalisation nécessaire" d'éloigner les urgences. Cela tombe sous le sens, un véritable aménagement du territoire responsable devrait s'appliquer à un maillage dense de services d'urgences de proximité, à diminuer les délais de transport. Pas besoin de grandes explications.

A Brest, les élus ont même refusé de construire notre grande rocade périphérique, ce qui non seulement aurait réduit la pollution (et ridiculisé le "besoin" de tramway en centre-ville), mais surtout aurait dégagé les voies menant au CHU, priorité des priorités. Mais non, la rocade ne viendra (peut-être) qu'après que le chantier du tramway soit devenu irréversible.

Ensuite, il y a les services qui concernent des pathologies à long terme, dont les soins (hospitalisation, opération, suivi...) sont prévisibles, programmables. Pour ces services-là, effectivement, une concentration permet de rassembler compétences et équipements, et de créer des pôles d'excellence, très utiles à la santé des patients. Mais pourquoi ne pas profiter de ces concentrations pour implanter ces services dans des petites villes, pour non seulement offrir un certain cadre de vie aux patients, mais aussi aider les économies locales qui en ont bien besoin ?

Est-ce qu'une implantation à Morlaix d'un service de chirurgie des yeux empêcherait les chirurgiens de suivre des formations à Lyon, de contacter leurs collègues canadiens ou japonais ?

La chirurgie des yeux, en notre 21ème siècle, a-t-elle besoin de se retrouver exactement dans la même ville et dans les mêmes locaux que la chirurgie de la main ? A l'heure de l'Internet haut débit, de l'imagerie médicale, des colloques internationaux ???

Et puis il y a les équipements lourds, comme la radiologie. Ils sont coûteux, certes, mais c'est aussi une excellente dépense keynésienne pour le 21ème siècle. C'est-à-dire que ces dépenses créent autour d'elle une économie qui ne s'enfuie pas automatiquement vers les pays à bas salaires. Elles aident aussi à maintenir en France un niveau scientifique et technique dans les PME. Ces équipements font donc partie des dépenses à privilégier, par rapport à d'autres qui vont directement alimenter la mondialisation.

La santé en général est une bonne dépense publique. Plus que la double ou triple rémunération des élus à mon avis.

Actuellement, on fait venir des personnes âgées à Brest depuis les Côtes d'Armor, puis on les fait patienter des heures pour une simple radio d'un quart d'heure. Cela n'est-il pas un petit peu barbare ? Un petit chouilla déplaisant ? Un brin régressif ? Et puis, si on inclue dans ces coûts tous les déplacements en ambulance, cela reste-t-il vraiment rationnel ?

Je profite de l'occasion pour aborder également deux thèmes qui à ma connaissance ne sont pas souvent revendiqués, mais qui me paraissent importants :

1) Je suis toujours surpris quand je parle avec des urgentistes de les entendre évoquer des 48 heures sans sommeil, des repas décalés, etc. Il semble que cela ne concerne pas seulement les urgentistes, d'ailleurs.

Il faut savoir quel niveau de qualité on veut. Je vais jusqu'à parler de "civilisation" en termes de santé. Si l'on veut des diagnostics sûrs, des gestes adroits, un réconfort psychologique des patients, alors il faudrait revoir les conditions de travail hospitalières. Si l'on veut que le personnel conserve la disponibilité intellectuelle pour se former à de nouvelles techniques, par exemple, alors, disons le carrément, il serait bon que le personnel travaille peu.

La médecine n'est pas un travail à la chaîne. Chaque patient est unique. Il faut savoir si on veut la qualité. Prendre 5 minutes de plus pour parler avec le patient, prendre 10 minutes pour un café entre deux diagnostics délicats, prendre une demi-journée pour une formation à un nouvel outil dangereux, ce n'est pas du tout un luxe, ce n'est pas de l'oisiveté, ce n'est pas un manque de "rationalité".

2) Quand on s'occupe de sécurité civile, il faut prévoir des catastrophes de grande ampleur. Non pas qu'on soit certains qu'elles vont survenir, mais c'est une priorité nationale d'être prêts à les affronter. On peut envisager par exemple l'urgence de soigner 200 personnes en même temps. Ce n'est pas irréaliste.

Dans une telle perspective, il est de bon sens d'aménager les centres de santé, en particulier les urgences et les lits, de façon à ce qu'ils soient toujours un peu sous-exploités. Cela n'a rien d'irrationnel, au contraire, c'est l'engorgement des urgences et le manque de lit en période normale qui devraient nous frapper comme un manque élémentaire de prudence.

Pour ma part, je pense que c'est d'une organisation des équipements sanitaires à un niveau européen dont nous aurions besoin. Partout où je me déplace, j'ai besoin de l'assurance d'un service des urgences à une distance raisonnable. Et pour les pathologies rares ou à long terme, cela ne me dérangerait pas de passer deux semaines dans un pôle d'excellence vraiment excellent à l'étranger. Mes organes, figurez-vous, ils ne parlent peut-être pas la langue, mais c'est les mêmes que ceux des étrangers.

