18/11/2009
Retour au dessus d'un nid de coucous
Bonjour à tous. Je reprends ce blog pour quelques articles.
J'avais disparu du circuit à cause d'un travail incessant qui me faisait écrire plusieurs milliers de mots par jour, et c'était vraiment trop difficile de revenir le soir devant l'ordinateur. En plus j'ai été malade assez longtemps (toux, allergies diverses et variées...), avec irrégularité du sommeil.
Il y avait aussi je l'avoue une fatigue morale. Je me demandais s'il fallait rester en France, si le tramway brestois n'était pas que l'un des symboles de la décomposition avancée d'un pays. La désignation de Frédéric Mitterrand comme ministre, le succès de Daniel Cohn-Bendit comme patron de l'écologie... tout cela ne sentait pas bien bon.
Et puis Brest... eh bien la ville est devenue tellement laide et désagréable que cela n'avait même plus de sens d'en parler. Quand on travaille, quand on est en contact avec ce qui se fait à l'extérieur, Brest n'a plus aucune valeur. Non seulement on est dans un cul de sac du monde à la pointe de Bretagne, non seulement on est dans une ville qui s'enlaidit et se surendette volontairement, mais en plus on paie Gaelle Abily comme adjointe à la culture. C'est vous dire si Brest donne la nausée.
Rien que cette semaine j'ai regardé des documentaires de National Geographic intitulés Megacities, sur les transports dans les mégalopoles du monde, et j'ai regardé une série de la BBC (The Trap, What Happened to Our Dream of Freedom) sur l'influence de la théorie des jeux sur les privatisations à partir des années 80. Et localement j'avais... les oeuvres complètes de Gaelle Abily... Ah et aussi les riches heures de Saint Martin, forcément, et l'effervescence intellectuelle qui y émerge la nuit, avec les meilleurs esprits de l'époque...
Entre un tag brestois et les subtilités d'un kanji, Brest est la ville où l'on ferme ses volets pour regarder ce qui fait ailleurs. Ran, Ran, Ran, Ran No Hitotachi, Ran No Toshi. Voilà le kanji pour Brest.
J'ai donc traversé une certaine crise morale. Après avoir passé plusieurs années à étudier un phénomène urbanistique qu'au départ je ne connaissais pas, j'ai découvert au delà de la simple technique la lâcheté et l'imbécilité du milieu politique brestois. Et d'ailleurs si j'avais été un peu plus fin, j'aurais du m'en douter dès le départ : comment considérer avec respect des "décideurs" qui décident d'implanter au milieu de la rue de Siam des pierres tombales, et qui décident de les conserver malgré les chantiers?
Et puis... j'ai découvert une chose : après le désespoir il y a le rire. Eh bien oui, ce n'est pas la peine de s'en faire pour Brest. En fait tout cela n'est pas sérieux. Le projet de tramway n'est pas sérieux. Le maire n'est pas sérieux, le fait qu'il soit prof à l'université est une bouffonnerie. L'opposition n'est pas sérieuse, le fait que les militants tolèrent Laurent Prunier est une grosse farce. La gauche de la gauche n'est pas sérieuse, c'est une mascarade. L'Etat n'est pas sérieux, même la Cour des comptes ne s'inquiète pas de Brest, mais tout le monde tient bien la rampe et porte cravate fort posément. Ce sont les clowns blancs.
Au fond, tout cela est rigolo. Il y a des diplômes, des services spécialisés, des budgets, des procédures, des messieurs-dames fort sérieux... et tout cela finit en un tramway pour Brest, qui n'en a pas besoin et ne peut pas le payer. L'élite française, un tramway à Brest, un touriste sexuel à la culture, un porte-avions sans hélice, une première dame qui a connu beaucoup d'amis... et parce qu'on n'a peur de rien, le retour de Paul Bloas sur les murs de la cité du Ponant.
Au fond, que faire d'autre que de s'esclaffer bruyamment. Une fois que l'on a compris qu'on n'est plus dans un véritable pays, il y a moyen de s'en amuser.
C'est pourquoi vous aurez le droit dans les jours qui viennent à quelques articles de plus, je l'espère dans une certaine bonne humeur. J'avais commencé ce blog en cherchant une réponse à cette question du tramway qui m'intriguait tant, la réponse je l'ai trouvée : c'est d'éclater de rire.
18:00 Publié dans Vie du blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tramway, brest, crise, bmo, rire, gaelle abily, cuillandre