Remarquez qu'en notre Bretagne occidentale, on prend le chemin exactement inverse. On manifeste à Brest et à Carhaix, en même temps, pour les mêmes causes, mais on n'est pas solidaires. Les Carhaisiens sont encore les plus cohérents, car ils militent pour les services d'une petite ville, dont l'arrière-pays, le Centre Bretagne Ouest, a besoin. Mais nous à Brest, on milite pour piquer leurs ressources à de petites villes, pour devenir "métropole", et on rouspète quand de vraies métropoles nous piquent nos services.

On savait déjà qu'en ces temps de mondialisation, les élus locaux sont devenus plus ou moins des parasites. Percevoir des revenus considérables pour signer en bas de dépenses obligatoires ou appliquer des décisions de Bruxelles qu'un fonctionnaire pourrait appliquer aussi bien, curieusement cela ne tombe jamais sous le coup de la "rationalisation" et de la nécessaire "efficacité économique".

Mais les élus locaux, non contents de jouer passivement et discrètement ce rôle de parasites, ne sont-ils pas devenus les agents actifs principaux du démantèlement du territoire ? Les écouter, les laisser prendre la tête de revendications, ne résultent-ils pas désormais structurellement en un aveuglement et une inefficacité par rapport à la cohérence territoriale dont nous avons besoin.

On joue aux blaireaux. On essaie d'avoir les trucs des autres, et on trouve plus blaireau que soi. Et les grand-mères font une heure en voiture, plus une heure retour, pour une simple radio. Et les femmes de Paimpol perdent leur maternité pour Saint-Brieuc, où leur famille peut difficilement aller les voir en deux minutes, après le boulot, après l'école.

A Brest, on fait le tramway comme ça Quimper ne sera pas une "métropole". Nananè-reu. On construit une salle de spectacles sportifs dans la précipitation, dans un endroit beaucoup moins propice que celui prévu (le Polygone par rapport à l'entrée de Plouzane), passque comme ça on l'aura avant Lorient. Pitoyables, pitoyables élus locaux. Princes des blaireaux.

En 2005, il y avait eu un sursaut citoyen. Il y avait eu par exemple un grand rassemblement au Faouët pour la sauvegarde des services publics en milieu rural. On avait réussi à se fédérer, à s'entendre, à se parler. On avait réussi à être intelligents.

A Brest en 2008, considérez seulement ceci : on décide d'un tramway soi-disant pour lutter contre la pollution des voitures, et on milite pour concentrer les équipements sanitaires de la Bretagne occidentale, multipliant ainsi les déplacements en voiture. Quel aveuglement, quelle fallacie, quelle déroute intellectuelle.

Pourquoi ne pas, par exemple en juin, se fédérer et organiser à Concarneau un grand colloque et une grande manifestation pour l'aménagement sanitaire du territoire ? Il y a un centre des congrès, des militants ruraux viendraient de toute la France...

Mais j'entends d'ici nos chers élus PS : "Ah oui mais on peut pas se mélanger aux militants des petites villes, nous on s'en fout des arrêts cardiaques et des chevilles cassées en Centre Bretagne, nous on est des gens importants, nous. Nous on a un tramway."

On perd les allogreffes, on perd les réserves budgétaires pour améliorer les locaux de santé de quartier, on court tout droit vers un surendettement qui nous empêchera définitivement de devenir "métropole", mais on l'aura ce tramway, on l'aura.

25/03/2008

Quimper ? Connais pas !

L'une des forces de l'économie allemande, c'est la cohésion territoriale entre les différents acteurs. Quand un industriel devient important, les collectivités locales organisent pour lui des filières d'apprentissage, et se mettent en quatre pour promouvoir ses produits, non seulement par leur communication, mais souvent en achetant elles-mêmes ces produits lorsque l'occasion s'en présente.

Prenez l'exemple des panneaux solaires à Fribourg, tout y est : formation du personnel, commandes pour des bâtiments publics... et si vous téléphonez à leur office du tourisme ou à leur mairie, vous ne tomberez jamais sur une employée qui vous répondra : "Ah je ne sais pas", ou bien "Ah c'est pas moi qui fais ça" ou encore "ce n'est pas à nous qu'il faut téléphoner Monsieur"... Au contraire, un voyage vous sera proposé immédiatement, avec visites des sites valorisants, déjeuner, hôtel, réunion de travail, etc., et vous recevrez immédiatement des documents de promotion tout-à-fait agréables et complets.

Bref, tout le contraire de Brest, quoi.

Je lisais récemment dans la presse que le groupe Bolloré vient de créer une usine de batteries électriques pour véhicules à Quimper. Il s'agit de batteries d'un type nouveau, très performantes, et l'usine emploie dès son lancement une cinquantaine de personnes. Le potentiel de production est considérable et, au fur et à mesure que les commandes afflueront, on pourrait facilement arriver à plusieurs centaines d'emplois.

Sans compter, comme vous le savez, tous les emplois indirectement générés par la présence des employés directs (services aux personnes, commerces...). Sans compter le renforcement du tissu éducatif régional par des filières d'apprentissage, des diplômes universitaires, etc.

Et c'est là qu'il faut bien reconnaître, devant l'évidence, que nous vivons dans une région anormale, où il n'y a pas une volonté sincère de se développer. Songez-y simplement : nous avons à la pointe de Bretagne une grande agglomération où un industriel lance une usine de batteries écologiques pour transports collectifs, nous avons l'autre grande agglomération qui est en train de changer son parc de transports collectifs, et... aucun lien entre les deux.

Au contraire, le groupe Bolloré vient de s'associer avec le carrossier Gruau de Laval pour construire des bus équipés de ses batteries. Et comme de juste, les véhicules en question circulent déjà à Laval, mais aussi à Nantes, à Dinan, bientôt dans d'autres villes... sauf à Brest.

J'en arrive à soupçonner que le groupe Bolloré a essayé d'entamer des tractations avec les élus brestois, mais que ceux-ci ont refusé même les plus simples rendez-vous parce qu'ils étaient complètement aveuglés par leur sacro-saint projet de tramway. Si on s'était bien débrouillés, c'est à Brest qu'elle serait cette usine de bus pour les batteries de Quimper, et on seraient engagés dans un cercle vertueux pour la pointe de Bretagne, dont nous avons bien besoin.

On le voit bien par cet exemple, il y a un développement historique, un développement dans le temps des produits industriels, avec des technologies qui sont novatrices, et d'autres qui deviennent obsolètes. Faire un tramway à Nantes en 1984, c'était peut-être le meilleur choix du moment, mais faire un tramway à Brest en 2012, c'est carrément léser les intérêts de la recherche & développement, de l'innovation en matière d'efficacité écologique.

Ce qui m'apparaît de plus en plus clairement en outre, c'est que le concept de "métropole" tel qu'il est appliqué ici, ce n'est nullement le développement de Brest, mais un mot politiquement correct qui dissimule la désertification des villes moyennes de la région, et des zones rurales.

Donc il y a un bien un mystère du tramway : pourquoi insister si intensément pour adopter un engin qui ne correspond pas à nos besoins, qu'on ne pourra pas payer, et pourquoi, prenons-en pleinement conscience, pourquoi ne pas profiter du remplacement pour développer les techniques de demain, et valoriser ainsi la région, son économie, son écologie, son indépendance énergétique, ou tout simplement son avenir ?

Qui sont nos responsables, nos élus ? Pourquoi refusent-ils de commander un rapport sur les meilleures solutions du moment ? Pourquoi refusent-il de publier les prévisions budgétaires du tramway en euros de l'année où on va payer ?

En attendant, les autres collectivités locales d'Europe, elles, s'entraident activement, sautent sur la moindre occasion de développer les emplois locaux, et promeuvent des industries qui deviennent rapidement exportatrices.

Et nous, ah ben Quimper on connaît pas hein, nous on est "métropole" maintenant. Nous on veut absolument ce que les autres ont fait au siècle dernier. Nous on est des gens bien, nous. Et intelligents, surtout.

22/03/2008

Maître au pôle

Pour un projet entièrement différent du tramway, je me suis récemment intéressé au site de l'Ifremer.

Et là, il m'est apparu ô combien cette institution était restée complètement indifférente à la campagne électorale qui a fait rage dans notre microcosme de politique locale. Même chose pour l'Institut polaire, d'ailleurs, ou la Marine nationale. Normal, puisque ces institutions reçoivent directement leurs budgets et leurs directives de l'Etat.

Et non seulement elles reçoivent leurs budgets et directives de l'Etat, mais en plus elles sont chargées par l'Etat d'oeuvrer sur les vastes mers du globe, loin, très loin au-delà de Brest.

N'est-ce pas un peu paradoxal ? Nous aurons eu une campagne censément centrée sur les enjeux locaux, passant complètement à côté des principaux employeurs qui nous font vivre.

On aura eu par exemple la question récurrente du "comment attirer des entreprises". Sans s'apercevoir que ce sont les institutions maritimes qui animent ici autour d'elles un réseau de petites entreprises, sans s'apercevoir que les grandes surfaces, directement ou indirectement, auront pour clients les employés de cette économie d'Etat.

Ainsi, bien que le départ du GESMA, et donc des PME qui vont avec, ait été évoqué juste avant la campagne, il n'en fut pas question chez nos candidats. Pas un mot pour essayer de conserver et d'améliorer ce que nous avons déjà, mais par contre des vues sur la comète à n'en plus finir pour essayer de devenir une "métropole" comme Rennes, Nantes ou Angers, qui bénéficient de la proximité de Paris.

Etrange, comme c'est étrange... En regardant ces sites, je me suis senti loin, isolé, perdu comme sur une île ventée du Pacifique sud. Sans le ravitaillement du Marion-Dufresne.

La campagne qui s'est déroulée n'aurait-elle pas en fait été adressée uniquement aux employés du privé qui n'ont pas l'honneur d'être protégés par des emplois d'Etat, et les fonctionnaires qui ont gagné, qui eux sont parfaitement au courant de l'omniprésence de l'Etat ici, jusqu'à l'endogamie, n'auraient-ils pas pour seul but de nous faire miroiter comme un succès une sous-économie de la précarité, avec le RMI et les CDD pour nous et les emplois protégés pour eux ?

La "protection sociale" que nous propose le PS est-elle la voiture-balai de la mondialisation, ou son dortoir plus ou moins oppressif ? Les assistantes sociales sont-elles un secours sympathiques, ou les sous-officiers qui nous accusent de toutes les carences, et nous demandent une "remise en cause personnelle", un "parcours d'amélioration des compétences" qu'elles ne subiront jamais.

Où sommes-nous, qui sommes nous ? Qu'est-ce qu'on nous raconte ? Qu'est-ce que c'est que des enseignants qui promeuvent Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international ? Qui sont ces professeurs de l'UBO qui encouragent les petits jeunes à "créer leur entreprise", et qui placent leurs enfants dans des emplois protégés ?

Mais bon, puisqu'on nous dit que nous sommes "métropole", c'est sûrement qu'on est importants ici. C'est sûrs que les entrepreneurs étrangers vont penser à nous. C'est donc avec plaisir que j'adresse dans cette note toutes mes félicitations pour leur victoire à François Cuillandre, et à son équipe. Rien que des gens importants... à Brest.


06/03/2008

Métropole (2)

Comme prévu hier, je continue ma critique de l'article de François Cuillandre sur son site et dans la presse.

J'avais laissé les arguments évoquant d'autres villes :

- partout en France

- alors que toutes les agglomérations de la taille de Brest...

- Rennes vient de mettre à l’étude...

- Comme partout en France...

- transforme toutes les villes...

- ne sont qu’un utile complément à un réseau de tram (ça réfère aux grandes villes)

- sauf à devenir les derniers de la classe

On le voit, le style de gestion de François Cuillandre accorde une grande importance à la conformité avec les autres villes.

Pour expliquer cela, il y a la personnalité du candidat, mais aussi le concept de "métropole", partagé par sa majorité et une grande partie de l'opposition.

Allons droit au but : le terme de "métropole" dans ce cas-ci signifie avant tout être aussi "importante" que Rennes, Nantes et Angers. Il est important de bien comprendre dès le départ qu'il ne s'agit pas de la Bretagne avec Rennes et Brest, ou même de la Bretagne historique avec Rennes, Brest et Nantes, mais d'une région plus grande, à vocation européenne, comprenant aussi les Pays de la Loire et le Poitou-Charentes.

Pour la petite histoire, cette vision de la réorganisation de la France en grandes régions était promue dans les années 90 par un certain M. Soldatos, agent d'influence américain, invité dans quelques colloques de la mairie par l'entremise de Jean-Claude Descaves.

Dans une compétition avec Rennes, Nantes et Angers, Brest ne tient pas la route. Ce n'est même pas la peine d'essayer, car nous ne pouvons pas exister dans la même dimension. Brest est une ville de l'Etat, dont la richesse ne peut être préservée que par l'Etat (Marine, Ifremer, Institut pôlaire...). Elle ne peut être qu'une grande ville nationale, mais ne peut pas avoir le même type de développement régional que Rennes, Nantes et Angers.

La proximité avec Paris, avec plusieurs TGV par jour, on ne peut pas l'avoir. Le déménagement des bobos parisiens qui prendront le tramway, on ne peut pas l'avoir, etc.

Brest ne peut se rattraper que par le volontarisme de l'Etat. Comme on l'a vu récemment dans le cas de l'IUFM, dans une confrontation seuls avec Rennes on est bouffés tout crus. Alors avec Nantes et Angers en plus, le centre de gravité se déplace très loin de nos équipements à nous. Nous devons nous développer par rapport à la France, l'Europe et le monde, en oubliant Rennes, Nantes et Angers.

Songez que pour représenter nos intérêts à Bruxelles, nous avons le choix entre soit l'Etat français, soit une "ambassade de Bretagne" qui partage ses locaux et son personnel de 5 personnes avec les Pays de la Loire et Poitou-Charentes. Quand vous connaissez le poids d'un vrai Land allemand à Bruxelles... cette petite structure fait sourire.

Une autre dimension de ce concept de "métropole" tel qu'entendu par le PS, c'est d'être plus "importante" que les villes moyennes de la Bretagne occidentale.

Mais faut-il raisonner en termes de domination et de compétition, comme le font les élus de BMO ? J'ai tendance à plutôt penser que notre économie dépend aussi d'un réseau dense de petites villes prospères à côté de nous. Je ne serais pas étonné qu'en faisant les calculs, on trouverait qu'il vaut mieux ne pas capter leurs activités.

Par exemple, le transfert des activités judiciaires de Morlaix vers Brest m'a choqué. C'était au contraire un excellent moyen de garder une activité dans une ville moyenne.

Par exemple aussi, doit-on développer l'hôpital Morvan en supprimant l'hôpital de Concarneau ou de Carhaix ? Cela ne me semble pas sage. Nous devons au contraire nous développer en harmonie, en symbiose : à Brest le CHU et les pathologies prévisibles à long terme, aux petites villes leurs urgences, leurs maternités, et éventuellement quelques pôles pour maladies rares ici ou là.

A vouloir jouer les blaireaux avec nos voisins, on aura des ennuis à notre tour. Personnellement je ne verrais aucun inconvénient à ce que la section STAPS (profs de sport) de l'UBO s'implante à Chateaulin, ou qu'un Zénith s'implante à Carhaix. J'ai l'esprit collaboratif.

On le voit, ce concept de "métropole" est dans le cas de Brest faussé à l'avance. Il est d'ailleurs soutenu par Annick Cleac'h, vice-présidente chargée des grands travaux, et promotrice du tramway. Une autre enseignante de l'UBO encartée au PS, en géographie cette-fois, et qui fait des erreurs évidentes pile dans sa spécialité...

Mais je pense qu'il n'y a pas qu'un concept mal compris. Je pense que chez François Cuillandre c'est devenu un vice, et qu'il est en train de sacrifier Brest pour faire ce qui se fait ailleurs.

Car quoique l'on pense de la différence entre Brest et Rennes, il faut toujours faire les travaux de Rennes en fonction des besoins et capacités de Rennes, et les travaux de Brest en fonction des besoins et capacités de Brest. Personne ne nous demande de sortir de nos besoins et de nos capacités.

Pourquoi est-ce que Trollibus voit cela plus lucidement que les élus de BMO ? Sans doute parce qu'il survit depuis des années avec moins de 500 euros par mois. Parce qu'il sait que quand on perd son emploi, il vaut mieux vendre sa voiture tout de suite, réduire son train de vie et ne surtout pas essayer de rester comme les voisins. Mieux vaut éviter le surendettement que maintenir sa vanité dans le quartier. Et surtout, surtout éviter l'achat compulsif qui rassure.

Tant pis si on prend le bus, au moins on n'aura pas l'huissier.

De façon admise par tous, notre économie va subir une certaine régression dans les prochaines années. C'est pourquoi François Cuillandre devrait écouter Trollibus, qui est déjà passé par là à son niveau personnel.

Rennes, Nantes, Angers, nous on s'en fout. Ce qu'on veut c'est être à la fois la ville moyenne la plus agréable de France, et une capitale scientifique reconnue dans le monde entier. Et c'est pour cela que nous avons besoin de transports moins chers que le tramway, et plus innovant technologiquement.

05/03/2008

Métropole (1)

Quand François Cuillandre s'exprime sur le tramway, c'est presque trop facile de le réfuter. Je me sens un peu dans la position d'un moniteur de tennis qui renvoie du fond du court les balles d'un adolescent maladroit, une main dans la poche, avec bienveillance mais avec un léger ennui aussi.

Vous trouverez donc son dernier texte complet ici.

Et voici ce que j'ai à en dire. En toute tranquillité.

Est-il possible de parler du dossier tram de façon sereine et constructive ?

Oui. Sauf si ce que vous appelez une façon sereine et positive consiste à dire Oui sans réfléchir.

Alors que l’Etat, après le Grenelle de l’environnement, vante ce mode de transport, et rétablit la ligne budgétaire pour financer les projets


Non. Le Grenelle de l'environnement a conclu "1500 km de tramway, bus et pistes cyclables".

Le prix ? Rennes vient de mettre à l’étude une seconde ligne de métro...

Je ne sais pas si ça montre une compétence technique d'évoquer un métro quand on parle de tramway.

Le financement ? Il sera assuré par le versement transport et les subventions publiques

Non, cela est impossible. Même quelqu'un de peu doué comme moi peut le comprendre.

Mine de rien, une telle position de François Cuillandre, prof de droit fiscal à l'UBO, pose aussi un problème de crédibilité de l'UBO en général. A mon avis au moins.

L’utilité ? Le tram transforme toutes les villes.

Pensée magique.

cet investissement de 300 millions d’euros

Non. Ce chiffre sort d'un calcul en euros de juillet 2006. Nos fournisseurs n'accepteront pas d'être payés en euros de juillet 2006. Et vous annoncez une seconde ligne, curieusement sans jamais la budgéter.

utilisé quotidiennement par 45 000 personnes

Mais par sur la ligne de tram, bonhomme. Sur le réseau en général, peut-être.

le grand stade...

Cela signifie-t-il que le nouveau stade est le premier budget sacrifié au tramway ?

Une rame de tram transporte 2 fois plus de passagers

Ce qui sera très utile le dimanche à Kerourien et Kergaradec.

et a une durée de vie deux fois plus longue que celle d’un bus

Ce qui nous amène à l'embarras de technologies obsolètes jusque dans trente ans.

Un référendum ? L’UMP a beau jeu de le réclamer

Non. C'est la totalité des autres listes qui demande à revoir le projet.

Les délibérations votées au dernier bureau de la Communauté Urbaine ne font que constater des appels d’offres lancés il y a plusieurs mois

Mais dont le PS contrôle le calendrier.

Après, tout reste réversible

Ah! Si c'est vous qui le dites...

Quelle que soit la majorité issue des urnes, le tram apparaîtra comme une évidence pour les nouveaux élus

Le PS accepte tous les partis démocratiques... pourvu qu'ils pensent comme le PS.

En politique, le courage est fondamental

La sagesse aussi. La sagesse aussi...

Bon, assez joué, les choses sérieuses maintenant. J'ai laissé un certain nombres d'arguments de François Cuillandre de côté, précisément tous ceux qui évoquent d'autres villes.

Et c'est précisément là le noeud du problème : vouloir décider en fonction de ce que font d'autres villes et non en fonction des besoins de Brest. C'est pourquoi dans la deuxième partie, je critiquerai la notion fondamentale qui me semble à l'origine de la plupart des erreurs du PS, et d'autres candidats aussi d'ailleurs : le concept de métropole.

Ce sera peut-être le texte le plus important de ce blog, car ce sera une tentative de remontée aux sources de l'invraisemblance de ce projet de tramway, tel qu'il est présenté au moins.

Restez donc en ligne pour le prochain épisode de "Brest, métropole océane", demain dans la journée.

Eurotrash (1)

Les nombreuses frasques de notre Président de la République pourraient nous faire oublier que, le 10/02 dernier, il nous gratifiait d'une intervention télévisée pour justifier la ratification du traité européen.

Je voudrais aujourd'hui esquisser un parallèle que j'ai trouvé intéressant entre Nicolas Sarkozy et François Cuillandre, chacun à son propre niveau de gouvernement. La comparaison n'est pas si abusive qu'il n'y parait, si l'on réalise que les deux ont milité pour le Oui à ce traité, et que les deux ont soutenu la désignation de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI.

On verra à la fin de l'article que les rapprochements peuvent même être troublants.

Tout d'abord, François Cuillandre et Nicolas Sarkozy prennent prétexte d'une élection de représentant pour violer un référendum populaire. Ce faisant, ils entraînent la zone dont ils s'occupent vers un flou constitutionnel bien téméraire.

Ensuite, tous les deux ont menti à leurs électeurs. Cuillandre proposait en 2001 d'étudier un projet et non de l'appliquer; Sarkozy proposait un traité différent et non le retour de la constitution européenne.

Ensuite, tous les deux imposent un projet si mal ficelé qu'il mettra en péril leur propre choix. Même si l'on est pour le tramway, le projet brestois comporte trop d'aberrations techniques; même si l'on est pour l'Europe, le traité de Lisbonne démontrera bientôt l'instabilité qu'il contient.

Ca fait déjà pas mal de points communs. Mais ce n'est pas le plus important.

Si l'on regarde bien, tous deux sont structurellement piégés par une zone de dumping économique autour de la zone qu'il gouvernent. Les pays à bas salaires pour Sarkozy, les communes de la deuxième couronne pour Cuillandre.

Pour la concurrence avec des pays comme la Chine, tout le monde connaît le problème. Mais Sarkozy l'accentue en promouvant un mode de construction européenne qui comprend les pays d'Europe centrale, donc des pays qui structurellement sont obligés de pratiquer le dumping social et fiscal.

De même François Cuillandre voit tout autour de lui se développer des zones d'entreprises qui structurellement dépendent de leur avantage fiscal par rapport à BMO. N'est-il pas frappant que toutes les pépinières d'entreprises que propose la CCI de Brest-même sur son site se trouvent en dehors de la Communauté urbaine : Landerneau, Plabennec, Le Faou ?

Dans les deux cas, non seulement les activités se délocalisent dès qu'on engagent la moindre dépense, mais en plus les entreprises délocalisées continuent à profiter des dépenses de la zone plus chère.

Ainsi il y a fort à parier que les entreprises qui bénéficieront du chantier du tramway à Brest s'installeront en dehors de la Communauté, pour payer moins d'impôts tout en profitant des impôts du tramway. Pour avoir parlé avec l'un d'entre eux, je peux même vous dire que les responsables de zones d'entreprises tout autour de BMO s'en frottent les mains, et qu'ils considèrent comme jouissif le projet de tramway, car ils savent à quel point ils vont bénéficier d'implantations tout en profitant des dépenses de Brest.

Dans les deux cas, on ne peut donc pas parler de dépense keynésienne, puisque le système n'est pas clos, et on s'oriente plutôt vers un trou noir fiscal où nos dépenses financent ceux qui nous privent de nos recettes.

Dans les deux cas, on imagine de grands projets en prenant comme contexte une dimension passée (l'Europe des 12 ou la Communauté urbaine), et on ne se rend pas compte à temps que la zone est devenue plus grande, moins progressiste et moins fidèle.

Maintenant, pour terminer je voudrais émettre une hypothèse encore plus osée. Beaucoup de gens se demandent si Cuillandre et Sarkozy sont si naïfs, s'ils n'ont pas en fait pleinement assumé la mondialisation, et dans ce cas quel est leur véritable projet pour la zone qu'ils dirigent. Dans les deux cas, beaucoup se demandent aussi quel est le sens de cette frénésie de réalisations apparemment frapadingue.

Et si on accumule beaucoup de détails typiques de la gestion de Brest par le PS, détails qui de prime abord paraissaient éloignés :

- Construction de logements pour les célibataires

- Promotion d'une musique de toxicomanes (Carène)

- Faible réponse à la criminalité

- Contrôle des associations culturelles

- Contrôle de l'aide sociale

- Contrôle de l'enseignement qui mène à l'emploi

Les pièces du puzzle semblent se rapprocher : François Cuillandre n'est-il pas en train de créer une zone de salariat précaire, socialement et psychologiquement déstructuré, donc corvéable à merci ? Et n'est-il pas en train de mettre ce salariat précaire à la disposition des entreprises du périurbain libéral ?

Les familles ne sont-elles pas en fait sciemment poussées vers le périurbain, pour constituer une population de cadres, et évacuer les gens capables de se rebeller, de critiquer les impôts, et de regarder le PS objectivement ?

Tout cela est un peu osé, je l'admets. Mais je le rappelle, Sarkozy et Cuillandre ont tous deux appuyé activement la désignation de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI. Et plus on creuse ce sujet du tramway, plus on découvre à quel point il ne tient pas debout, plus on se demande quel est le véritable but, et plus on commence à douter de tout.

Qui fait quoi, en fait. Qui roule pour qui, et qui roule pour quoi ?

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24/01/2008

Création du forum C.E.L.I.B.O.

Il y a quelques semaines, je parlais de la nécessaire création d'une structure pour fédérer et représenter les intérêts de la Bretagne occidentale face à Rennes et à Nantes.

Pour ce qui est de Brest, c'est en effet ma conviction que le concept de "métropole régionale", s'il est utilisé dans le sens d'une imitation vaine de Rennes au détriment de nos vrais besoins locaux, peut nous mener à d'immenses erreurs stratégiques. Ou, plus concrètement, à nous ruiner dans des équipements dont nous n'avons pas besoin, et passer à côté d'investissements essentiels.

Pour ce qui est de la Bretagne occidentale, je considère comme évident que nous sommes en train de faire le jeu des métropoles de l'Est, en nous tirant constamment dans les pattes entre villes moyennes, jusqu'à décider de chantiers incohérents sous le seul prétexte que comme ça l'autre à côté ne l'aura pas.

Les résultats de ma proposition dépassent mes espérances. Apparemment tout le monde est d'accord et souhaite participer, d'un bord à l'autre de l'échiquier politique.

J'avais décidé pour ne pas surcharger le blog Tramway avec ce nouveau sujet de créer un autre blog ad-hoc sur la plate-forme du Télégramme, mais une surcharge de travail m'empêche de gérer tout cela correctement tout seul.

J'ai donc décidé de créer un nouveau site collaboratif en plus du blog "celibo" du Télégramme. Il s'agit d'un forum auquel vous pourrez participer ici :

http://celibo.infini.fr/forum

Donc, pour résumer :

- Si vous pensez que Rennes et Nantes pompent toutes les ressources en Bretagne

- Si vous pensez que les villes de l'Ouest doivent arrêt de jouer les blaireaux entre elles et au contraire coopérer intelligemment

Alors venez nous rejoindre sur le forum, et vous aurez sans doute d'excellentes propositions à faire.

Et pour commencer, je lance un grand concours : je propose que la nouvelle organisation adopte comme symbole la raie manta, parce que c'est le symbole du nouvel aéroport qui est une belle réussite architecturale, mais aussi parce que ce poisson est océanique, a de la gueule, et se prête à des effets graphiques intéressants. Si vous savez dessiner, envoyez donc vos contributions, et elles seront mises en ligne !

05/01/2008

C.E.L.I.B.O.

Je préparais cet article depuis le mois de septembre, mais je ne pouvais pas me résoudre à le publier, car je sentais qu'une pièce du puzzle manquait. D'habitude dans les choix techniques du tram, il y a des avantages et des inconvénients, que l'on peut apprécier différemment, mais pour le détail du tracé dont je vais parler, je n'y voyais que des inconvénients, et je me doutais que j'avais raté quelque chose.

A-peu-près en même temps que la décision a été prise de construire un nouveau stade de football à l'Est, la construction d'une grande salle de spectacles sportifs a été planifiée à l'Ouest, dans un souci d'équilibre de l'aménagement du territoire. Il s'agira d'une grande salle couverte, principalement prévues pour les matches de l'Etendard, le club de basket local, mais pouvant aussi accueillir judo, gymnastique, danse, tennis, etc.

Le lieu choisi était Kerarbelec. Si vous quittez Brest en direction du Conquet, c'est juste à droite après le rond-point de Baobab :

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Je trouvais ce choix excellent, car :

- il terminait en beauté la ligne de tram vers un équipement collectif majeur

- il se plaçait idéalement pour diriger un flux de visiteurs par la future rocade Nord

- il partageait un grand équipement avec une commune périphérique (Plouzane)

Puis au printemps dernier, l'équipe dirigeante a subitement décidé de déplacer cette grande salle de spectacle sportifs vers le Polygone, juste avant Carrefour. J'avais trouvé ce choix insensé, car :

- cela va détruire un stade utilisé par des scolaires et des clubs

- cela causera des problèmes de stationnement énormes (et je ne crois pas beaucoup à la "mutualisation" des parkings avec Carrefour, trop de problèmes pratiques et juridiques)

- cela rendra plus difficile la circulation des foules

- et puis de manière générale cette décision est très impopulaire chez les riverains

Mais surtout, comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous, un tel déplacement va ridiculiser le tronçon de la ligne de tram de Carrefour jusqu'à Thales :

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En effet, quand on construit un réseau, la partie qui mène vers le dépôt est un peu une partie perdue, dans le sens qu'elle ne sert pas au flux de passagers. L'idéal consiste donc à placer le dépôt quelque part le long d'une voie fréquentée, entre deux zones qui attirent des passagers, pour réduire la proportion de rail et d'énergie consacrée uniquement au dépôt. Cet idéal était réalisé en plaçant le dépôt juste devant Thales, entre le centre-ville et la salle de spectacles sportifs de Kerarbelec.

Maintenant, on pourra difficilement me convaincre que le flux de passagers de Carrefour vers Thales nécessitera un jour le volume d'un tramway. Il y aura donc un tronçon énorme qui, comparé au bus n°1 actuel, ne servira pratiquement qu'à ramener les rames au dépôt. En plus, il bloquera dans la nature les étudiants du Technopôle et les scolaires de Plouzane, les obligeant à attendre au bout de Thales pour changer de véhicule...

C'était donc à mes yeux un désastre inouï. Ma perplexité a grandi quand j'ai lu la délibération :

- une préoccupation pour le coût d'un arrêt supplémentaire vers cet équipement public, qui visiblement n'a pas gêné l'équipe dirigeante lors de l'accord d'une dérivation beaucoup plus longue pour desservir l'entreprise privée Ikea

- un renoncement à accomplir un "geste architectural fort" pour cet équipement de prestige pour l'agglomération, alors que pour la Carène tous les déficits sont autorisés

Non seulement j'étais scandalisé, mais une telle détérioration du projet de tramway m'apparaissait incompréhensible. Puis mon contact au Parti socialiste m'a expliqué la motivation. Gérard Cabon, adjoint aux sports, aurait en fait avoué, lors de la réunion "de bilan" qui a eu lieu à la mairie annexe des 4 Moulins, qu'il avait choisi le Polygone parce que le terrain était plus immédiatement accessible qu'à Kerarbelec, et qu'il avait choisi ce terrain dans la précipitation parce qu'il avait appris que Lorient s'apprêtait à réaliser un équipement similaire.

Tout cela serait à analyser plus en détails, mais l'article est déjà long, et je demande donc au lecteur de réfléchir calmement : Est-il sage de procéder à une telle détérioration de l'urbanisme brestois, par rivalité avec une ville qui n'est pas si proche ? Prenez le temps, réfléchissez.

Pour ma part, je propose que l'on prenne ses distances vis-à-vis de cette rivalité entre villes de l'Ouest breton, qui nous entraîne vers le déclin, chacun le nez dans le guidon. Je propose qu'à l'occasion de cette campagne pour les municipales, on lance un grand débat pour reconnaître publiquement le tort que nous procurent Rennes et Nantes, et notre intérêt divergent de villes moyennes de l'Ouest breton. Je propose pour le long terme la création d'un C.E.L.I.B.O., c'est-à-dire d'un C.E.L.I.B. pour la Bretagne occidentale. Il est temps de développer un régionalisme qui serve nos intérêts à nous.

Pour commencer, je lance une proposition, à creuser : Pourquoi ne pas partager des équipements sportifs avec Quimper, à mi-chemin à Chateaulin ? Je ne propose pas de partager des équipements d'usage quotidien, qui eux doivent être gérés selon les quartiers. Mais pour les évènements exceptionnels, les championnats, les coupes, les spectacles, je pense qu'on aurait à plusieurs non seulement les moyens de construire beaucoup mieux que la salle du Polygone à Brest, mais un véritable petit village olympique, avec notamment des capacités d'hébergement intéressantes pour les sportifs en déplacement. On peut envisager beaucoup de choses à partir d'un tel équipement, par exemple dans le domaine scolaire et universitaire. Et un tel aménagement du territoire, assurant déjà l'avenir de Chateaulin, profiterait en même temps à toutes les communes du Finistère.

Sur ce, je laisse la parole à Gérard Cabon, adjoint aux sport, le nez dans le guidon :